“Chaos and Creation in the Backyard” : Duel Majuscule

30/11/11 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

En 2005, Paul Mc Cartney s’associe avec Nigel Godrich, producteur du monumental « Ok Computer » de Radiohead. Godrich n’hésite pas à jeter certaines démos apportées par notre Paulo le sommant de bosser sérieusement. Chaos et création pour un chef d’œuvre crépusculaire…

Après la parution de Flaming Pie, Linda Mc Cartney décède. Encore une fois, Paul choisit le travail comme thérapie. Retour aux années 1950 : blouson en cuir, banane sur la tête et un milk shake pour Run Devil Run paru en 1999. Disque de reprises que Mc Cartney agrémente d’une poignée de pastiches fraichement composés. En 2001, retour aux affaires avec  Driving Rain, enregistré rapidement, à l’ancienne. Bonne idée, mais en plus d’être enrhumé Paul est complice d’une production numérique, dénuée de chaleur.

2005: Chaos and Creation in the Backyard commence en trompe l’œil avec la sautillante « Fine Line ». Bon échauffement pop sur le pas de l’imposante demeure qu’est cet album. L’impressionnante porte grince en s’ouvrant, suivie par un rideau rouge poussiéreux. Sur scène Mc Cartney a convié beaucoup d’instruments, du classique au bizarre. Des mains du producteur Nigel Godrich émanent différents univers sonores, différents tableaux complexes et méticuleux. « How Kind of you » voit Mc Cartney s’aventurer dans un monde abyssal, inquiétant et enfin planant. Sur les mêmes rails de ce train fantôme, au cœur du disque, « Riding to Vanity fair », que Godrich a refusé, ralenti, décomposé et recomposé. Chanson la plus hypnotique de la galette…

Pochette en noir et blanc, souvenir photographique par le petit frère de Paul. L’arrière cour de cette demeure est une illusion, un œil entrouvert sur le jardin de la maison familiale. Derrière le linge suspendu, Macca encore ado, joue sur un gratte sèche. Concentré sur « Jenny Wren », nouvelle descendante de « Blackbird ». Dans cette arrière cour des miracles, tout est possible et le duduk, instrument arménien, vient souffler sur cette chanson. On saute la palissade pour s’inviter chez la voisine. Une vieille dame anglaise nous convie alors à boire un « English Tea ».Un salon très british, tout est en place, au milieu des porcelaines, un canapé ; on s’installe avec les petits enfants bien sages. Un piano dans la pièce et Paul ne peut s’empêcher d’y aller de sa petite comptine enfantine. Ce thé-là est succulent. Mc Cartney retrouve des sommets de mélodiste et monte encore plus haut avec « Too Much Rain ». Frissons immédiats sur ce sommet de la carrière solo du Mac.

La charmante « Cerftain Softness » à l’accent bossa nova, nous ramène dans la fabuleuse arrière cour. « Promise to you girl », est l’autre piste « dynamique » du projet avec « Fine Line ». Chœurs appliqués aériens, piano rythmé, solo de guitare. Un élan de folie, un Mc Cartney qui se libère enfin de l’exigeant et imposant regard de son producteur. « This never happened before » et « Anyway », raisonnent entre les murs du couloir qui mène à la sortie. Ces ballades sont soignées mais empruntes d’une lourde tristesse. Godrich en poussant Mc Cartney dans ses retranchements, lui tend un miroir aussi pur que cruel.

Paul Mc Cartney n’a rien perdu de son talent mais il a vieilli… Ce qui ne l’empêche pas de faire encore salle pleine en tournée et notamment ce soir, à Bercy !

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