Eric McFadden réveille une génération

16/06/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags :

Ce soir de mai devant le Café de la danse, on remarque d’abord la moyenne d’âge de la population alignée devant les portes : un bon 45 ans. Une dame à un type: “T’étais au concert de Queens of the Stone Age ?”. Plus tard dans la soirée, on apprendra de la bouche d’Eric McFadden que les légendaires hardeux étaient à Paris deux jours plus tôt. Rendez-vous donc au Café de la danse pour l’after des plus accros, avec sur scène un fan avoué de ses compatriotes américains de QOTSA.
Un père de famille bat le rythme sur la cuisse de sa femme. Il porte un polo rayé, un tatouage entoure son biceps. Il prend son pied, c’est clair.
A 45 ans, il semblerait qu’on intériorise son plaisir. Les vibrations du violoncelle électrique, des six guitares d’Eric McFadden, se ressentent au fond des tripes, où elles restent cachées, jusqu’à la dernière demi-heure du concert. Ici, quand on applaudit, c’est après réflexion, quand on hurle, c’est avec modération, quand on se lève, c’est que c’est la fin. Dans ces calmes conditions, McFadden a tenu plus de deux heures sur scène.

S’il faut le qualifier, disons qu’il est un peu plein de trucs, McFadden: très blues, très rock, un peu country, tenté par le flamenco parfois. Santiags, Levis, dreadlocks et tatouages qui lui couvrent les bras, on sent le guitariste qui a beaucoup tourné, longtemps resté en retrait derrière les stars. McFadden a entre autre accompagné en tournée Georges Clinton et Joe Strummer. Mais ce soir c’est lui le héros. Il apprécie mais prête volontiers la vedette à ses hôtes: le violoniste Pat McManus, et un sympathique jeune français, Gregg M, inconnu.

Ça pourrait être vexant de recueillir le plus grand nombre d’applaudissements sur les chansons des autres : en l’occurrence, Purple Haze de Jimi Hendrix, et Nirvana, Rape me, qui agite la frange moins de 30 ans de l’assemblée. McFadden ne s’en formalise pas, conscient de représenter plusieurs époques, plusieurs genres musicaux, entre lesquels il jongle volontiers. Face à lui on passe d’une ambiance western à un ralenti blues, intime. Le public descend dans la fosse, se rapproche de la scène, j’en vois même qui dansent !

www.ericmcfadden.com
http://www.badreputation.fr
Eric McFadden, Bluebird on fire, sorti le 12 mai 2011.
Photos © Mélanie Bert pour Envrak.fr

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