Fiesta des Suds : Damon Albarn… et l’hypnotique Poison

04/11/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , ,

On a cru apercevoir Damon Albarn sur la scène du grand chapiteau, à l’occasion de l’ultime concert de la Fiesta des Suds. On continuerait à douter, trois jours après, si on ne gardait de cette soirée le souvenir de Damon, seul au clavier, chantant le titre Poison, devant un public de fans jusqu’alors extrêmement frustrés. On rembobine : deux heures auparavant, une foule compacte se massait déjà au pied de la scène. Mauvaise nouvelle pour l’envrakée de 1m55 dépêchée sur place, rapidement convaincue que pour ne pas céder à la panique et à l’envie folle d’étêter les géants alignés devant elle, il faudra assister au concert de loin. Déception. Et puis elle se souvient qu’elle travaille aussi pour un journal associé à la Fiesta, et qu’elle a le droit d’accéder à la meilleure place : celle réservée aux partenaires du festival. Bonheur. Du concert, on ne loupera donc absolument rien. Au début, on cache sa joie, pour ne pas ressembler aux fans hurlants entassés quelques mètres plus loin. Au bout de quelques morceaux, on n’aura plus besoin de la cacher… De la joie, on n’en éprouve plus aucune, car l’évidence vient de nous écraser : ce soir, on n’entendra pas chanter Damon, l’idole de nos 17 ans, le seul musicien dont on a pris soin de suivre le parcours, de Blur à The Good, the Bad and the Queen en passant par Gorillaz (ça, c’est la période de sa carrière qu’on aime le moins), Mali Music, Monkey, Journey to the West, Doctor Dee… ou encore les bandes originales de films auxquelles il a participé.  On avait même assisté, voilà quelques années, aux premiers (et derniers) pas de Damon au cinéma. C’était dans le très beau polar Face, d’Antonia Bird, aux côtés de Robert Carlyle. En 2009, Blur s’était reformé à l’occasion d’un concert à Hyde Park. On avait alors envisagé l’éventualité de faire le voyage, mais toutes les places avaient été vendues en 5 minutes. L’annonce de la venue de Damon Albarn à Marseille était donc une aubaine. Celle de la présence, à ses côtés, des membres de Honest Jon’s, une curiosité. Forcément, on aurait dû voir venir le drame : sur le programme de la Fiesta, la mention “featuring” était placé devant le nom de Damon. Mais toute à la joie de le voir enfin sur scène, on n’en avait pas fait cas.

La star a fait acte de présence

C’est donc à un concert de Honest Jon’s qu’on a assisté dimanche soir. Ou plus précisément, à l’un des groupes issus du label Honest Jon’s, initié par Damon Albarn. Ce soir-là, on l’a appris en direct de la bouche de la star, les nombreux musiciens réunis sur scène, dont la sublime chanteuse malienne Fatoumata Diawara, se sont rassemblés sous le nom de Rocket Juice and the Moon. On a pu y découvrir, pêle-mêle : Flea (bassiste des Red Hot Chili Peppers), Tony Allen (ancien batteur de Fela), Theo Parrish, Cheick Tidiane Seck, l’Hypnotic Brass Ensemble de Chicago aux cuivres (on les a trouvés épatants), les sud Africains Nkata Mawewe, Dog et Sjendo, le ghanéen M.anifest. Et Damon. Au milieu de tout cet étonnant brouhaha, le chanteur, souvent au clavier, trop rarement au micro, a donc fait acte de présence. Une manière, sans aucun doute, d’assurer dans les meilleures conditions le lancement médiatique du projet Honest Jon’s. Dés le premier morceau, les fans s’agitent. Au second, les doléances fusent, le public appelle Damon Albarn, mais Damon Albarn s’en fout. Il s’est installé au fond de la scène, apprécie visiblement la prestation de ses poulains, et par moment, remue les bras à la manière d’un chef d’orchestre pour calmer les ardeurs de ses musiciens. On devine les mots qu’il leur adresse : “calm down !”, notamment. On aimerait ajouter “Let him sing, bordel !

Et puis finalement, Damon prend le devant de la scène, et se met à chanter sa dernière création. Poison, qu’on persiste à considérer comme le plus beau titre du concert. Mais on est partial, alors ça ne compte pas… Après ça, on écoute le reste du show d’une oreille distraite (on n’en parlera donc pas dans notre article, c’est injuste mais c’est ainsi), on garde un œil sur notre idole, qu’on ne reverra pas de sitôt sur scène, et on décide qu’en rentrant à la maison, on écoutera pour la énième fois l’album de The Good, the Bad and the Queen (ce que Damon a fait de mieux depuis Blur, selon nous). Finalement, on écoutera à nouveau Poison, mis en ligne dans la foulée, et qu’on vous fait même partager ci-dessous. En glanant des infos sur le net, on apprendra que The Good, the Bad… prévoit une nouvelle tournée, la première depuis trois ans. On espère que le groupe passera par le sud de la France. S’il le faut, on ira les écouter à Londres, si on a la chance d’être parmi les premiers servis quand la billetterie sera ouverte. Parce qu’on sait que cette fois, on entendra chanter Damon.

(Le titre est également disponible sur la chaine youtube de Rocket Juice and the Moon, avec une meilleure qualité de son, mais sans image)

Photos : Holden

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