Bali à Marseille

21/03/20 par  |  publié dans : A la une, Danse, Musique, Scènes | Tags : ,

Une parcelle de Bali chez nous à Marseille

Ce samedi 29 février, le Gamelan de musique et danse balinaise «NGAYAH» était donné à la Cité de la musique de Marseille, à guichet fermé.

La soirée est initiée par une prise de parole du représentant du Ministère de la Culture d’Indonésie qui encourage les musiciens et danseurs, balinais et français, remercie la Cité de la musique de Marseille et nous apprends que le spectacle de ce soir célèbre les soixante dix ans de coopération culturelle entre l’Indonésie et la France. Il salue l’attaché d’Ambassade et celui du consulat d’Indonésie en France, présents aux premières loges, qui arborent de grands sourires, sous les applaudissements du public.

Un gong retentit, les musiciens et danseurs saluent en s’inclinant à l’orientale. Chacun prend place devant un instrument de musique, méticuleusement disposés sur le grand plateau. Le spectacle est composé de 6 morceaux : le premier est « Chants ordinaires de la vie quotidienne ». Sur le côté gauche du spectateur, sont alignés des percussions aux allures de xylophone avec un battant en bois poli, comme une corne de rhinocéros miniature. Sur le côté droit, sont disposés d’autres percussions que les musiciens font résonner avec des battants en bois. Au milieu, une flûte, des tambours, un carillon, des gongs. Le tout constitue ce qu’on appelle « Un Gamelan ». Chaque passage à un nouveau morceau nécessite une nouvelle disposition des percussions et des percussionnistes.

La mélodie est douce, entraînante, en parfaite harmonie entre les musiciens. C’est un préface à l’entrée sur scène de deux fillettes en habit traditionnel balinais. Leurs queues de cheval leurs arrivent au bas du dos ; leurs traits fins sont mis en valeur par le maquillage qui les fait ressembler à des poupées. Chacune tient un bol rempli de bouts de papier et de pétales de fleurs qu’elles lancent au public, ébahi par leur grâce.

Le deuxième morceau a pour titre « L’amour qui se roule ». Il se joue devant une porte fermée, dans l’attente de la consommation de l’acte nuptial. Il se distingue par une présence plus affirmé du carillon qui donne l’impression d’écouter des chants d’oiseaux.

Le troisième est une musique sacrée se devant d’être jouée uniquement dans des lieux extérieurs profanés, afin de les purifier. Le flûtiste devenu danseur joue le rôle d’un prêtre. Il a troqué sa chemise et son turban contre un costume bariolé et un masque effrayant. Il dispose d’années de pratique qu’il continue de peaufiner. Il fait irruption en s’agitant fiévreusement à la manière d’une marionnette dirigée par une force supérieure, ses gestes sont lents ou rapides mais très intenses. Le prêtre masqué incarne une divinité qui le possède et utilise son corps comme support d’extériorisation à travers la danse. Puis il s’évapore dans l’obscurité d’où il est apparu. Le public applaudit chaleureusement.

 

Le quatrième morceau est une musique « quotidienne », jouée pour le plaisir de se réunir autour du Gamelan. Si apaisante que pour l’apprécier pleinement, on peut fermer les yeux un moment et se laisser emporter par la douceur des sons et l’harmonie entre les musiciens.

Le cinquième est une musique de cérémonie qui se joue dans les grandes occasions, fêtes et festivités. Il nécessite la disposition d’une grande percussion au son mélodieux. Les mains de la musicienne sont d’une grâce féminine impressionnante et d’une grande dextérité, son visage est à l’image même de sa concentration.

La sixième est une danse présentée par une marionnette vivante, une femme couverte de la tête aux chevilles d’un habit traditionnel multicolore, le maquillage soulignant ses traits fins, son regard reste constamment fixe durant la danse. Il s’agit d’une jeune danseuse chevronnée : comme il est de coutume à Bali, la danse est une pratique enseignée depuis l’enfance. Ses mouvements sont d’une perfection admirable, tous les regards restent fascinés par la marionnette vivante qui semble diriger les musiciens à sa guise. La fin de la danse est ponctuée par le gong, la danseuse en s’inclinant esquisse un sourire qui laisse sans voix, tant elle paraissait être une poupée impassibles.

Le septième et dernier morceau est une musique de guerre jouée en période de préparatifs pour encourager les soldats et les fortifier moralement. Composée spécialement pour le public, par le flûtiste et danseur de cette compagnie éphémère. Devant ce dynamisme volontariste l’on ne peut que rester fasciné par cette musique, très forte par moments, dans laquelle gongs et tambours s’en donnent à cœur joie. L’enthousiasme des musiciens est communicatif, on s’imagine à Bali entouré d’une troupe de balinais fiévreux, assistant en privilégié à leurs préparatifs de guerre.

Assister à un spectacle de musique balinaise est une occasion rare à ne pas rater, cet héritage culturel nous est étranger. Offrez vous le plaisir de la découverte de ces musiques et danses fascinantes, qui vous émerveilleront le temps d’une soirée, vous laisseront rêveur chaque fois que vous y repenserez.

Lila Règnier

 

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