Fiesta des Suds : Seun Kuti, Celso Pina… et les cow-boys

26/10/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : ,

Vendredi, c’est une soirée 100% Sud qui nous a été offerte à la Fiesta avec un Seun Kuti digne successeur de son père, un Celso Pina indémodable, et un collectif mexicain qui joue aux cowboys Ipad à la main. Afrobeat, sonorités Latino et audacieux mélanges de genres, il fallait bien ça aux Marseillais pour les réchauffer…

SEUN KUTI & Egypt 80, « le roi est mort, vive le roi ! » ?

Les musiciens d' Egypt 80

20h30. Une fois n’est pas coutume, les 14 musiciens d’Egypt 80 entrent en scène sans le chanteur, et le trompettiste joue les chauffeurs de salle pendant bien dix minutes histoire que le Roi Seun soit accueilli par un public en émoi. Le dépaysement s’amorce d’emblée, l’Afrique noire a investi les lieux avec ses cuivres, et ses percus et titille nos pieds que l’on mettrait presque à nu comme l’ont fait les deux belles choristes tunées à l’africaine. Sans pudeur, les musiciens balancent leur Afrobeat aux rythmes ensorcelants en pleine poire.

Seun Kuti

Il ne faudra pas plus de 30 minutes pour que le Chapiteau – musiciens compris –  soit en transe totale. C’est à se demander où Seun Kuti trouve la force pour enchainer chants, saxo, et danses euphorisantes. Suivant l’exemple de son père, le musicien Fela Kuti, il dénonce les maux de l’Afrique : la mentalité coloniale, les richesses mal partagées, les magouilles qui gangrènent les gouvernements et le business ; et prône la légalisation de la Marijuana, allant jusqu’à faire scander à la foule un « Plant it and make it grow !». Seun déborde d’énergie, et arpente la scène dans tous les sens mimant de façon théâtrale et viscérale, les paroles de ses chansons. Egypt 80 excelle dans les rythmiques et les arrangements, déployant une musique riche au profit des discours de Seun, mais ne l’oublions pas, hérités de son père. Au final l’ensemble de la bande invite à lever les deux poings sur des sons entrainants pour réveiller l’Afrique et l’Occident. Sous ses airs de révolté, Seun Kuti – véritable show man – en nage au bout d’une heure, se fait aider par un percussionniste pour retirer sa chemise et offrir son torse tatoué au public qui siffle à tout va. Seun a la banane, le public l’en remercie.

 CELSO PINA, El Rebelde del accordéon

Réchauffés par les rythmes africains, on se dirige à l’intérieur des Docks pour s’offrir une pause « saveur marocaine » fort appréciée : thé à la menthe, petits gâteaux orientaux et crêpes salées marocaines (un pur délice). On dégustera le tout face à Seun Kuti qui, lui, est venu se faire interviewer sur le stand de Radio Grenouille, une radio locale marseillaise. Inutile de s’attarder, on ne comprend pas un traître  mot de ce qu’il raconte tant la Fiesta bat son plein dans les deux salles avoisinantes. Alors, direction le Cabaret. C’est une légende vivante de la musique mexicaine –  parait-il – qui y a pris place depuis bientôt une heure. On pousse les portes battantes et on découvre une petite salle bondée dansant sur les rythmes endiablés d’un accordéon et la voix forte et enjouée du maître. Musique traditionnelle issue de la Cumbia mêlée aux sons actuels de guitares électriques, Celso Pina, loin d’être ringard malgré ses 40 ans de carrière, vous embarque avec son “Venga Venga” festif. Mais aux premières notes rappelant étrangement la Lambada, on se dit que c’est  bien sympa, mais qu’on préfère l’originalité. On file, avide de curiosité, découvrir ce qui se cache dans la Salle des Sucres…

NORTEC, les Daft Punk mexicains ?

23h, c’est par hasard que l’on retrouve le collectif mexicain NORTEC dans la petite salle des Sucres, alors que le show était initialement programmé sous l’immense chapiteau extérieur… Les cowboys mexicains, comparés à Daft Punk sur le continent sud-américain, n’auront pas fait se déplacer les foules à Marseille, même avec 3 Grammy Awards dans leurs valises. La faute au cafouillage de l’organisation qui a changé le lieu du show, ou à un désintéressement du public ? On parie sur la première hypothèse, car les Mexicains tout droit venus de Tijuana nous ont embarqués dans un univers sonore festif à mi-chemin entre musique traditionnelle folklorique aux accents de polka issue de la nortena, et musique techno ultra-branchée qui aurait mérité de faire sauter l’applaudimètre. Les deux Dj’s, Fussible  et Bostich, grimés en cowboys mexicains, Ipads à la main, accompagnés d’un accordéoniste et d’un trompettiste, ont délivré une fusion des genres ultra tendance apte à séduire les clubbers du monde entier, qui se déchainaient jusqu’à présent sur de l’électro rehaussée de live de saxo ou de percus tribales dans les boites branchées. Avec Nortec, la tendance va évoluer et on devrait bientôt voir apparaitre des accordéonistes, chapeau de cowboy vissé sur la tête et santiags aux pieds pour donner une saveur pimentée à un set fadouille. Du show, on retiendra que l’on en a pris plein les oreilles à grands coups de « pom pom pom » de trombone ; mais aussi plein les yeux avec, outre la tenue de scène des dj et musiciens et l’utilisation d’instruments hightech (Tenori-on, Ipads), une excellente performance live du Vj qui a servi des cowboys sauce Tex-mex en entrée, en plat et en dessert. C’est que ça se travaille, une telle image… Seul petit reproche technique : des transitions parfois hasardeuses entre les morceaux là où on aurait préféré qu’il n’y ait aucune coupure, tel un bon set de DJ.

    
Photos : Joël Capra

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