Faveurs de Printemps 2013 Jour # 2 : l’émotion au rendez-vous

30/04/13 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , ,

faucille

Après une courte nuit de sommeil, c’est parti pour le 2ème soir, l’affiche la plus alléchante pour moi : Narrow Terence, Evening Hymns et Baden Baden. Rendez-vous à 19h à Hyères pour confirmer (ou pas).

♥ Narrow Terence : Talent with benefits

Narrow TerrenceQuoi de mieux qu’une église pour accueillir le dernier – et fabuleux- album de Narrow Terence, Violence with benefits, lui-même enregistré dans la chapelle Baroque d’Apt il y a quelques mois ? Le pari est relevé et avec “oh quelle grâce” ! L’évêque tabassé de la pochette du disque placardée sur une des colonnes immaculées du lieu fait un clin d’œil irrévérencieux aux vitraux racontant des scènes bibliques : la provocation tombe à point. Joli coup.

Peu après 19h, tout de noir vêtus, les gars entrent sur une belle scène improvisée et intimiste, sur laquelle ont poussé un piano à queue, 2 ou 3 guitares, un violon, une batterie et un trombone. Il y a 7 ans, le combo avait investi le Théâtre Denis : cette année, l’église leur va à merveille. La lumière est douce, l’impressionnant orgue surplombe la scène-autel d’une aura apaisée. Et puis, d’un coup, la voix bestiale à la Tom Waits d’Antoine Puaux (un des deux frères créateurs du groupe) s’impose, s’harmonisant parfaitement avec les arpèges en cascade et la chaleur du trombone. La reverb (murs en pierre oblige) est superbe, tout comme le violon. Les musiciens changent à tour de rôle de place et d’instrument, faisant preuve d’une maîtrise bien rodée. Passant d’une ambiance bluesy (le sexy Dinner), romantique dark à filer des frissons (le sublime instrumental Edgar A. Poe et Meeting with ghost) à des titres plus rythmés (Still waiting aux allures de single parfait et The weakness of the ship issu du précédent album), les Narrow savent tout faire et sont véritablement habités par ce qu’ils font. Yeux au ciel ou fermés, ils nous invitent à suspendre le temps avec eux, laisser primer la sensation et errer les fantômes, jusqu’au très beau final Wet dead horses, aux sonorités orientales, au rythme déroutant et tribal. Standing ovation. Merci Messieurs.

Evening Hymns : Top of the folk !

P1010585Pour les avoir vu jouer il y a quelques années dans la cave d’un pub irlandais, je savais que leur gig serait de qualité. Ce soir, les canadiens de l’écurie Kütu Folk viennent jouer leur très bel album Spectral Dusk, vraie belle claque de la rentrée, hanté par le souvenir du père disparu de Jonas Bonnetta, leader du duo. Il y a deux ans, le théâtre Denis avait invité le collectif entier qui fêtait ses 5 ans, mais Evening Hymns n’avait pas pu venir. Aujourd’hui, le barbu à l’aura charismatique aussi grande que son chapeau (qui le fait ressembler à un Tom Sawyer des bois) impose un respect total à l’assemblée, médusée dès les premières notes. Sa fidèle Sylvie Smith l’accompagne, sublimant les morceaux d’une voix envoûtante, contrepoint parfait à celle de Jonas, chaude et intense. Quand elle prend la basse, elle a encore plus la classe. Habitué à officier à deux sur scène, le duo est accompagné cette fois du batteur de Timber Timbre. Les titres de Spectral Dusk s’enchaînent tranquillement (Family Tree en ouverture, You and Jake, Cabin in the burn rythmé par de lourds tambours), tandis que Jonas jongle entre une vieille guitare acoustique et sa Fender jazzmaster pailletée. On a même la primeur d’entendre de nouveaux titres, moins dénudés et résolument plus enjoués. Loin d’êtres dépressifs, les gars se paient même le luxe de plaisanter entre deux chansons et en français avec le public. Le set se clôt sur le touchant Spectral Dusk, que Jonas interprète seul sur scène, convoquant une fois de plus, yeux aux ciels, le spectre du cher disparu.

Ce soir, dans le théâtre rouge et intimiste, la prestation des Canadiens de Toronto a confirmé tous les espoirs qu’on avait placé en eux. Un concert en forme de cadeau : un pur moment de grâce, intense et hors du temps.

La pop rêveuse de Baden Baden

Après un p’tit tour au merchandising et au bar où on croise des potes, les Narrow et les Evening Hymns, place à la pop raffinée made in France de Baden Baden. Si le joli morceau à la Girls in Hawaii You’ll see m’avait emballé, le live de ce soir est un brin décevant, surtout après les deux sets précédents, vraiment énormes.

baden badenPourtant, le groupe parisien formé il y a deux ans est plutôt bon. Alternant les morceaux chantés en français et en anglais (bien meilleurs), les cinq garçons dans le vent annoncés comme l’une des révélations de l’année (ils ont remporté le concours Bars en Trans SFR Jeunes Talents ainsi que le septième battle CQFD des Inrocks) déploient une artillerie d’instrument, de la guitare à la trompette en passant par le xylophone. Les mélodies sont mélancoliques, les paroles peuvent être tristes et les ambiances plutôt alanguies. Certains titres font penser aux atmosphères sombres et troublées de feu Mud Flow, sans toutefois atteindre la force du band belge. Sensible et sans chichi, Baden Baden est un groupe jeune et discret qu’on sent bosseur et rigoureux, amoureux des souvenirs couleur sépia et des images en super 8. Sa folk sage et onirique valse entre les cuivres, les guitares électriques et le glockenspiel sur une batterie surprenante et dansante, laissant toutefois comme une petite impression d’inachevé. Question de goût.

Plus de photos sur : https://www.facebook.com/Envrak

En savoir plus :
* http://www.envrak.fr/musique/narrow-terence-violence-with-benefits/
* http://www.envrak.fr/musique/playlist-2012-evening-hymns-spectral-dusk/
* http://tandem83.com/concerts/festival-faveurs-de-printemps/

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