Faveurs de Printemps, Jour #3 : des filles et des foufous

01/05/13 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , ,

P1010645Pour la soirée de clôture, l’affiche des Faveurs est résolument féminine. Un peu de pluie et du bon son encore pour cette troisième soirée riche en surprises.

Flip Grater : délicatesse à la néo zélandaise

Véritable icône dans son pays, la brune Flip Grater joue en trio ce soir dans l’Eglise Anglicane. Accompagnée d’un violoncelliste et d’un violoniste tous deux ébahis, la néo zélandaise porte une guitare et une robe longue d’un ancien temps. Susurrant une folk pure et émouvante s’échouant à merveille dans le silence des lieux, Flip Grater offre des balades romanesques remplies d’amour et de douce nostalgie. Les idoles Cat Power et Mazzy Star ne sont pas bien loin. Son amour pour la France non plus, comme lorsqu’elle entonne, non sans une certaine émotion, Le temps de l’amour de notre Françoise Hardy nationale. Éloge de la lenteur et de la délicatesse, la musique à fleur de peau de la douce miss Grater évoque alors le temps, le couple, l’absence et le besoin d’un chez soi (comme sur le final Be all and end all avec sa phrase répétitive “It’s time to go home”). La vie quoi.

Mesparrow : un Peter Pan électro en jupon

P1010670Un peu déçue par l’annulation -pour cause de maladie – de The Luyas que j’attendais particulièrement, c’est néanmoins avec curiosité que je vois arriver sur scène Mesparrow (dont la presse a pas mal parlé ces derniers temps). Remplaçant la troupe québécoise au pied levé, la demoiselle a fait le voyage en vitesse depuis Orléans. Et pour une surprise, c’en est une belle ! De son vrai nom Marion Gaume, la chanteuse ressemble à un Peter Pan féminin. Coupe à la garçonne, yeux espiègles et mini robe moulante, on la sent un peu impressionnée quand elle nous parle d’une petite voix charmante et carrément rebelle lorsqu’elle chante « I don’t want to grow up, I just want to fuck and get drunk ! ». Utilisant une console et des pédales loops qui permettent de repasser en boucle ses parties vocales, elle se fabrique son orchestre, à coup de bruits d’oiseaux et d’instruments tribaux qu’elle exécute de sa bouche (on pense forcément un peu à Camille). Disco, électro, jazzy ou au piano (notamment pour une belle cover du classique Stand by me), Mesparrow conquiert le public et le met dans sa poche. Avec sa reprise drôle et surchauffée de My heart belongs to daddy, on est définitivement sous le charme. Rafraîchissante, dynamique, humble et touchante, Mesparrow mérite bien le petit buzz dont elle a fait l’objet.

♥ GaBlé ou la fête des fous

GaBléC’est ensuite au tour de GaBlé de prendre possession du Théâtre Denis. Le terme « musique expérimentale » peut faire un peu peur et ne connaissant pas du tout le 3ème groupe programmé de la soirée, je m’attendais au meilleur comme au pire. Dixit les trois compères Mathieu, Gaëlle et Thomas, le projet un brin loufoque GaBlé est « l’histoire de deux batteurs qui se sont mis à la guitare et d’une fille qui a appris à jouer des claviers en collant des gommettes de couleur sur les touches ». Et en effet, on est dans l’ambiance dès les premières notes. Crée en 2002 à Caen, le groupe adepte du bricolage musical fait maison est un condensé d’espièglerie et d’idées bouillonnantes. Sur scène, ce sont des gosses qui s’amusent d’un rien… et respirent le bonheur ! Se faisant manifestement plaisir, arborant la banane jusqu’aux oreilles, ils distillent une énergie communicative à un public bien réceptif. Livrant un joyeux bric-à-brac imprégné de nonsense et humour décalé au énième degré, leur set se rapproche parfois plus de la performance d’acteur (ils se prennent pour des indiens et Elvis notamment) que d’un simple concert de postpunk.

Un univers inventif et pertinent, une bande d’excentriques drôles et attachants qui utilisent des cagettes, des ustensiles de cuisine cabossés et des pipos fluo pour bricoler leur son, une joie créatrice qui fait plaisir à voir : voilà aussi l’esprit Faveurs de Printemps. Grâce à un bidouillage électronique parsemé de flow hip-hop, de rock festif, voire de country (!) ou de krautrock (notamment avec le morceau Pink Cut), la folk déglinguée et fantaisiste de GaBlé clôt ces 3 jours de découverte avec panache.

A l’année prochaine !

Plus de photos sur : https://www.facebook.com/Envrak

En savoir plus :
* http://www.flip-grater.com/
* http://mesparrow.com/
* http://www.gableboulga.com/
* http://tandem83.com/concerts/festival-faveurs-de-printemps/

Lire aussi :
* http://www.envrak.fr/musique/faveurs-de-printemps-2013-jour-1-des-oiseaux-du-rhum-et-du-boum/
* http://www.envrak.fr/musique/faveurs-de-printemps-2013-jour-2-lemotion-au-rendez-vous/

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