Looking : la nouvelle série HBO

28/01/14 par  |  publié dans : Médias | Tags : ,

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Dimanche 19 janvier, HBO lançait sa nouvelle série Looking, ou les déboires amoureux de trois garçons homosexuels à San-Francisco. Une série très attendue puisqu’il n’y en avait pas eu autour de personnages gays aux États-Unis depuis Queer as Folk. Sur le papier, c’est alléchant, mais le public vorace des séries américaines câblées – dont on fait partie – est devenu exigeant. Deux épisodes pour convaincre.

Looking for now : un pilote déstabilisant

LookingHBOLooking suit les aventures de Patrick, Agustin et Dom. Le premier, geek au visage de poupin, recherche l’action, le second, artiste à barbe s’installe avec son compagnon et le troisième, serveur à moustache, s’inquiète de son sex appeal vieillissant.

Il faut un léger temps pour comprendre que la série se déroule à notre époque. Les looks et la pilosité de ses héros penchent du côté d’un San Francisco intemporel, tandis que l’omniprésence des hommes ouvertement homosexuels (boulot, métro, resto), et l’évocation de facebook, instagram et autres sites de rencontres, nous mettent la puce à l’oreille. Par le biais de la ville de la baie, on craint – sans pouvoir trancher – que Looking ne se concentre sur une communauté dans une communauté, celles des hipsters chez les gays. De fait, le lieu s’impose assez vite comme l’un des personnages, et les plans de coupe soignés de SF n’ont rien de ceux dont Charmed (ou Monk, selon) nous avait habitués.

looking1Quid des idées reçues ? Tout en en évitant un paquet, le premier épisode de la production HBO en brasse certaines : sur la consommation sexuelle, le cul derrière les buissons, Dolly Parton et les plans à trois. Quelques clichés qui nous renvoient cependant bien vite à notre propre alerte – puisqu’on les attendait au tournant, le militantisme au taquet. Rappelons-nous “It’s not porn, it’s HBO”, si bien que la première scène n’a en réalité rien d’innocent : Patrick en plan serré à l’image, pénètre les feuillages du parc pour une branlette sauvage. La camera sur son expression gênée durant l’acte (hors-champ) témoigne déjà d’une réalisation habile, d’un pied de nez (presque), d’une note d’intention (éventuellement). On ne souhaite pas aller dans cette voix – pas tout de suite, la série non plus. Idem pour la caricature, quand les failles des personnages s’avèrent aussi flagrantes que leurs traits les plus grossiers. C’est donc une impression d’intelligence qui se dégage de Looking for now, de ses dialogues simples et fluides, de ses comédiens à la palette nuancée. Ce, malgré un pilote peu chaleureux – et presque trop installé – qui nous laisse davantage perplexes que mitigés.

Andrew Haigh : un gage de qualité

lookingaff“Qu’attendre du deuxième épisode ?” Au moment où se pose la question (à la 28ème minute), apparait Andrew Haigh au générique (réalisation / production exécutive). Ce nom, c’est celui du réalisateur de Week-end film britannique sorti en mars 2012 – un de nos coups de cœur. Il y avait dans sa romance pleine de justesse entre deux garçons, le thème plus universel d’une génération d’excès, en introspection permanente et à la recherche d’intimité. Dès lors, Looking se gorge des promesses qu’on lui supposait.

On se rappelle la qualité des plans, celle des acteurs, ce pilote pas dégueu à regarder, et le relief qu’on soupçonnait à la série – sans vouloir y croire – semble soudain avéré. Le second épisode Looking for Uncut confirme – mais aussi amplifie – notre ressenti : on devine la richesse des relations entre les trois héros, et les développements à venir. On saisit dans la façon qu’à l’adulescent de toujours trop essayer (l’alcool aidant), dans celle de l’artiste à vouloir se sédentariser (à Oakland) et celle du grand moustachu à se consoler (avec Grindr), les petits riens qui ont construit ces hommes et leurs équilibres menacés. Puis il y a les alchimies (entre Agustin et Franck, entre Dom et son ex/sa colocataire) qui laissent supposer de bonnes énergies à venir, et – dieu merci – plus de légèreté. Sans être définitivement conquis, on se prend à avoir de l’entrain pour le récit, à s’attacher à ces trois garçons et leurs univers, avides de suivre leurs parcours, déjà engagés. Et au moment où on décide de rajouter Looking à notre liste 2014, la BO – dont il nous faudra parler – nous aiguille vers une autre surprise au générique : Andrew Haigh au scénario. Ok, on signe, ça va être beau !


Oui, tu as bien vu, il y a Scott Bakula au casting !

Looking, créée par Michael Lannan avec Jonathan Groff, Frankie Alvarez, Murray Bartlett. Photos ©HBO.

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