Pourquoi je reste sur Facebook…

16/12/09 par  |  publié dans : Internet, Médias | Tags :

…après moults débats avec moi-même.
Cher Verlad,

J’ai mis un petit moment avant de m’inscrire sur Facebook. J’y suis d’abord venu sous pseudonyme, puis j’ai refusé de publier ma photo pendant longtemps. Peur de la nouveauté ? Peur du fichage ? Aversion pour le futile ? Oui. Et puis j’ai appris à me détendre, et faire avec Facebook jusqu’à m’en servir (presque) à 100% intelligemment.

Tu te dis perplexe devant tout le fatras d’informations et de trucs à régler. C’est un passage obligé pour avoir une certaine tranquilité d’esprit. Le B.A-BA : sélectionner les personnes qui seront autorisées à voir telles ou telles infos et choisir ce que toi-même souhaites dévoiler. On a jamais dit que ça devait tomber tout cuit dans la poche. De même, une fois l’émerveillement et l’amusement passé, on apprend à y aller mollo sur les pokes et autres applications gadgets. J’ai des amis dont le profil, à leurs débuts, avaient l’air de vrais sapins de Noël. D’autres qui n’arrêtaient pas de publier leurs résultats sur des applications uberfutiles et superdébiles. Ils ont fini par se calmer.

Je te rappelle gentiment que pour toute conversation privée, Facebook a sa propre boîte mail. Un statut d’un ami un peu morose ? Ben, on peut le commenter ou lui demander ce qui ne va pas par la boîte à messages. Récemment, un petit coup de blues fuité sur Facebook, le soir même je recevais un coup de téléphone d’une amie importante que je vois plus souvent, et on a parlé une heure.

Sur Facebook, je ne fais pas la sélection entre les « vrais » amis de la « vraie » vie et les “connaissances”. Mais entre ceux qui ont des choses intéréssantes ou amusantes à dire, ceux dont le babillage ne me dérange pas, et les autres. Je n’ai pas grand chose à partager avec ce vieux pote du collège retrouvé sur FB, mais j’aime bien voir les photos qu’il publie en amateur passionné. Je me fiche de la vie de cette amie de lycée, alors j’ai masqué son flux “d’informations”. Ca fait un moment que je n’ai pas pris un verre avec un tel, mais j’aime suivre ce qu’il partage avec nous. De temps en temps, je fais le tri et je masque ou supprime des contacts. Et oui, on peut faire ça aussi, de la même manière qu’on peut refuser une demande d’ami.

Bien sûr, le fait que tout le monde puisse voir ce que je dis / fais influe un peu sur ma manière de filtrer mes infos. C’est le principe même du réseau. Et comme dans la “vraie” vie, on peut pas être ami avec tout le monde. Perso je masque mes activités honteuses en désactivant les notifications publiques (je tiens une ferme sur une application…), j’évite de raconter ma vie brute (sauf quelques trucs ego-importants du style “je vais être tonton” ou “je viens de terminer le dernier opus de mon écrivain préféré”). Et de toute manière je refuse l’idée qu’on doive révolutionner le monde des idées à chaque fois qu’on ouvre la bouche. Ce serait d’une suffisance effrayante. Mais globalement, mes posts visent l’informatif ou le débat. Des fois, pas de réponse, d’autres fois, un simple j’aime, ou une visibilité sur les profils de mes contacts. Ça me suffit. Et c’est peut-être mieux qu’un billet de blog en jachère où la plupart des lecteurs ne réagit pas.

Justement. Pour les guerilleros de l’information comme toi et moi, Facebook ne se substitue pas à un blog ou un site mais le soutient. Je mets sur FB des trucs que j’ai pas envie de développer, et des liens vers mon blog ou vers Envrak. Ces notifications peuvent être reprises sur le profil de mes contacts qui peuvent m’apporter des lecteurs en plus. Mais là où je souhaite en venir – et ce qui, une fois tout bien pesé, est réellement passionnant, c’est que Facebook lui-même est devenu un médium. Nous sommes nombreux à échanger nos points de vue sur l’actualité, des liens vers des articles de presse, des vidéos. Parfois, il ne s’agit que de publier des vidéos spectaculaires, parfois des statuts Facebook se voient augmentés d’une trentaine de commentaires enflammés sur un sujet de société. J’aime beaucoup observer comment les infos – comme les applications à la mode comme Paf le chien – rebondissent de profil en profil et participent à définir un certain collectif, entre l’important et le futile. Oui oui, Facebook relie les hommes. C’est ce que je préfère en retenir, malgré ses (nombreux) défauts. De toute manière, j’essaie de ne pas lui accorder plus d’importance qu’il n’en faut.
Illustrations by http://facebookfails.com/

Lire la lettre de Verlad : pourquoi j’ai quitté Facebook
Et l’arbitrage d’Engy : pourquoi Facebook reste quitte

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