Oh Kill le lait !

08/11/11 par  |  publié dans : Médias | Tags :

                                                                                                                                                       (Photo : Slinkachu)

A pub hallucinée, récit halluciné. Ariel rend aux publicitaires shootés au LSD la monnaie de leur pièce.

OH KILL LE LAIT ! Des laitages ou la mort !

Ingrid organise une surboum, je ne sais pas encore ce que je vais bien pouvoir amener. Mon Vieux Pané classique a fait une sensation du tonnerre à la dernière surprise party, mais cet enfoiré de Louis a bien failli me voler la vedette en sortant son atout maître de sa manche : un pack de lait bio ! Je compte bien briller par mon bon goût cette nuit, et que le Leerdammer, le gouda, le Chamois d’or coulent à flots ! Et pour finir cette fiesta pasteurisée, une petite donzelle à soulever dans une belle motte de beurre ferra l’affaire, comme dans Le Dernier Tango à Paris. Je m’en pourlèche mes babines en sifflant une gorgée d’un bon lait de vache élevée en batterie  – donc pas du bio frelaté, car je ne bois pas de ce lait là, moi.

19h. Il y a une queue de tout les diables dans la Méga-fromagerie de mon quartier. Je ne vais pas me faire prier, pas de temps à perdre :  je me rend derechef au distributeur automatique de laitages le plus proche.  A mon étonnement général il n’y a qu’une personne qui, le dos tourné, choisit son ou ses produits. Je prie Saint Albray, et non sans excitation, pour que l’engin automatique renferme encore dans son ventre quelque met de choix. Il émane dans la ville une odeur forte de cheddar qui emplit ce soir l’atmosphère des ruelles encore éclairées, je salive machinalement en pensant aux Yop, aux  faisselles et autres fromages blancs que nous nous partagerons tout à l’heure. Soudain, je repense à Louis, Louis pourrait arriver avant moi, je me rembrunis et hâte mon pas.

Le type qui me précède devant le bidule de libre-service se met à vociférer des insultes parmi lesquelles je distingue  “Cœur de Lion” et “petits Suisses”. Je bondis, indigné devant autant de violence verbale : “Monsieur je vous prie de cesser de blasphémer ainsi sinon je m’en vais de ce pas vous apprendre le respect !“. L’homme se retourne, et, les yeux révulsés de colère : “De quoi je me mêle ! la machine vient de me refuser mes points bonus pour l’achat d’un filet de Babybel, alors je ne vois pas pourquoi je devrais garder mon calme, non d’une tartiflette !”

 

Je dégage le bonhomme : pas une seconde à paumer à entendre ce baratin. Le temps presse à ma montre Kiri, il est déjà 19h30 et je dois être chez Ingrid absolument avant ce binoclard de Louis qui arrive comme à son habitude à vingt heures pétantes. Je m’apprête à appuyer sur un bouton de la bestiole métallique pour entrer les codes de mon compte personnel, quand soudain :  Bim ! Je me retourne le crâne en miette de Parmesan, j’ai bobo, le gus est toujours à mes basques, il a une baratte à beure à la main, le bougre de con de Savoie  ! Il ne sait pas ce qu’il fait : je suis plus grand, et vu ce que j’ingurgite comme calcium mes os sont plus solides que les siens, l’affaire sera vite réglée.  Je me jette de tout mon poids sur le type, le saisis d’une main par le col et de l’autre, en poussant sur sa caboche, j’éclate la glace de sécurité de la borne. Je vais me remplir les poches à l’œil, je vais en jeter avec mes trésors gratis à la boum !

Gloire au lait ! qu’est-ce qu’une vie face aux produits laitiers nos amis pour la viiiiie ! Une sensation de pureté me remplit de joie en renversant le corps de mon ouvre boîte, qui s’affaisse sur le sol rougi par son hémoglobine, et c’est tout tremblant d’émotion que je saisis, au travers du verre brisé et des morceaux de cervelles fraîches ,un paquet flambant neuf de Fol Epi. Ah ah, Louis, ce soir c’est moi qui l’emporte, nom d’une vache normande !

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