Ahmad Compaoré, Jazz et solidarité au Toursky

14/11/17 par  |  publié dans : A la une, Musique, Scènes | Tags : , , ,

Ahmad Compaoré, jazz et solidarité au Toursky

Comme nombre de lieux de culture « privés », le Théâtre Toursky est en difficulté financière.
Richard Martin l’a fondé en 1968, avec Tania Sourseva qui nous a quittés cette année. Il explique qu’il a reçu des édiles -avant les élections- la promesse de subventions pour le fonctionnement de l’Espace Léo Ferré, deuxième salle de deux cents places du théâtre. Les élections passées, les promesses sont, comme il se doit, oubliées. On sait qu’elles n’engagent que ceux qui y croient, mais Martin dit qu’il fait partie de cette génération de parole ou on concluait un marché en se tapant dans la main. C’était au siècle dernier. La position du ministère de la Culture est « On ne vous a rien demandé », ce qui est au demeurant exact. Qu’en 1968 Marseille fut un désert culturel, que le Toursky y ait ranimé l’âme du théâtre populaire ne compte pour rien, c’est du passé. Il y a eu depuis nombre de théâtres de proximité et trois scènes nationales, en comptant le BNM. Il en va ainsi de la culture, elle a eu jadis son ministre auréolé de gloire mais, il faut se plier aux codes, on ne se présente pas « avec une sébile dans la main et un cocktail Molotov dans l’autre ». Le Toursky est un nid de libertaires, qu’ils se débrouillent. Ils le font, comme ils l’ont toujours fait, sur un fil tendu, mais aujourd’hui à se rompre.

 

 

C’est pourquoi la programmation de la fin 2017 y est composée exclusivement de soirées de soutien par des artistes fidèles, dont certains ont été mis dans la lumière dans ce théâtre même. La série a été initiée par Michel Bourdoncle, Nicolas Bourdoncle et Anahid Ter Bogossian au piano, Levon Minassian au doudouk, pour une création dans la grande salle le 14 octobre.
Suivait le concert de « Jazz fusion » du trio d’Hahmad Compaoré, qui en cette occasion est devenu un quintette, guitare basse, violoncelle, contrebasse, saxophone et bien entendu percussions de toutes sortes, bruitages insolites extraits d’objets inattendus comme une baudruche gonflable, une guitare jouée à l’orientale, posée à plat sur les genoux, avec pour médiator un pinceau de peintre en bâtiment.

 

 

Batteur, percussionniste et improvisateur, Ahmad Compaoré né au quartier de Saint Mauront a parcouru le monde, il s’était promis enfant de jouer sur la scène du Toursky, et il l’a fait. Fondateur du trio « Oriental Fusion » il a fondé le label « Musique rebelle », et enseigne les percussions à la Friche Belle de Mai, tout près de là. Formé au « Centre musical et créatif » de Nancy il en sort major de promotion en 1995. Égyptien par sa mère burkinabé par son père, il est lui-même comme la musique métisse qu’il invente tout naturellement. Il joue avec des musiciens sénégalais ou réunionnais, a étudié en Inde l’art du tabla et les percussions du Japon. Fidèle à ses origines, il crée en duo avec la danseuse et chorégraphe marseillaise et égyptienne Karima Mansour….
Le concert évolue sans transitions de la musique contemporaine -voire concrète- jusqu’à une version quasi classique du boléro de Ravel, en passant par de grands standards revisités, des chants et musiques « ethniques » et des créations d’Hamad Compaoré.

Un grand moment de Jazz fusion, de solidarité et d’émotion prodigué par de grands artistes.

 

 

Puis Richard Martin lui même recréera « La mémoire et la mer » de Lèo Ferré, avec l’académie de mandoline de Marseille dirigée par Vincent Beer Demander le 18 novembre, suivront des duos de cordes, flûte et guitare, violon piano le 25 novembre, Marie Claude Piétragalla le 28 novembre, Christina Rosmini le 2 décembre… Ajoutez Luca Lombardo le 9 décembre et un gala d’humour le 19 décembre, vous aurez largement de quoi trouver votre bonheur.

A suivre donc,

Jean Barak

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