8ème Ouest Park Festival : coup de cœur pour Phoebe Killdeer

21/11/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : ,

C’était les 14/15/16 octobre 2011, au Havre. L’association Papa’s Production donnait la huitième édition de son Ouest Park Festival. Direction le Fort de Tourneville, un ancien fort militaire réhabilité pour accueillir des associations de patrimoine et de culture.

Au milieu du fort ? Un terrain, idéal pour y planter un festival le temps d’un week-end. Au programme : deux jours de musique nationale/internationale sous chapiteaux, un dimanche en entrée libre consacré aux groupes amateurs, un supermarché Ferraille avec vente de BD et autres trouvailles, une radio live quasi non-stop et un gros coup de boost sur la déco.

De notre passage au Ouest Park 2011, on avait retenu les prestations de Hell’s Kitchen, Christine, Viva & The Diva, The Reprievers… Mais aussi et surtout celle de Phoebe Killdeer.

DU ROUGE A LÈVRES

On l’avait rencontrée par hasard à la Boule Noire en 2009 dans les loges de Craig Walker, l’ex-chanteur du groupe Archive. L’irlandais se lançait enfin en solo et nous avait invité à le rejoindre avant le grand soir parisien. A l’époque on ne savait pas très bien qui elle était, mais elle était là à appliquer délicatement son rouge à lèvres au milieu du bouillonnement d’avant-set qui régnait à l’arrière de la scène, et, en quelque sorte, elle nous séduisait déjà. Parmi l’euphorie des quelques groupies et des deux expatriés du groupe Phoenix (venus accompagner Walker pour sa tournée), elle semblait sereine. L’image nous était restée gravée en tête.

Craig l’avait alors fait monter sur scène le temps de quelques duos. Là, on avait reconnu le timbre de sa voix : Phoebe Killdeer faisait partie de Nouvelle Vague.

VENIN ROCK

Le samedi 15 octobre, Phoebe Killdeer ouvre la seconde soirée du Ouest Park 2011. Du monde. Beaucoup de monde. On apprend par la suite que le festival brasse 5000 personnes, avec un samedi complet et un vendredi sold out bien avant le début des shows…

Au loin, on l’entend déjà. On se presse sous le chapiteau, joue des pieds, des mains et des hanches pour se glisser devant. L’australienne embrase la scène. Les trois français qui l’accompagnent, les Short Straws (autrement dit « les Courtes Pailles») sont parfaits : batterie lourde, guitare hendrixienne, basse haletante. La recette change selon l’ambiance des morceaux, l’univers dark du second album de Phoebe Killdeer reste bien présent. Taillé pour la scène, « Innerquake » (Kwaidan Records / Discograph) prend toute son ampleur sous la toile du Chapapa’s. Les quatre complices ont une présence scénique incroyable.

De sa voix, Phoebe sait aussi très bien jouer. Graves, lasses, ses paroles se faufilent doucement dans nos veines comme un venin noir. Elle murmure aussi bien qu’elle hurle et nous glace de splendeur. Elle a beau arborer frange sage et couleur rose sur la pochette de son dernier disque, la chanteuse ex-ingénieur du son sert un rock ténébreux. Killdeer a la profondeur de ces grandes interprètes qui font de la musique « comme les mecs » : Beth Gibbons, Cat Power, Isobel Campbell pour ne citer qu’elles.

Il y a de ces morceaux qui ne vous donnent plus qu’envie de composer. Il y a de ces artistes que vous suivrez bien au-delà d’une soirée. Et enfin, il y a de ces festivals qui méritent une résonance médiatique bien plus large.

Highway Birds et Fade Out Line, Phoebe Killdeer & the Short Straws, Ouest Park Festival.

En savoir plus :
http://www.phoebekilldeer.com/
http://www.ouestpark.com/

Photos © Mickaël Liblin

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