Séries en série : Alcatraz

22/02/12 par  |  publié dans : Médias, TV | Tags :

– Tiens, v’la le script du prochain épisode.

– Mais, chef, c’est le même que celui de la semaine dernière.

– Précisément, oui…

En mars 1963, 300 détenus et 40 gardes d’Alcatraz disparaissent sans laisser de traces. Le gouvernement américain racontera que la prison a fermé pour insalubrité, et que les détenus ont été transférés ailleurs. Cinquante ans plus tard, les détenus commencent à ressurgir. Ils n’ont aucun souvenir d’où ils viennent, ils continuent à faire le mal… et ils n’ont pas vieilli d’un iota. Une agence gouvernementale secrète est chargée de les traquer…

Le pitch nous paraissait moyennement excitant. Après 3 épisodes – il a fallu se forcer après le pilote –  Alcatraz confirme sa parfaite inutilité. Dans un paysage sériel à la fois hyper concurrentiel et bouché, elle fait figure de Lost du pauvre, et de sacré retour en arrière. Au feuilletonesque au long cours des meilleurs séries actuelles, les créateurs ont privilégié le procedural à la papa : des intrigues unitaires, bouclées en un épisode selon une formule récurrente. Plus facile à suivre pour le téléspectateur, qui peut prendre la série à quasi n’importe quel moment, tandis que les scénaristes ont moins de risques de se perdre dans la narration. Ça peut durer 1, 5 ou 20 saisons, invariablement, indéfiniment. Les meilleurs procedurals cherchent cependant à tromper le sentiment d’éternel retour (et d’ennui) par un petit quelque chose en plus : une intrigue sentimentale (Castle), des parti pris formels (Les Experts), une ambiance (New York Unité Spéciale), Peter Falk (Columbo)…

Alcatraz est, elle, globalement un cran en dessous des standards de réalisation actuels, malgré une production de la boîte de J.J Abrams pour la Fox. L’un des grands démiurges de Lost officie ici de loin, même si on retrouve quelque peu sa marque : une île, des flashbacks, des voyages dans le temps…

Des personnages au passé très très très trouble

A chaque épisode donc, un évadé spatio-temporel différent viendra semer sa zone auprès de notre couple d’enquêteurs très spéciaux : une blondinette particulièrement fadasse et un Jorge Garcia dont on s’attend à chaque scène à ce qu’il place un « Dude, elle est passée où mon île ? » (impression renforcée par l’omniprésence de la musique signée Michael Giacchino, qui calque purement et simplement ses partitions de Lost). Généralement, les méchants ont un super complexe qui les a rendus très méchants : rejetés par leur famille, incapables d’avoir pu sauver un être aimé… c’est le POINT TRAUMA censé définir leur caractère et justifier qu’on s’intéresse à eux, expliqué grosso modo à la 21ème minute de chaque épisode. De même, la fliquette a vu son co-équipier mourir sous ses yeux (POINT TRAUMA), et Hugo – pardon, Dr Diego – a probablement été enlevé étant enfant (POINT TRAUMA). Entre la blonde et le geek ultra diplômé, ça fait de suite des non-étincelles. Elle est trop insipide pour porter une série sur ses épaules, lui est essentiellement là pour meubler quelques trous de scénario, sur la biographie des méchants en question (il a écrit des livres sur l’histoire d’Alcatraz). Seul Sam Neil, dans le rôle du “mentor qui en dit tellement pas assez qu’on se demande s’il n’est pas un peu méchant” (POINT TRAUMA), relève un peu la sauce en flirtant dangereusement avec le cabotinage.

Les enquêtes policières sont ainsi menées sans grand génie ni conviction. Et puisque chaque intrigue doit être bouclée en 43 minutes, tout en envoyant de nombreux signaux de fumée sur la mythologie de la série, on a l’impression que les différentes parties s’imbriquent à coups de burin. De fait, Alcatraz ressemble plus à un sous 4400 (donc un sous sous Cold Case, c’est dire) qu’à Fringe ou X-Files.

A la fin de chaque épisode, un évadé est arrêté, et jeté dans une cellule sans qu’on cherche trop à comprendre. On s’en fiche un peu, à vrai dire, et on ne donne pas cher de la peau d’Alcatraz : entre le pilote et l’épisode 6, la série a perdu 40 % de son audience. Autant dire que les matons ont chaud aux fesses.

En France, la série a été acquise par TF1, qui la diffuse au rythme américain en VOD, 2 euros l’épisode.

“Seulement ça s’est pas passé comme ça. PAS DU TOUT”
Horatio Caine, sors de ce corps…

Précédemment dans “Séries en série” : [S01 E01] Black Mirror

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

1 commentaire

    fiorito  | 22/02/12 à 19 h 46 min

  • salut sab, je suis d’accord avec toi, s ‘ils ne developpent pas un peu plus le senario.
    la serie va vite s’ essouffler……

Laisser un commentaire