CaravanSérail

16/06/19 par  |  publié dans : A la une, Concerts, Festival, Musique, Scènes | Tags : , , , , , , , , ,

Musique nomade au CaravanSérail de Marseille, avec la Cité de la Musique et Arts et Musiques.

Rokia Traore et Stefano Pilia

Rokia Traore était la marraine prestigieuse de cette troisième édition qu’elle clôturait ce samedi, dédiée aux femmes qui chantent. Quelque chose change dans notre pays, dans la culture et dans le sport, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles.

Rokia Traoré

Ceux qui connaissaient la Diva malienne comme la grande voix du blues africain -et des “musiques du monde”- ont pu être surpris par ce concert résolument rock, qu’elle accompagnait elle-même à la guitare électrique. Toutefois Billy Holiday n’est jamais loin, à qui elle a consacré un hommage, ni Myriam Makéba, dont elle est la digne héritière. On l’a vue également au théâtre, dirigée par Peter Sellar. Vivant à Amiens, elle a refait le voyage des migrants à l’envers et vit dorénavant à Bamako. Mince comme une liane, dans une robe bleue légère toute simple, pieds nus, elle chante en français, ambassadrice de la culture francophone et mandingue, mais également en bambara, ou encore en anglais. Sa musique électrique et sa voix vibrante ont enflammé le public, qui dansait en foule serrée dans le vaste espace entre les gradins et la scène du Théâtre Sylvain. Le concert s’est terminé avec des jeunes gens de la colonie malienne sur scène, débordant la sécurité dans un enthousiasme communicatif. En Afrique, ça se passe comme ça. Elle même était souriante, bondissante, comme montée sur ressort, pour un final exalté, magique. Une très grande dame du rock, du jazz, de la chanson française et de l’Afrique profonde, on ne sait plus, féministe et pacifiste engagée auprès de la mission de l’O.N.U. pour les réfugiés.

Rokia Traore

Il faut maintenant revenir au vendredi, avec Lavach’ en ouverture de soirée, sous un soleil encore brûlant. Entre dub marocain, tarentelle et rock bulgare, ils sont un melting-pot à eux seuls. Suivi par Ly Diop, né dans le métro parisien -artistiquement s’entend- avec son reggae métissé d’Afrique. Enfin, les rythmes afro-latins de la Cumbia Chicharra ont enflammé la première nuit. Déjà le public était là en force.

L’Anima, Carine Lotta et Daniel Malavergne

De nouveau au grand soleil du vendredi, Carinne Lotta a ouvert la dernière cession avec ses tarentelles siciliennes endiablées. Née à Marseille, associée au groupe Rassegna, racines, elle se déplace entre la pointe de la botte de l’Italie et… le reste des musiques du monde. Entre Sicile, Jazz, et les grandes voix américaines, de Ella à Janis Joplin.

Mandy Lerouge

Au crépuscule lui a succédé Mandy Lerouge, avec sa “madrugada”, l’aube Argentine, celle millénaire au Nord des Guaranis et des Quechuas. Sur les rythmes traditionnels du chamamé et de la chacarera, elle fait voyager avec le chant profond de l’Amérique Latine, celle de Mercédez Sosa. Un pur bonheur.

Mandy Lerouge

La fête était à son acmé avec la diva Malienne, Rokia Traoré, marraine prestigieuse de cette troisième édition de CaravanSérail, prière de revenir au début de la page. Et invitation à la quatrième édition, en 2020. Contre vents et marées les musiques du monde sont bien vivantes.

Jean Barak

Rokia Traoré
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