Faveurs de Printemps 2013, jour #1 : des oiseaux, du rhum et du boum

29/04/13 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , ,

« Faveurs de Printemps c’est une pause, une respiration dans le rythme effréné de nos quotidiens ». Durant 3 jours, 9 artistes d’horizons divers se sont succédé dans l’écrin précieux du Théâtre Denis et sous les vitraux de l’Église Anglicane de Hyères (83). Une édition éclectique et de qualité, une fois de plus à la hauteur de sa réputation de « festival de découvertes ».

♥ Julien Pras : comme un air de séraphin

P1010364Hyères, 19h. Un soleil radieux de fin de journée descend sur les pierres rosées de l’Église Anglicane de la ville, superbe bâtiment à l’aura un peu magique. Faveurs de Printemps, festival qui ose et prend des risques en programmant à chaque fois de jolies découvertes, fête cette année ses 9 ans d’existence. Avec la sortie d’un très bel album début 2013 (Shaddy Hollow Circus, salué par la critique), le songwriter girondin Julien Pras avait joué avec son groupe Calc lors de la toute première édition du festival. Huit ans après, c’est en solo qu’il ouvre ces 3 jours de festivités musicales.

Seul sur scène, le monsieur est petit, un chouïa timide et a la bouille de Robin William dans Will Hunting. Mais quand il ouvre la bouche, c’est comme si un ange survolait les voûtes du bâtiment. Digne héritier d’Elliot Smith (avec qui il partage le même grain de voix cristallin et les ambiances mélancoliques), Julien Pras offre un set épuré guitare-voix-loops, en totale adéquation avec le sacré des lieux. Les arrangements sont parfaits, l’émotion bien palpable. Ses balades douces-amères, aux harmonies et aux vocalises d’oiseaux à la Jeff Buckley, imposent le respect. Entrecoupées de silences et de pauses contemplatives, ses petites créations fragiles n’en sont que plus charmantes. Coup de cœur de la soirée pour sa simplicité et sa sincérité, Julien Pras à tout du prodige discret qui touche durablement.

The Red Rum Orchestra et la Belge attitude

P1010425Mi belge mi français, The Red Rum Orchestra est le fruit d’une rencontre entre le violoniste Baltazar Montanaro-Nagy et Peter Moerenhout (rédacteur de BD Plots) autour d’une page de bande dessinée, d’un verre de whisky et d’une guitare. Leur nouvel EP « Bloom » sorti en avril distille une folk minimale et gracieuse aux accents résolument pop. Sur les planches, le quintet livre un live folk acoustique tantôt joyeux, tantôt teinté de nostalgie.

Visiblement ravis d’être là, le violoniste habité danse, les guitaristes dégainent les sourires, le batteur énergique s’éclate pendant que le chanteur à l’accent bien belge et aux faux airs de David Bowie fait un peu d’humour entre les prises. Les morceaux eux s’enchaînent avec efficacité, alternant balades aériennes et folk tourbillonnant, jusqu’au single Beg to differ et l’épuré Shift, dont l’exécution « une guitare et deux voix » sonne l’accalmie. Retour ensuite aux guitares accrocheuses, aux échos rock avant un final étonnant de pep’s.

Bumcello : Boum Boum chez Denis !

C’est LE groupe qui a mis le feu au théâtre Denis et à la foule. Programmé en fin de soirée et une des « têtes d’affiche » du festival, le duo créé en 1999 et composé de Vincent Ségal et Cyril Atef, fait du trip-hop imprégné de sonorités dub. Avec 6 albums à leur actif, les deux compères ont longtemps accompagné -M- sur scène et en album. Inclassable, la formation touche à tous les styles musicaux, avec une vision métissée de la musique qui leur permet de jongler avec la world et l’électro (afrobeat, drum’n bass, dub). Toujours à la recherche d’expérimentations sonores, le duo donne toute sa dimension en live, où il peut laisser court à sa créativité.

P1010460Le set de ce soir ne fait pas exception et se base essentiellement sur de l’impro. Une batterie savamment accessoirisée, un violoncelle en forme de SG électrique et c’est parti pour une heure de total lâchage. Avec une parfaite complicité, le tandem, enchaîne à coup de percussions et de soupirs tribaux, des ambiances africaines, orientales, électro et même des passage plus jazzy issus des îles. Il fait monter des gens du public sur scène (qui se déhanchent au rythme effréné du tempo), un ami chanteur à la vocalise impressionnante (qui devient à son insu la star du show et qui fait monter la température d’un cran). D’abord étonnant dans ce lieu cosy plus taillé pour des sets intimistes, le groupe invite le public à entrer dans sa transe mystique sans prétention et à voyager parmi les sons du monde. Tout le monde se lève. Si les non musiciens peuvent rester un peu sur leur faim, Bumcello tient ses promesses de metteur d’ambiance festive.

Allez, il se fait tard, on va se coucher et on revient demain.

Plus de photos sur : https://www.facebook.com/Envrak

En savoir plus :
* https://www.facebook.com/julienprasfanpage
* http://theredrumorchestra.com/
* http://www.bumcello.com/page.php
* http://tandem83.com/concerts/festival-faveurs-de-printemps/

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire