Natalie Portman en Miss Dior

07/03/11 par  |  publié dans : Médias, TV | Tags :

Ok. Vous êtes en droit de vous demander si cela vaut bien la peine de parler d’une pub de parfum ; une seule, qui se noie presque dans un fleuve de spots télévisés qui sentent bon le “cucul”, le patchouli, et le ringard… Mais quand le personnage principal est l’actrice du moment que tout le monde (homme et/ou femme) aimerait découvrir dans son lit au réveil – et ce au risque de devoir renifler, en plus de son parfum, son haleine matinale – alors là, pas de raison de s’en priver.

Cette actrice, c’est Natalie… la Black Swan fraîchement oscarisée. DIOR a indéniablement misé sur la bonne pouliche : l’actrice incarne cette année la demoiselle qui fera acheter (ou pas) aux midinettes du monde entier un flacon de la fragrance Miss Dior Chérie. On se demande bien, tout de même, comment la Maison a réussi à la convaincre de devenir son égérie le temps d’une saison, elle qui jusqu’alors refusait toute demande de “partenariat” avec le monde de la mode. Un joli chèque sûrement, mais pas que… Natalie, c’est plutôt une baroudeuse impliquée dans l’aide humanitaire. Sortie des tapis rouges, elle n’est pas très paillettes et show-business. Alors la marque a décidé de lui donner un coup de pouce dans ses engagements auprès des pays les plus pauvres. Étonnant d’ailleurs que Dior ne communique pas plus sur le sujet car finalement, chacun y trouve son compte. Ça fait vendre, soyons honnêtes… Une image toute “gentillette et proprette” qui fait du bien à la marque, quand on voit à travers quelle tempête elle doit passer avec l’affaire Galliano qui fait scandale depuis peu.

On est bien loin du précédent spot publicitaire aux couleurs pastels, avec une jolie blonde qui croquait dans une tarte aux fraises, et qui finissait par s’envoler au 7ème ciel avec des ballons de baudruche multicolores ambiance 50’s (à visionner ici)
Cette fois-ci, Dior surfe sur la Nouvelle Vague des 60’s. Sofia Coppola nous plonge dans un univers glamour chic, esprit noir et blanc. Un peu à la Godard, si on ose la comparaison (on ose?). Bien entendu, tous les codes du romantisme sont présents, au risque parfois d’en faire un peu trop.

La note poivrée d’Envrak

Le lieu : Paris-Parc Monceau et un appartement haussmanien, mobilier blanc design. Glamour glamour, quand tu nous tiens… Bon choix “bon chic-bon genre”. Les personnages et la petite histoire : deux amoureux qui se retrouvent dans la rue et qui finissent sur/dans un lit… du basique, vous êtes tenté de dire. Cliché, même. Mais n’oublions pas que c’est l’idée que se font les étrangers du romantisme à la française : le “hot glam”.
Les accessoires de la demoiselle : une robe noir ultra chic griffée Dior (bien entendu), une paire de lunettes de star et un petit serre-tête noir avec un joli nœud dessus (l’accessoire du moment, même H&M le décline à toutes les sauces).
Les accessoires de Monsieur : un smoking noir et nœud papillon avec lequel la demoiselle polissonne va jouer toute en délicatesse et sensualité. D’ailleurs, vous l’avez reconnu ce charmant brun ? Il s’agit de l’acteur Alden Ehrenreich, qui avait obtenu le rôle de Bennie Tetrocini dans le film de Francis Ford Coppola, Tetro… Ah la grande famille du cinéma… On se refile même ses acteurs de père en fille maintenant.
Mais le choix est plutôt judicieux. A l’écran, le couple fonctionne, n’en déplaise à Natalie qui s’amuse à dire en conférence de presse : “I felt like a big old cougar. He’s, like, 20”.
Les plans : un grand nombre de gros plans. c’est que le regard félin de la belle, que les maquilleurs ont pris soin d’accentuer à coup d’eye-liner mode 60’s, en émoustille plus d’un. Alors Sofia en profite. Et elle n’a pas tort.
Pour le reste, les images défilent à coups de pschitt-pschitt et forment un joli puzzle ; c’est qu’il faut réussir à caser tous les codes exigés dans le brief de communication, et ce en 31 secondes et pas une de plus (elle coûte cher, la seconde de diffusion sur TF1 avant Pernaut ou Ferrari).

En revanche, le cygne, c’est un poil too much. A la limite s’il avait été noir, histoire de faire un clin d’oeil au rôle de la belle dans Black Swan, on aurait trouvé ça génial car osé, mais là on vire dans le cucul la pralinette. Ajoutez à ceci des baisers filmés sous tous les angles, des roses pâles, et une scène dans une baignoire dont on ne comprend pas bien l’intérêt… et vous obtenez un truc qui tient pourtant bien la route. On le doit peut-être au choix de la musique, mythique, qui avait fait scandale à sa sortie en 1969. Le coup de maître de Dior. Un choix PARFAIT : Je t’aime Moi non plus du couple Birkin/Gainsbourg. Notons tout de même qu’ils auront pris soin de la couper juste avant l’envolée de Jane. On est dans l’ultra sensuel aguicheur, pas dans le sexuel.

Le message est passé et le tout fonctionne à merveille. On en oublierait presque le coup du cygne et de la baignoire.
Nul doute que les ventes de la fragrance vont s’envoler, Dior pourra remercier l’actrice à coups de création d’écoles dans le monde entier, tiens…

Vous en voulez encore ? Alors voici le making of du tournage de la publicité et du shooting photo qui a, quant à lui, été réalisé par le photographe Tim Walker.

Cadeau Bonus:

Parce que Natalie n’est pas qu’une danseuse étoile, ni une glamour girl, Envrak vous offre la version « je crains dégun, je vous prends tous un par un » (vidéo en version non censurée) ici
En savoir plus : http://www.missdiorcherie.com (un joli travail de graphiste et webmaster)

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