White Stripes : Icky Thump

01/07/07 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

Icky Thump, le nouveau bébé des White Stripes, vient célébrer les dix ans de carrière du désormais célèbre duo. Faites chauffer les enceintes !
Et oui, déjà dix ans que Meg et Jack White ont lâché leurs premiers riffs garage-rock à Detroit. Après un petit détour de Jack White chez The Raconteurs l’année dernière, les revoilà donc pour cette sixième production. Son aîné, Get Behind Me Satan, album étonnant tranchant littéralement avec l’ambiance de ces prédécesseurs, avait dérouté bon nombre de fans des bandes blanches. Et pour cause, la guitare électrique avait pratiquement quitté la scène au profit du piano, marimba et autres instruments acoustiques. Quel chemin ce nouvel album emprunte-t-il donc ?

Tout d’abord, sur le plan technique, les White Stripes restent fidèles au bon vieux matos vintage. Ce nouvel opus a une fois de plus été enregistré en analogique (par opposition aux productions numériques, passant par ordinateur). Jack White utilise toujours sa guitare en fibre de verre, la Airline, et le bougre sait toujours aussi bien la faire hurler ! Retour aux sources donc ? Oui, et non… Ce nouvel album, contrairement à Get Behind Me Satan, se rapproche évidemment plus d’un De Stijl ou d’un Elephant mais le duo a su intégrer de nouveaux ingrédients à sa recette, histoire d’enrichir son blues-rock et de ne pas se contenter d’une simple copie. Enregistré à Memphis, l’album n’a en revanche pas grand-chose à voir avec la country !

Pochette de l’album

Le titre de l’album est une déformation d’une expression du Lancashire, comté du Nord-Ouest de l’Angleterre : ecky thump, qu’on pourrait traduire par chez nous par un subtil « bordel ! ». Et bordel, la première chanson, qui reprend ce titre, a le mérite de mettre l’album sur de bons rails ! Le texte parle de l’immigration aux Etats-Unis et dénonce les wasps (pour white anglo saxon protestants) de rejeter les migrants de couleur, notamment Mexicains : White Americans, what ? / Nothin’ better to do ? / Why don’t you kick yourself out ? / You’re an immigrant too. Le morceau, pêchu, se termine sur une minute trente d’instrumental, fait assez rare sur un single pour être souligné. Guitares et synthés déglingués sont de sortie, de bon augure pour la suite.

Puis se succèdent au fil des pistes des chansons dans la plus pure tradition des White Stripes, se rapprochant de leur son bluesy cradingue d’antan. La batterie de Meg est toujours aussi simpliste et diablement efficace, permettant de donner plus de relief au reste des compositions tout en leur donnant une sacrée pêche. Le son se rapproche parfois beaucoup plus d’un album de Led Zep, voire d’AC/DC, on assiste sur certaines pistes à une sorte d’improbable duo hard-rock. Jack White sait faire valoir son indéniable sens du riff (Rag & bone, Bone broke).

Cet album est sans doute le plus progressif des White Stripes. Certaines chansons sont même carrément étonnantes. C’est le cas de Conquest, où trompettes mexicaines se mêlent à un gros riff de guitare et à des chœurs entêtants, prodiguant un véritable halo d’énergie autour de ce titre. Au chapitre bizarreries, on notera également l’enchainement entre Prickly thorn, but sweetly worn et St Andrew (this battle is in the air), morceaux teintés d’une ambiance celtique due à la présence de cornemuse. On retrouve également quelques ballades folk (Effect & cause) rappelant les influences Dylanesques de Jack White.

Meg et Jack White sur scène (photo de Megan Cole)

Autre réjouissance au programme, Michel Gondry, qui a déjà réalisé des vidéo-clips pour les White Stripes (The hardest button to button ou Fell in love with a girl entre autres), sera à nouveau de la partie. Suite à une idée de tournage suggérée par Gondry, Jack White a composé un morceau pour répondre à cette proposition : I’m slowly turning into you. Les deux compères poussent ainsi leur collaboration encore un peu plus loin. Le résultat devrait une fois de plus être à la hauteur.

Agressif et tempétueux, minimaliste mais pas minimal, Icky Thump ne plaira sans doute pas à tout le monde. On peut même s’interroger sur l’avenir commercial du disque, qui ne rencontrera a priori pas le même succès qu’Elephant et son méga-tube Seven nation army. Il offre toutefois une autre facette du groupe et évite parfaitement bien la redite. Les deux compères prouvent une fois de plus qu’ils ont une bonne réserve de couleurs à leur palette et qu’ils n’ont pas fini de nous surprendre. Le meilleur album du groupe ? À vous de juger !

Line-up du CD :

Meg White : batterie, percussions, chant
Jack White : chant, guitares, claviers
Regulo Aldama : trompette (sur Conquest)
Jim Drury : cornemuse (sur Prickly Thorn, But Sweetly Worn et St. Andrew)

Tracklist de l’album :

1. Icky Thump
2. You Don’T Know What Love Is (You Just Do As You’Re Told)
3. 300 M.P.H. Torrential Outpoor Blues
4. Conquest
5. Bone Broke
6. Prickly Thorn, But Sweetly Worn
7. St Andrew (This Battle Is In The Air)
8. Little Cream Soda
9. Rag And Bone
10. I’M Slowly Turning Into You
11. A Martyr For My Love For You
12. Catch Hell Blues
13. Effect And Cause

Myspace :

http://www.myspace.com/thewhitestripes (la chanson titre, Icky Thump, est écoutable en ligne)

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3 commentaires

    Tralala  | 01/07/07 à 0 h 09 min

  • hey Matt,
    tu m’as donné envie de l’écouter ce CD!!

  • Marie  | 01/07/07 à 18 h 19 min

  • Idem, je sens que je vais aller me l’acheter demain…

  • Bertrand  | 11/07/07 à 21 h 59 min

  • I got it! I got it! Just have to listen to it now!! :)

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