Festival les inovendables, neuvième

23/11/16 par  |  publié dans : A la une, Festival, Musique, Scènes | Tags : , , , , ,

Leda atomica Brecht

 

Cabaret

C’est un festival « en sous sol » porté par Leda Atomica Musique, les anglophones disent underground.
Le titre laisse entendre qu’il est innovant et vendable, mais sans le o il devient invendable. A dire le vrai Berthold Brecht et Kurt Weil ne sont pas des perdreaux de l’année, ils nous ont abandonné depuis longtemps, mais leurs chansons, opéras et autres pièces de théâtre sont d’une actualité brûlante. Encore plus depuis que la vague néofasciste se transforme en tsunami, on l’appelle aujourd’hui populisme, mais c’est le retour du refoulé des dictatures et autre candidats tortionnaires, «Des prêtres des traîtres et des reîtres ». Non ce n’est pas du Brecht, c’est du Prévert, qui n’est pas seulement comme le croient les béjaunes le nom d’une médiathèque, d’une M.J.C. ou d’un collège.
« El Kabaret » est une coupe transversale dans l’œuvre brechtienne, sous-titré « L’homme est bon mais le veau est meilleur ». C’est une antiphrase, pour Brecht l’homme serait plutôt une hyène pour l’homme, un charognard : quand les dieux descendent au Sichuan pour trouver une bonne âme il ne trouvent qu’une prostituée au grand cœur.
Brecht est l’homme de l’opéra des gueux, traduit improprement de quatre sous, ça l’édulcore.
La troupe de Léda Atomica n’a pas besoin de forcer son talent pour l’incarner, ils jouent de leurs trognes et de leurs dégaines pour faire vivre son univers. Si il y a une jeune première parmi eux, elle est suffisamment grimée pour qu’on ne la reconnaisse pas.

Leda atomica Brecht

Spectacle de rue

C’est un spectacle de rue pour douze comédiens échappés de la cour des miracle. A l’étroit sur une scène ils mènent tambour battant -celui des batailles et de la mère courage- un spectacle que nous nous surprenons à connaître par cœur, bien qu’il fut inédit. Invendable ? Il pourrait faire les ouvertures de saison de tous les services de la culture et de tous les théâtres, pour autant que le théâtre de Brecht ne soit pas bientôt interdit, comme celui de Dario Fo ou même celui de de Shakespeare, plutôt irrévérencieux pour les puissant de ce monde. Un spectacle incorrect et flamboyant, dans l’urgence, pendant qu’il est encore temps.

Leda atomica Brecht

 

L’air du temps

« Vous qui viendrez après nous, pensez à nous avec indulgence » demandait humblement Brecht, aujourd’hui ce serait plutôt à l’humanité perdue de le lui demander, nous, impuissants devant les génocides en cours, sous les bombes ou dans les embarcations de fortune, honteux de nos édiles qui regardent ailleurs en se pinçant le nez et referment les frontières. Aujourd’hui 22 novembre 2016, du côté de la frontière italienne, un jeune homme est devant les juges pour avoir secouru deux jeunes femmes en détresse mais sans papier, survivantes de la Grande Noyade. Voilà, on sait enfin aujourd’hui qui sont les criminels ! Kurt Weil et Bertholt Brecht revenez, plus que jamais nous avons besoin de vous !

Leda atomica Brecht

Et encore

Ça ne doit pas nous faire oublier « Flamenc’Oriental », le spectacle en cours de peaufinage de Tchoune, gitan d’Aix-en-Provence, fils de réfugiés gitans espagnols chassés par le fascisme, avec Fouad Didi, violoniste algérien. Après avoir chanté avec les tziganes, puis des chants sacrés du monde occitan, décliné du Lorca avec Manuel de Falla dans « flamen’Classico », il continue sa recherche de métissage entre le flamenco puro et ses cousins proches ou lointains. Un événement, le dimanche 27 novembre à 18h.
Suivront Eleni Bratsou et Kalliroï Raouzaiou, deux chanteuses qui pourraient bien venir de Grèce pour manger le pain de nos gitans, le vendredi 2 décembre . Suivront Belphegorz et Holy Barrel, du rock des années 50 jusqu’à la punk attitude, le samedi 3 décembre. Martine R. et du Jazz le 9 décembre, enfin le samedi 10 un auteur compositeur interprète inclassable, David Lafore.
Avant le couvre feu qui pourrait bien suivre l’état d’urgence.

 

Leda atomica Brecht

 

Renseignements au 04 96 12 09 80 et sur ledatomica.mus@free.fr
63 rue Saint Pierre 13005 Marseille.

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