Arctic Monkeys, la perfection live

06/07/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags :

Mercredi 15 juin, 19h20, la Plaine Saint-Denis. Une centaine de personnes rangées deux par deux fait le pied de grue devant le Studio 104. Ici, c’est discipliné : même sur invitation, le videur ne laisse rentrer personne. Aujourd’hui, Envrak vient voir les Arctic Monkeys, le célèbre groupe de rock tout droit venu de la ville anglaise de Sheffield. Mais où est la foule hystérique ? Il n’y en a pas, tout simplement parce que ce n’est pas dans une salle de concerts qu’Alex Turner et sa bande se produisent mais sur un plateau télé, celui de l’émission « l’album de la semaine » diffusée sur Canal +. Et ici c’est 120 personnes, pas une de plus !

C’est pour faire la promotion de leur quatrième opus sorti le 6 juin, Suck it and See, que le groupe a fait le déplacement. En attendant leur arrivée, on nous fait attendre dehors. Une partie du public servira à remplir les gradins des “Guignols de l’info”, les deux plateaux télé étant accolés. Le reste attendra encore ! Plus d’une heure après l’heure indiquée sur les tickets, nous voilà au premier rang, prêts à applaudir. Tiens d’ailleurs, le chauffeur de salle nous fait claquer nos mains dans le vent, sans les Monkeys – ça servira pour le montage. Essayez un peu d’être survoltés pour rien face à une caméra, hé bien vous verrez que ce n’est pas si simple.

Surprise ! Chez Envrak, on est chanceux. Ce n’est pas juste à l’enregistrement d’une émission qu’on va avoir le droit mais à un véritable concert privé qui durera une bonne heure. Et tout ça avant même le premier show officiel du groupe en France…

Soudain, tout s’enchaîne : les englishmen arrivent en file indienne devant nous, le pas décidé. Un rapide regard vers les spectateurs et voilà le premier morceau qui démarre. Affublé d’un tee-shirt prônant « Leonard Cohen, Songs of love and hate » et d’une veste en cuir, Alex Turner le chanteur déchire. Les quatre rockeurs sont jeunes, doués et super classes. Moyenne d’âge ? Vingt-cinq ans.

Tout droit sortis de l’écurie Domino, leurs trois premiers albums ont été des succès fous. Celui-ci n’est pas en reste : dès la première semaine après sa sortie, il s’est placé à la première place des ventes d’albums au Royaume-Uni. Les avis divergent sur ce disque… Certains n’ont pas accroché au changement de cap musical survenu avec Humbug, le troisième album. « Plus mûr, moins fougueux » disait-on. D’autres, comme nous, ont été totalement subjugués.

Suck it and see continue sur cette lancée. Les adolescents rageurs sont devenus de beaux adultes épanouis, leur musique aussi. Sur le plateau, le public est admiratif. Il faut dire qu’on assiste à un spectacle prenant. Les titres s’enchaînent sans aucun raté. C’est sublime. La voix est impeccablement bien maîtrisée. Dans les graves, dans les aigus, en force ou en douceur, Alex Turner sait exactement comment l’utiliser. Matt Helders, le batteur, est parfait. Tout comme ses comparses Jamie Cook à la guitare et Nick O’Malley à la basse.

A l’heure où nous publions, l’émission n’a toujours pas été diffusée ( – elle le sera le 15 juillet sur Canal+). Pour avoir tout de même un aperçu de ce que cela peut donner en live, voici une vidéo de Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair, single extrait du récent album.

Sur Reckless Serenade, Turner annonce la couleur dès les premiers mots. En faisant référence aux tops models topless, il balance bien à ses fans qu’il est pris et heureux de l’être. L’ex-mannequin Alexa Chung est désormais sa muse.

Les ballades She’s Thunderstorms et Piledriver Waltz amènent une belle douceur parmi d’autres titres plus dangereux comme le single Brick by Brick ou encore Library Pictures. Ce dernier morceau nous fait frétiller avec un interlude lent au plein milieu du titre.
Pendant le show et au milieu des nouvelles chansons, on repère les vieux tubes toujours efficaces Teddy Pricker de l’album Favourite Worst Nightmare (2007) et Crying Lightning du fameux Humbug (2010.)

Une fois l’enregistrement terminé, les anglais repartent aussi sec. Pas une seule seconde ne sera accordée au public. Dans tous les cas, on gardera un souvenir impérissable de leur prestation. Un show réglé à la perfection. Ils auraient très bien pu enregistrer leur album en une seule prise !

Si on nous demandait de participer au montage de l’émission et de ne garder que le meilleur, on garderait tout. Absolument tout.

Une anecdote ? Pour le côté mi-humoristique mi-provocation, Turner et sa bande ont pensé appeler leur disque Thriller. Oui, « Thriller », comme l’album de Michael Jackson, celui le plus vendu de tous les temps. L’idée est rapidement abandonnée pour laisser place à la boutade anglaise « suck it and see », autrement dit « teste et voit ce que ça donne ». Cela semblait plus sage ? Raté ! L’Amérique puritaine crie au scandale et censure le titre de l’album. Les disques seront bien présents dans les rayons à la date prévue mais une étiquette recouvrira la phrase à soi-disant caractère pornographique. Aaah les USA…

Plus d’infos :
* Album de la Semaine Canal+
* Arctic Monkeys France

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