China Moses, “Nightintales” aux Salins

17/10/17 par  |  publié dans : A la une, Concerts, Musique, Scènes | Tags : , , ,

« Nightintales » La nuit du conte de China Moses

Nous avons découvert cette année même au Théâtre des Salins Lisa Simone, la fille de Nina Simone qui avait choisi de prendre ses quartiers d’hiver au soleil de Provence. Ce 13 octobre Les Salins offraient leur plateau à China Moses, la fille de Dee Dee Bridgewater, grande dame du jazz international, et de Gilbert Moses, metteur en scène de cinéma, de théâtre et de télévision. Après une ouverture de saison sous la forme d’un concert mené par le chorégraphe Delavallet Bidiefono, à l’aise dans tous les styles entre pop rock et r&b, la programmation des Salins est nettement colorée de toutes les africanités. Entre Africains, Afro-américains, bientôt Afro-cubains, avec la belle Yilian Canizares, afro-antillais avec Calypso Rose, les couleurs du blues et du jazz sont à l’honneur. On doit d’ailleurs dire -parait-il- africain-américain, mais ça ne chante pas aussi bien à l’oreille.

China

Née en 1978 en Californie, à Los Angeles, totalement francophone, elle a aussi choisi notre Sud pour ses quartiers d’été, dans la lumière d’un pays où il fait toujours beau. On dit qu’il n’est pas facile d’être fils de ou fille de, là c’est les deux. Comment égaler ou dépasser ses génies géniteurs ? Quoique, ça donne de bonnes chaussures de marche pour affronter les sommets, on ne va pas bien loin quand on tente l’ascension du Mont-Blanc en tongues.

Go down Moses

Elle chante folk, soul, blues, rock, rythm-and-blues, mais dès lors qu’elle ne s’enferme plus dans un style ça n’a plus grand sens. Elle a une belle voix grave, une voix noire que les blancs ne savent pas même seulement imiter, chargée d’une histoire qu’elle revendique. Elle pourrait chanter le negro spiritual dans les églises, “Go down Moses, went down in Egypt Land”  mais elle est de ce temps, elle chante la vie, la sienne, le blues, l’amour, la douleur de vivre et Janis Joplin.
Accompagnée de musiciens d’élites venus de Grande-Bretagne elle bondit aux quatre coins de la scène, perchée sur des talons immenses. C’est une boule inépuisable d’énergie et d’humour, elle joue avec la salle qu’elle invite à chanter et à danser. Après deux heures de concert survolté elle aurait pu encore continuer longtemps si le public avait tenu la distance, mais ce n’était pas Woodstock. On n’est plus en 1969 pour chanter toute la nuit sous la pluie. A peine sortie, elle sacrifiait au rituel des autographes, simple et souriante.


Etoile montante certes, mais il n’empêche. Dans le Panthéon des grandes voix, sur les grands standards et aujourd’hui sur ses propres textes elle tient sa place aux côtés des plus grandes, d’hier et d’aujourd’hui.
A découvrir, à voir et à revoir, elle est au tout début d’une longue carrière.

Jean Barak

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire