Fiesta des Suds : un remède contre l’ennui

24/10/13 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , ,

Fiesta des Suds

La Fiesta des Suds, ce n’est pas un simple festival de musique. C’est aussi un lieu historique (le Dock des Suds à Marseille), un esprit de fête, une ambiance chaleureuse et des gens sympas. Chaque année à la même saison, le Dock reçoit cet événement qui rassemble des personnes de tout âge et de tout genre. Et si la Fiesta des Suds fait l’unanimité, c’est d’abord pour son esprit et son ambiance caractéristique: le Dock des Suds, c’est comme une petite ville en plein cœur de Marseille. En levant la tête on aperçoit un gratte ciel à l’extérieur des murs, mais à l’intérieur c’est un dédale de petites ruelles remplies de musique et de bonne humeur.
Cette année, pour faire face à l’hiver précoce, le programme rassemble des musiques qui réchauffent, en passant du reggae au rock latino, pour rejoindre des musiques plus traditionnelles, mais aussi de l’électro et du rap.
Autant l’avouer : la majeure partie des artistes présents ne nous parle pas vraiment. Mais on a voulu les découvrir. Et on a bien fait.

Vendredi 18 octobre 2013

Il est presque 19h et la foule se presse déjà le long des barrières. Si de l’extérieur, le bâtiment paraît plutôt simple, en rentrant on a le souffle coupé: comme dans un mini village, les scènes s’organisent le long de petites ruelles éclairées par des lampions et des sortes de guirlandes de noël. Il y a un bâtiment central qui regroupe deux scènes: le Cabaret et la Salle des Sucres, ainsi qu’un salon de thé et même un petit restaurant de pizzas. A l’extérieur, une allée est consacrée aux stands de nourriture exotique et la grande scène se trouve sous un immense chapiteau. On a l’impression de se balader dans une ville où la musique résonne partout.

Après un repérage rapide des lieux, une fanfare commence à jouer et rassemble de nombreux passants: c’est la Banda du Dock. Composée de cuivres, de percussions et d’instruments à cordes, cette troupe rassemble des hommes et femmes de tout âge avec des blasons de groupes comme AC/DC ou The Who, cousus sur leurs tenues. Peu conventionnelle, la Banda du Dock reprend des airs célèbres, de l’électro (On’on de Justice) au métal (Te Quiero Puta de Rammstein) et avec un chanteur qui se sert d’un mégaphone doré comme d’un micro. Le festival vient à peine de commencer et la musique fait déjà son effet.

banda du dock

20h: les premiers artistes devraient arriver d’un moment à l’autre. Sur le programme, Puissance Styles – un groupe de Danse Hip Hop – passe dans la Salle des Sucres, mais une fois arrivé à destination il n’y a personne ni dans la salle, ni sur la scène. La Fiesta vient de nous faire sa première blague. Autant aller voir ailleurs : à l’extérieur direction le Chapiteau où le groupe Che Sudaka doit se produire. Heureusement, cette fois ci la foule et les artistes sont présents, et ça s’annonce plutôt bien. D’origine colombienne et argentine, les membres de ce groupe se répartissent le chant, la guitare et l’accordéon. Sur scène, Che Sudaka fait un peu penser à Manu Chao ou à Zebda avec une musique latino rock entraînante et des paroles engagées. Les chanteurs Leo et Kachafaz enchaînent sauts et pas de danse, entraînant une foule déchaînée avec eux. Le mélange Che Sudaka et Fiesta des Suds a ravi les spectateurs: c’est un cocktail réussi.

Au même moment, dans la Salle des Sucres, la chanteuse réunionnaise Christine Salem fait vibrer le public avec sa voix ensorcelante. Après Che Sudaka, c’est une ambiance beaucoup plus reposante. L’artiste nous fait découvrir le maloya, ce genre musical typiquement réunionnais qui mêle des instruments traditionnels (le kayamb ou le roulèr par exemple). La voix puissante de Christine Salem nous emporte loin, là où en ce moment, le soleil brille…

22h: après ces deux premiers concerts plutôt réussis, c’est encore un autre style musical qui doit prolonger la soirée sur la scène du Cabaret, avec le DJ marseillais Thibault Garenq. Le programme parle de sa musique comme du “nouveau son électro”. Pourtant, après 30 minutes de retard, c’est un DJ muet qui monte sur la scène: sans aucune présentation il démarre sa musique, allume sa cigarette et puis secoue sa tête comme pour suivre le rythme. Le manque d’organisation et une musique qui est en fait de la techno basique, déçoivent quelque peu… Seulement 10 minutes seront accordées à ce DJ peu causant.
Heureusement dans la Salle des Sucres, le groupe de rock Temenik Electric rattrape cette petite frustration. D’origine marseillaise, les cinq membres de ce groupe mélangent funk, rock et musique arabe, ce qui donne un résultat plutôt positif. Leur musique tantôt planante, tantôt agitée, laisse découvrir au public la beauté de la langue arabe associée à des messages engagés.

Fiesta 2

23h: c’est maintenant l’heure de retourner au chapiteau, où la majeure partie des festivaliers sont rassemblés. Et si toute la Fiesta des Suds -ou presque- s’est donnée rendez-vous ici, c’est pour la tête d’affiche de la soirée: IAM. Après une date aux États-Unis pour son nouvel album (Arts Martiens), c’est ce soir là que le célèbre groupe de rap marseillais a décidé de faire son premier concert de la tournée française. C’est un retour réussi avec un public effervescent et très agité, qui accompagne de vive voix les cinq membres du groupes sur les chansons et notamment lors du refrain de “Nés sous la même étoile”.

Après un show bouillonnant d’énergie, c’est un retour au calme à la Fiesta des Suds.

Bien que la soirée ne soit pas totalement terminée on franchit les barrières de sortie. On l’a bien compris, ce festival puise toute notre énergie si on veut le vivre à fond. Mais le repos sera de courte durée, puisque dès demain 19h, c’est reparti pour une soirée pleine de sonorités africaines, d’électro et de rap.

(Photos : A.M.)

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