“Flaming Pie” : un chaleureux travail de mémoire

29/11/11 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags :

Une dizaine de compos solides, quelques potes talentueux, une bonne dose d’acoustique, une pincée d’envolées orchestrales. Cuisson thermostat 4, 4 garçons dans le vent : Flaming Pie voit Mc Cartney faire le boulot à l’ancienne. Roll up roll up !

En 1995, les Beatles sont de retour ! Free as a Bird, démo de John travaillée par Paul, George and Ringo. On n’y croyait plus depuis que George Harrison, lucide, avait affirmé que les Beatles ne se reformeraient pas tant que Lennon serait mort. La démo de Lennon est défigurée et la greffe ne prend pas. Cette chanson sert de promo à l’Anthology des Beatles, escapade complète au cœur des Beatles, par les Beatles. Le travail de mémoire est réel pour les ex fabs et l’effet franchement revigorant pour Macca. Presque 27 ans après Mc Cartney, il est de retour à la ferme et a convié d’autres invités que femme, chiens et enfants.

En 1970, Paul cherchait à s’émanciper des Beatles. sur Flaming Pie, il ferme les yeux et s’imagine de nouveau dans la peau de l’adolescent qu’il était. The Song we were singing, où l’introspection Beatles de Flaming Pie trouve son mode d’emploi. Mc Cartney veut retrouver l’atmosphère de sa jeunesse, de ses potes, de leurs discussions enfumées, de leurs rêves et récupérer la substance de ces premières compos. Le coup de main à la production de Jeff Lyne est pertinent. On s’installe avec plaisir dans cette vielle locomotive à destination du passé glorieux de Macca. The World Tonight, Mc Cartney hurle sur le toit, les cheveux dans le vent. Un bon riff à la guitare électrique et Paul ressort sa cape de Little Richard. Le voyage ne peut pas mieux commencer…

L’une de ses plus belles déclarations d’amour

Arrêt brutal avec If You Wanna, Mc Cartney nous fait un bœuf rock n’ roll en studio avec les musiciens présents, dont Steve Miller. Même idée pour Used to be bad et Really Love You : on s’ennuie un peu, presque gênés d’avoir été conviés. Retour dans le Flaming Pie Express, le train repart dans une brume épaisse, Georges Martin en profite pour s’installer discrètement aux commandes. L’atmosphère est irréelle, le temps suspendu, et Mc Cartney en éternel baladin, chante l’une de ses plus belles déclarations d’amour. Sa Linda est gravement malade, et le disque est parsemé de délicates intentions, de peurs,  de réconforts, de douces étreintes. Ainsi Calico Skies, Heaven on a Sunday ou Souvenirs dans différentes teintes de mélancolies, sont d’une beauté troublante.

Si la tristesse a quelque chose d’apaisant dans la musique de Mc Cartney, un petit remontant s’impose et l’on se presse au wagon bar. On y croise le fantôme de Lady Madonna avec la remuante Flaming Pie. La nuit tombe et Paul nous la souhaite bien bonne. Chouette, c’est un train couchette ! Beautiful Night réunit Paul Mc Cartney, Ringo Starr, George Martin et son orchestre. Peut-être est ce déjà un rêve, mais on plane sur la fin en apothéose, en apesanteur entre Penny Lane et Strawberry Fields. Fin du voyage, Mc Cartney nous réveille en douceur, avec un Great Day, trésor retrouvé du début de l’aventure solo.

 

 

Dans le prochain épisode, avec Chaos and Creation in the Backyard de 2005, Mc Cartney rencontre le George Martin du troisième millénaire en la personne de Nigel Godrich.

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