Rasta Captain Kamikaze Brackmard

16/03/10 par  |  publié dans : Internet, Médias | Tags :

L’un cite Tarantino, Russ Meyer et Frédéric Chopin, l’autre puise son inspiration chez Indiana Jones et le club Dorothée. Leur point commun : ils cartonnent sur Dailymotion.
On les a aimés, ces deux-là : leur ambiance fun décomplexée, leurs univers barrés où il est souvent question de jolies nanas et de libido débordante, leur parti-pris purement comique – trash chez l’un, potache chez l’autre. A eux deux, ils totalisent (sur le seul site de Dailymotion) près de 200 000 cyber-spectateurs séduits ou scandalisés – c’est selon. Il nous reste à dévoiler leurs titres : Rasta Kamikaze bang bang bang et Les aventures de Captain Brackmard et la bite de cristal. Ça donne envie ? C’est normal.

Rasta Kamikaze bang bang

Si le nom de Quarxx vous dit quelque chose, c’est que vous êtes un lecteur assidu. Engy était partie à la rencontre de ce réalisateur au moment où Rasta Kamikaze… faisait son apparition sur le net (puis sur Dailymotion).
Depuis, le film (25 minutes au compteur) fait son chemin… jusqu’à Tokyo, où il sera projeté le 28 avril dans le cadre du festival Where’s Paris, who’s Tokyo*. Les Japonais, séduits par l’univers visuel de Quarxx, n’ont sans doute pas été insensibles, du reste, à ses savoureux personnages : deux réalisateurs (un barbu lubrique et un nippon mi-coiffé, mi-pas) qui, lâchés en plein tournage par leur producteur, Bob (un nain caché dans un costume de souris), décident de se venger. Leur plan : recruter un gang de jolies meufs à poil munies d’énormes flingues, afin qu’elles tuent Bob et le mangent. Le tout devant une caméra, histoire de shooter le film du siècle.

Truffé de références pop avec des clins d’œil particulièrement appuyés à Tarantino (époque Reservoir dogs), Rasta Kamikaze… se paie le luxe de ne ressembler à rien, sinon à un objet filmique qu’il serait de bon goût de ne pas manquer. Car entre deux scènes où l’onirisme le dispute au trash absolu, les dialogues se savourent à leur juste valeur. A ce titre, le casting des tueuses cannibales vaut son pesant de cacahuètes psychotropes :

– couleurs des yeux ?
– bleus… gris
– Justement c’est un peu indéterminé, là…
– Parfois ils virent au vert
– Bon. Ben faudra le dire au chef op

Dé-ca-lé, on vous dit.

Les aventures de captain Brackmard et la bite de cristal

Captain Brackmard, superhéros un peu branleur -stricto sensu – dont le costume ressemble à s’y méprendre à un préservatif géant, part en quête d’une relique légendaire également recherchée par une poignée de lesbiennes. Objet de cette multi-convoitise : la bite de cristal. A vrai dire, le captain se passerait bien de ce gadget – il peut se taper tout ce qui bouge, y compris la première dame de France. C’est ça, son super talent. Mais un mystérieux commanditaire lui ordonne de retrouver illico la bite de cristal, s’assurant que le travail sera bien fait en retenant en otage le manager du captain.

C’est n’importe quoi, mais c’est drôle, parce que c’est totalement assumé. Dés lors, impossible de bouder son plaisir malgré quelques scories inébitables – il faut dire qu’avec un sujet pareil, le réalisateur Pascal Jaubert a peiné à trouver des financements. “Peiner” : un euphémisme. “On nous a dit qu’on était trop segmentant” explique Pascal Jaubert, “en France, on n’aime pas trop ça, on préfère pouvoir mettre les films dans des cases. A vrai dire, on a volontairement exclu de notre délire une catégorie du public”
Pour autant, le film n’a pas tardé à attirer les foules sur Dailymotion. Un succès auquel son auteur ne s’attendait pas : “au moment où on a mis le film en ligne, je me suis que si on atteignait 10 000 visionnages, je serais ravi. Aujourd’hui on en est à 130 000 !”
A l’instar du film ovni de Quarxx, celui-ci verse avec délectation dans le lubrique, tendance potache. Mais gagne sur la longueur : 1h06 pour le captain Brackmard. Une gageure, donc, sur un récit aussi mince. Là encore, les dialogues font le show, et les acteurs s’amusent autant que nous. Il n’en faut pas plus pour s’installer confortablement dans l’univers délibérément… crétin, de captain Brackmard. “La bite de cristal, c’est le truc le plus débile qui me soit venu en tête” avoue Pascal Jaubert, “et puis le crâne, c’était déjà pris”.

On comprend facilement ce qui a pu susciter le buzz sur la toile, avec un titre pareil. Mais ce serait oublier un peu vite que le captain n’a pas attendu les faveurs du format cinéma pour s’attirer celles du public. En 2007, le superhéros avait déjà rencontré le succès avec son mp3, Arrête de t’la péter sur myspace. “Ce titre a cartonné quand il est sorti. Le clip est même passé sur MTV. On a tenu à le donner aux gens, en leur permettant de le télécharger gratuitement, et ne pas les arnaquer en leur faisant payer un CD à 20 euros”. Avec son passage sur l’écran, le captain Brackmard assoit vigoureusement son engagement en faveur d’un accès gratuit à la cul-ture : le film est téléchargeable (plusieurs formats disponibles) sur son site officiel.
Se divertir pour zéro euro, de nos jours, c’est du luxe. Merci captain.
* Dans le cadre de ce même festival, Rasta Kamikaze… sera également projeté le 19 mars prochain à Paris dans le 10ème arrondissement. Plus d’info : http://www.e-dune.fr/blog/index.php/General

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2 commentaires

    Adeline  | 17/03/10 à 13 h 39 min

  • Rasta Kamikaze est une tuerie totale. J’ai du changer de culotte telement j’ai rigolé!

  • Hugolin  | 25/03/10 à 18 h 18 min

  • Et moi de pantalon car elle était assise sur mes genoux !

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