Mirror’s Edge

16/04/09 par  |  publié dans : Jeux Vidéo, Médias

Un jeu plein d’oestrogènes pour joueurs testostéronés.
La Wii caracole en tête des ventes et n’entend pas baisser ses prix de sitôt. La Xbox 360 se défend plutôt bien, et la PS3 suit derrière sans décoller autant que sa grande sœur, mademoiselle 2. Pas un mois ne passe sans sa grosse prod commerciale (Resident Evil 5), son hit cosmique attendu (Street Fighter IV), sa bonne surprise (Mad World) ou sa bouse (tout plein). Le microcosme vidéoludique bruisse de débats (le racisme latent dans RE5) et de capillotractage spécialisé. Et Wii Fit regarde passer le train.

Sorti en novembre dernier, Mirror’s Edge a reçu un accueil mitigé de la part de la presse autorisée, et s’est pris une tôle sur les rayonnages, en pleine période de Noël. Pas assez pointu pour les puristes, trop expérimental pour les autres, trop court, trop facile, pas assez cela. Le train est parti, Mirror’s Edge est resté sur le quai, rapidement soldé à moitié prix. On le trouve désormais neuf pour pas tout à fait 30 euros dans tous les points de vente.

Il est temps de réparer cette petite injustice : Mirror’s Edge est l’une des propositions de jeu les plus enthousiasmantes de notre vie de gamer, fraîche, originale, osée et magnifique à expérimenter. On chante ses louanges, on y rejouera encore, on kiffe Mirror’s Edge.

Dans un futur plus ou moins proche, dans une ville mise en coupe réglée par de puissants intérêts politico-financiers, la liberté est incarnée par les Messagers, des coursiers funambules qui se jouent des autorités en sautant comme des chats de toits en toits, d’immeubles en immeubles. Un faux pas et c’est la chute dans le vide, sous l’œil des policiers qui tirent à vue. Le joueur incarne Faith, une Messagère qui va devoir démêler le fin mot d’un complot qui implique sa sœur…

Niveau scénario, peu de surprises, pas de quoi bousculer Shakespeare dans sa tombe. La trame remplit son office – faire avancer la mécanique du jeu, tout simplement – avec efficacité, même si on déplorera le graphisme et l’animation douteuse des saynètes animées qui remplissent les blancs entre deux tableaux.

On l’aura compris, Mirror’s Edge marche sur les pas des yamakazis et autres adeptes du parkour, ce sport urbain semi clandestin qui consiste à escalader tout ce qui passe à portée de main en prenant la ville comme terrain de jeu. Tout l’exploit est non seulement d’avoir rendu l’expérience en vue subjective – dans un genre, le jeu de plateformes, traditionnellement traité à la troisième personne – mais d’avoir fait en sorte que la chose paraisse la plus réaliste possible, vertigineuse et grisante plus que gerbante. Descendre le long d’une gouttière, se réceptionner avec une roulade, courir le long d’un mur pour sauter au-dessus d’une barrière, sauter dans le vide pour se réceptionner comme un chat sur un toit et glisser jusqu’au bout pour bondir sur un autre… et recommencer. Rarement la physique n’avait était si bien exploitée. Tantôt bercé par le souffle de Faith, tantôt accompagné par une bande son joliment trip-hop, on s’y croit.

Le gameplay, redoutable d’efficacité, ne fait appel qu’à quelques commandes pour tout faire. Les sauts se règlent au millimètre près et toute erreur peut s’avérer fatale. On parle de progression par l’échec, après de nombreux essais et frustrations. Une réminiscence de la difficulté bête et méchante des jeux à l’ancienne qui en énervera plus d’un… mais n’empêchera pas la plupart des gamers sérieux de terminer le jeu très (trop) rapidement. Autant vous conseiller de désactiver de suite l’option reconnaissance de parcours et peut-être de passer directement en mode difficile.

S’il peut arriver que Faith ait à cogner – amenant le jeu sur le terrain du shoot-em-up – le joueur est la plupart du temps encouragé à éviter les ennemis par des chemins détournés, et à gagner la sortie le plus vite possible – la moitié du temps un hélicoptère et des tireurs d’élite lui courent aux trousses. Un bonus spécial est d’ailleurs débloquable si on termine le jeu sans tirer un seul coup de feu. Il faut dire que les phases de gunfights ne sont pas des plus techniques, deux trois actions suffisent à vaincre la plupart des adversaires. Encore faut-il les effectuer au bon moment, c’est-à-dire au quart de seconde près.

Mirror’s Edge n’est pas sans défauts donc, le plus évident étant son manque de rythme, décevant, là où tout le jeu aurait pu être grisant. Mais, à 30 euros, il atteint à nos yeux un très juste équilibre entre jeu expérimental et grosse production (qui devrait en dépit de son échec donner lieu à une suite), entre plateformes et jeu d’arcade. Et à force de passer des heures dans la peau d’une jeune femme qui souffle et gémit, impossible au bout d’un moment de ne pas se sentir troublé et ne pas y voir une jolie transposition érotique pour les joueurs mâles !

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1 commentaire

    Toraon  | 18/04/09 à 01:50

  • Bel hommage pour ce jeu effectivement très frais et unique, une expérience obligée pour tout gamer(euse) qui se respecte!
    Petit conseil si je peut me permettre, achetez anglais! Et le prix ne sera plus un frein, ni une excuse pour ne pas se faire plaisir ;)

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