“Band on the run” : L’empire contre attaque

27/11/11 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

En 1973, Paul Mc Cartney retrouve avec « Band on the Run » sa stature internationale. Prouvant qu’on peut à la fois enregistrer un disque dans des conditions dantesques et aboutir à un chef d’œuvre pop.

En 1970, Paul Mc Cartney sortait son « Mc Cartney » : guitares, moutons et chiens galopants derrière les gamins. En l’an de grâce 1972, Paul exprime le désir de fonder un nouveau groupe pour retrouver les planches désertées depuis 1966. Alléluia ! Saint Paul a une vision à la naissance de sa seconde fille : ça sera « Wings ». Deux guitaristes et un batteur rejoignent un Mc Cartney qui ne desserre les doigts de sa lovely Linda, que pour les laisser vagabonder aux claviers. Paul Mc Cartney et ses Wings répètent beaucoup, et enregistrent en une semaine « Wild life », prétexte pour enfin partir en live. Paul ne joue aucun morceau des Beatles, au combat pour légitimer son nouveau groupe. La démarche est courageuse, évidemment rafraîchissante, mais le rendu reste brouillon. Jamais à cours d’idées, Mc Cartney demande à sa maison de disques de lui trouver un studio loin de l’Europe pour stimuler sa créativité. Si rien ne passe comme prévu, « Band on the Run » enregistré à Lagos, replace Mc Cartney (et ses Wings) en haut de l’affiche.

Roulement de tambours, les lumières s’éteignent, sous le projecteur (la pochette est excellente !) « Band on the Run » place directement le disque dans de hautes sphères. Mc Cartney amuse la galerie avec au décollage un morceau aux trois ambiances. Effluves du bon vieux temps de la gracieuse « You never give me your money » d’ « Abbey Road » Toujours ce besoin d’adversité pour donner le meilleur de lui même, « Chaos and Creation » déjà. La moitié du groupe a planté Mc Cartney sur le tarmac, Paul s’est fait subtiliser ses démos et est tombé gravement malade pendant l’enregistrement. Ces faits de gloire ne transpirent pas sur le disque, magnifié par la postproduction dans les studios londoniens et par le coup de main injustement minimisé du réputé Tony Visconti.

« Jet », prolonge notre vol, la rythmique reggae fait mouche mais est étouffée par une production balourde. On a hâte de s’éloigner de ce bruyant réacteur. Mc Cartney sauve sa veine rock par un « Let Me Roll It » très John Lennon. Par le hublot, on aperçoit déjà « Blue Bird » bien gentil mais transparent à coté de son illustre cousin « Blackbird ». Toujours dans une ambiance acoustique « Mamunia » et ses percussions voit l’Afrique s’inviter enfin au spectacle. Curiosité de l’album la présence de Pablo Picasso. Mc Cartney lui consacre une chanson qu’il envisage comme cubique ! Tout en ruptures, « Picasso last words (drink to me) », conte la dernière soirée du peintre. Hommage réussi ! Place aux turbulences à l’atterrissage : la pluie inonde le hublot et l’orage gronde. Mc Cartney nous secoue avec un « 1985 », apocalyptique, il traumatise son piano et chante comme jamais. Cette véritable avalanche musicale constitue le sommet de cet album majeur dans la carrière de Mc Cartney.

Dans le prochain épisode, changement de décennie : en 1982 Paul retrouve avec « Tug of War » le producteur Georges Martin, justement considéré comme le « cinquième Beatles ».

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