Alex G en plein Trick

21/05/14 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

Trick d’Alex G (dévoilé originellement fin 2012) ressort ce mois-ci chez le label auvergnat Kütu Folk (qui vient également de sortir le très bel opus éponyme du groupe Eyes no Eyes). Et on ne peut que vous le conseiller. Pourquoi et pour qui ? On vous dit tout sur Alex G.

Talent précoce

Alex G (de son vrai nom Alexander Giannascoli) est un jeune et très prolifique artiste originaire de Philadelphie. À tout juste vingt ans, il est déjà l’auteur de cinq albums et autant d’EP. Elu en 2013 meilleur artiste émergent de l’année par le Deli Magazine, le garçon est repéré par les très influents labels Birdtapes et Orchid Tapes (des proches de Coma Cinema) qui lui proposent de participer à de nombreuses playlists et concerts. C’est lors d’un de ces sets qu’un représentant de Warner Bros Records (Foals, Neil Young, Iron & Wine, R.E.M, The White Stripes) lui propose son premier contrat d’artiste en lui avouant qu’il n’a rien entendu de meilleur depuis longtemps. Rien de moins prometteur pour cet artiste au talent précoce dont l’album Trick sort ces jours-ci.

Dans la veine du lo-fi américain

Trick est un album savoureux. Déjà parce qu’on y sent l’influence assumée d’une scène rock-indé 90’s, nourrie aux Smashing Pumpkins (Animals et ses guitares clairement inspirées) et au Nirvana revisité (String, ou quand les accords grunge se marient aux percus funky !). Et puis parce que la voix chancelante, presque sur le fil du rasoir d’Alex met encore plus en évidence le travail des instruments et l’importance de l’atmosphère bricolé. Dans cet opus assez court (pas plus d’une trentaine de minutes), l’artiste parle – entre autres – de filles et de vague à l’âme, de manière douce et déchirée. Avec cette fausse nonchalance caractéristique des poètes lunaires pas tout à fait paumés. Le plus bel exemple : l’intense et planant titre Advice, dans lequel la voix à peine présente s’efface devant des riffs lancinants qui visent la corde sensible et touchent tranquillement les tripes.

Des guitares, il y en a plein dans cet album réussi : des profondes et dissonantes (Memory), des hypnotiques sous LSD (String) et puis des langoureuses (So, véritable rixe de cordes sous tension). Mais il y a aussi du banjo (presque guilleret dans le titre Forever), des cuivres et du piano.

Dans le sillage de groupes comme Starlight mints ou Sparklehorse, adeptes d’attitudes et d’ influences lo-fi des années 90, Alex surprend pourtant au détour d’un morceau en amenant des touches psyché plus seventies (un peu à la manière des Brian Jonestown Massacre). On passe ainsi de la mélancolie adolescente (les chagrins Memory et Change) à des éclaircies un brin plus enjouées (le destructuré People, qui sonne comme un hymne à l’éveil collectif et festif). Des bruits de synthé old school (sur l’interlude éponyme Trick) et une dose de poésie contemplative (le piano romantique du final Clouds) achèvent de dessiner un chouette « album madeleine » de printemps. Eh ouais, parce qu’avec Trick, on replonge aussi un peu dans nos 15 ans, à l’époque où il y avait des gens sans portable et Hartley cœur à vif à la télé…

Mais le mieux reste encore de le découvrir par vous-même, alors enjoy ! :

vidéos : Alex G :

Alex G- Trick (2014- Kütu Folk records)
1. Adam
2. Memory
3. Forever
4. Animals
5. String
6. Advice
7. People
8. Whale
9. Trick
10. Kute
11. So
12. Mary
13. Change
14. Clouds

En savoir plus : www.kutufolk.com

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