AC/DC, carte d’identité

01/06/07 par  |  publié dans : Artistes, Musique

Construction d’une légende

Le groupe AC/DC voit le jour au tout début des années ’70. Fondé autour de Malcolm Young, le groupe commence sa carrière avec quelques reprises de Chuck Berry ou des Rolling Stones en un peu plus électriques. La propre sœur de Malcolm propose le nom d’AC/DC (Alternating Current / Direct Current : Courant alternatif/ Courant continu). Avant tout, AC/DC est une histoire de famille. Le frère aîné de Malcolm, George Young, baignant déjà dans la musique et la production, entraîne son frère vers les studios d’enregistrement. Parallèlement, Angus, un cadet de la famille Young, propose ses services à la guitare.
Le groupe va connaître de nombreuses formations au cours de leur carrière. En 1974, le chanteur est évincé au profit de Ronald Scott, surnommé Bon. L’année suivante sort le premier album du groupe, High Voltage, dans sa version australienne. Six mois plus tard, c’est au tour de TNT, avec les tubes It’s a Long Way to the Top, The Jack, High Voltage, des titres qui sont parmi les plus appréciés du groupe et du public. Le succès augmente rapidement, les tournées européennes s’enchaînent, les albums se vendent de plus en plus, mais la notoriété du groupe ne s’étend guère au-delà du cercle des « Hardos » ou Rockeurs.

1979-1980, le tournant

Il faut attendre juillet 1979 et la sortie du tube Highway to Hell pour que le monde entier connaisse le nom de ces Australiens et fredonne cet hymne du Hard Rock. Le succès est fulgurant et le groupe atteint alors un statut mondial.

La gloire du groupe aurait pu être de courte durée. Le 19 février 1980, Bon Scott est retrouvé mort, étouffé par son propre vomi à la suite d’une soirée trop arrosée. Celui qui fut le leader d’un groupe en pleine extension, en pleine gloire, n’a été retrouvé que le lendemain, gisant dans sa voiture. Cette tragédie aurait pu marquer le coup d’arrêt de l’existence du groupe, composé principalement d’enfants d’immigrés en situation sociale difficile. Rejetés du système scolaire, contraints aux petits boulots minables pour survivre, ils auraient pu vivre une vie sans ampleur s’ils n’étaient des génies de la musique. La mort de Bon marquera à jamais le groupe et leurs fans, convaincus qu’aujourd’hui leur idole a pris « l’autoroute du paradis ».

Pour oublier cette tragédie et sortir la tête de l’eau, Angus et Malcolm continuèrent à jouer. Il fallait maintenant trouver un nouveau chanteur et ce fut chose faite avec Brian Johnson, un Ecossais, ex du groupe Geordie et fan d’AC/DC. En juillet 1980, sort Back in Black, l’un des albums mythiques du groupe, véritable résurrection tout en étant un hommage à Bon, notamment avec Hell’s Bell.

De 1980 à nos jours, le groupe enregistra dix albums, multiplia les concerts, fit le tour du monde. Leur succès ne déclina pas après la mort de Bon, ils ont su rebondir, aller de l’avant tout en n’oubliant jamais Bon et son talent. Brian Johnson aime a rappeler une anecdote : à la fin d’un concert, il rencontra un fan qui lui montra son biceps où était tatoué le portrait de Bon Scott. Le fan lui dit que Bon était son idole et que personne ne le remplacera jamais, puis il a remercié Brian d’avoir permis au groupe de continuer. L’hommage des fans de Bon envers Brian est la preuve d’une continuité entre l’avant et l’après Bon Scott.

Le style

AC/DC est devenu le groupe de Hard Rock par excellence, pourtant, ils ont développé un style particulier, loin de Black Sabbath ou de Led Zeppelin, deux autres pionniers du Hard Rock. Le son d’AC/DC est teinté de Blues, notamment grâce à la gamme pentatonique (ensemble de hauteurs de cinq sons différents), et de Boogie. Certaines chansons des premiers albums du groupe rappellent les compositions de Chuck Berry (créateur du tube Johnny B. Goode, 1958), en plus électriques.

AC/DC est la représentation type de ce qu’est le Hard Rock : des compositions épurées, teintées de riffs répétés et très efficaces. Si cela paraît simple d’un point de vue extérieur, les musiques d’Angus et Malcolm Young sont difficiles à jouer, de part la technique et la rapidité d’exécution. Les deux frères Young sont guitaristes et écrivent leur musique de façon à ce que Malcolm joue les accords rythmiques tandis qu’Angus joue les solos. Aujourd’hui, Angus est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes du monde et les concerts d’AC/DC se ponctuent souvent de longues minutes de solos, permettant d’admirer la virtuosité technique de son jeu.
Depuis leur début, le style d’AC/DC a peu évolué. Les détracteurs du groupe leur reprochent souvent d’avoir à leur actif dix-sept albums qui sonnent comme un seul. Pourtant, c’est aussi ce qui fait la force du groupe : contrairement à d’autres formation qui ont touché un peu à tous les styles, comme Scorpions par exemple, AC/DC restent dans le pur Hard Rock (mélange de basse, batterie, guitares et rien de plus). En plus de trente ans de carrière, les albums d’AC/DC comportent quelques variantes, mais aucune concession aux modes. Ils font leur musique et rien de plus. Ce style immuable peut se discuter, reste que l’état d’esprit du groupe est très marqué et ne se laisse pas influencer par tout et rien à la fois. Voilà ce qui fait aussi le succès du groupe à travers les générations.

AC/DC peut être l’emblème du Hard Rock. Leurs compositions puissantes, électriques, aiguës, à l’image d’Highway to Hell, révèlent une virtuosité technique, ponctuée par une voix particulière. Bien loin des hauteurs vocales d’un Freddie Mercury, Bon Scott et plus encore Brian Johnson utilise le grave, l’éraillé, qui peut déranger parfois, mais qui convient aux textes du groupe, entre sexe, bière, enfer et jolies filles.

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1 commentaire

    Ramuncho  | 16/06/09 à 18 h 36 min

  • Quelle envolée lyrique !! on sent le fan de la première heure…

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