RED DEAD REDEMPTION 2

05/11/18 par  |  publié dans : A la une, Jeux Vidéo, Médias | Tags : , , , , , ,

Fuir les effets de mode et la convention. Fidèle à sa réputation, Rockstar se montre radical, fait des choix forts et s’y tient jusqu’au bout, quitte à bousculer les habitudes des joueurs. Une démarche rare, mais précieuse car purement artistique que l’on retrouve dans « Red Dead Rédemption 2 », blockbuster aux huit ans de développement et aux quelques 3000 collaborateurs. L’attente était palpable, le succès couru d’avance vu le buzz mais encore fallait-il que la qualité soit au rendez-vous. C’est le cas. Et même plus… puisqu’on se retrouve devant le meilleur jeu de la décennie, pour ne pas dire de tous les temps. Tout simplement.

Inutile dans « RDR2 » de chercher l’option du doublage en français. L’action se déroule dans le Far West en 1899. Tout le monde parle donc ricain et il faut saluer la qualité de cette VOST. Elle participe à l’immersion. Les voix sont usées par une vie dure menée en marge d’une société en mutation… Notre anti-héros, Arthur Morgan est de la vieille école. Il n’est ni un bleu, ni un leader. Juste le bras droit de Dutch, chef de bande que vous avez probablement abattu dans le premier « Red Dead ». La barbe naissante, le pas lourd, la gâchette facile, Arthur arpente un vaste open world aux décors changeants. Peu à peu il va devoir questionner la moralité de son mode de vie et la fidélité à avoir envers son père de substitution. L’exemple type des relations complexes que notre anti-héros entretient avec les membres de sa communauté. Un modèle d’écriture.

Un vol qui tourne mal et voilà le groupe qui fuit Blackwater dans des conditions dantesques, dans un blizzard digne des « Huit salopards », référence parmi d’autres citées pendant une aventure immense étalée sur plus d’une centaine de missions. Techniquement le jeu est une vraie claque, respire l’authenticité, renvoie aux westerns de John Ford, soigne ses contrastes et sa météo dynamique, qui évolue sans cesse. Les montagnes, forêts, étendues d’eaux, plaines, villes et villages sont travaillés dans le moindre détail. Loin de s’arrêter en si bon chemin, Rockstar a donné une véritable identité à tous les PNJ. Chacun mène sa propre vie, vient à la rencontre d’Arthur pour le féliciter d’une précédente mission ou au contraire lui reprocher une décision qu’il a prise. Conséquence, on a réellement l’impression de n’être qu’un grain de poussière dans un monde immense. On éprouve même des remords lorsqu’on fait les poches à un fermier. Un sentiment encore inédit dans le jeu vidéo.

En plus de soigner la flore et la faune, avec des centaines d’animaux à étudier, le blockbuster tire sa force de sa structure. On évolue librement, fait des rencontres au gré du hasard, part à la chasse en créant des appâts. On doit aussi se nourrir, penser à dormir, nettoyer ses flingues brosser son cheval, le féliciter… Tout ceci a une incidence sur ses noyaux de santé et d’énergie ou la jauge de sang-froid, qui permet de ralentir momentanément le temps lors des gun-fights. Toujours dans cette logique, les déplacements à pieds et sur sa monture sont privilégiés aux voyages rapides et toutes les actions sont décomposées. « RDR2 » prend le temps de vous plonger dans son atmosphère. Le lancement d’une mission change la donne : on se retrouve alors dans un niveau classique, avec un objectif à atteindre sans pouvoir sortir du chemin balisé. Une initiative payante tant le rythme de ces scènes est quasi-parfait et met en lumière l’écriture et la mise en scène aux petits oignons.

Attaques de trains, de diligences, pêches, beuverie, poker, domino, jeu du couteau, recherche d’os de dinosaures, de trésors, chasse au sérial killer, fusillades dans les canyons, sauvetage d’un allié, course poursuite… Les situations sont extrêmement variées. Connaître le moindre recoin de la map tout en remplissant tous les défis demande des centaines d’heures, que l’on ne voit pas passer. D’où une véritable simulation de Cow-boy, dense et profonde… qui sera prochainement enrichie d’une partie online. Et si cette dernière se révèle aussi réussie que celle de « GTA V », autant dire que vous y jouerez encore dans cinq ans. (Jeu testé sur PS4 Pro)

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