Garorock : festival éclectique

01/05/10 par  |  publié dans : Musique | Tags :

La 14° édition de Garorock était, pour tout festivalier voulant ouvrir la saison en grande pompe, LA meilleure occasion de sortir de la trêve hivernale !
Le Garorock (qui se déroule à Marmande, dans le sud est), c’est : 3 jours de concerts, plus de 70 artistes, 3 scènes, 56 000 spectateurs, 25 000 campeurs, 4 tonnes de déchets par jour (sur le seul site du festival), 200 bénévoles, 150 techniciens… A cela viennent s’ajouter les centaines de kilomètres parcourus par les spectateurs, venus en nombre de toute la France, voire de l’étranger (Espagne, Italie, Allemagne, Portugal…)

1° jour

Après avoir parcouru toutes ces heures de trajet, le scénario est le même pour tous : monter sa tente au son des appels à l'”APERO” criés de tous les côtés à travers le camping. Mais après un ou deux verres, il est déjà l’heure de commencer à faire la queue : les navettes amenant au parc des expos sont déjà bien remplies…Tant pis pour l’attente, pour 2€ elles nous transporteront à volonté tout le week-end, sans avoir à souffler dans le ballon ! Une fois arrivé sur le site du festival, tout va très vite s’enchaîner.

19h30 : Première claque, première découverte : « Solillaquists of Sound ». Du Hip-Hop alternatif. Comprenez, un mélange de Hip-Hop, Drum’n Bass, Trip-Hop, Rock, Nujazz. Les voix du MC et celles des deux chanteuses offrant un contraste et une mixité impressionnante. Le DJ complètement survolté derrière ses platines, qui tout le long n’aura pas cessé de varier les styles,
se lâche en envoyant un mélange d’Electro brute et de Drum’n’Bass qui finira de conquérir les spectateurs. A la sortie : les sourires se lisent sur tous les visages, tous en redemandent… Rien à dire, pour ouvrir le festival on n’aurait pu rêver mieux !

On est à peine remis que débarque sur scène un petit bout de femme, dont on entend de plus en plus parler, notamment grâce à ses deux victoires de la musique : Izia. Pour qui ne sait pas à qui il a affaire, les centaines d’adolescentes fringuées chez Petit bateau laissent présager un concert pour boutonneux fan de Tokio Hotel… Que nenni ! Après deux-trois morceaux, la Halle Expo semble déjà contaminée et conquise par l’énergie de la jeune femme de 19 ans. A l’apogée de son concert, Izia s’amuse avec son public comme une monitrice de colo et arrive à arracher des cris en chœur de tout le public… Elle a tout d’une rock star, surtout le talent !

Minuit sonne déjà, annonçant un retour sur scène très attendu, celui de Raggasonic. Le Grand Chapiteau était déjà bien rempli avant leur arrivée, mais dès les premières notes, c’est toute la foule qui s’empresse pour voir les deux chanteurs distiller leur reggae. Les classiques s’enchainent, et la foule repartira ravie d’avoir pu assister à la reformation sur scène de ce groupe mythique.

Dans le même temps, du côté du Hall Expo, c’est Le Peuple de l’Herbe qui s’installe, devant des spectateurs moins nombreux, mais tout autant acquis à leur cause. Les aficionados du Peuple resteront un peu déçus par la performance, tandis que ceux qui les découvrent y retourneront avec plaisir. Et puis, comment ne pas succomber au groove du trompettiste ou au flow impressionnant de Sir Jean ?! Encore une tournée qui promet, avec de nouveaux titres toujours innovants et accrocheurs.
Au Hall d’Expo, on reste dans la veine Reggae-Dub avec les Rootz Underground, encore une très belle découverte, dernière de la soirée, mais non des moindres. Après un bon moment d’ambiance Reggae-Ragga, place à l’électro et aux platines ! Les Crookers ouvriront le bal en prenant la place des Raggasonic, histoire de préparer les oreilles à recevoir un Dj set de Pendulum aussi puissant que bref (1h15 de bonheur, c’est court). Et enfin, pour les festivaliers qui en voudraient encore, c’est le live set de Popof qui conclura cette première journée de concerts. Avec son électro oscillant entre la minimal, l’expérimental et la tek.

2° jour :

C’est encore avec de nouvelles claques que l’on est accueilli au Garorock, de celles qu’on aime se prendre !

Des Guitares Rock et une voix résolument Soul : c’est le groupe The Heavy qui vient surprendre le public chanceux du samedi, la journée se déroulant à guichets fermés. La formation anglaise est à l’image du festival, éclectique au possible : chant soul, hip-hop, cuivres envoutants façon James Brown, riffs de guitares passant du Rock au Blues, les mélanges n’en finissent plus de détonner (et d’étonner)

Une deuxième journée placée sous le signe de la Black Music et des Femmes. De Nneka en passant par Miss Platnum, Duchess Says, ou encore Gizelle Smith il y avait de quoi tomber sous le charme plus d’une fois ! Celle que l’on attendait, tout en la redoutant, c’est la pluie, battante et bien présente.
Qu’à cela ne tienne, c’est à grand coup de bonne humeur et de Hip-Hop cuivré que la bien nommée fanfare “Hypnotic Brass Band” nous fait oublier les caprices de la météo, faisant carrément disparaître les nuages du ciel de Marmande… Du moins pour un temps !

Cette journée sera entre autres marquée par les prestations de Ghinzu, (le groupe de Rock belge fait mouche avec un show impeccable).
Le Trip-Hop gagnant à tous les coups de Wax Tailor était accompagné d’une pléthore d’artistes, notamment les récurrents tel Charlotte Savary et sa voix envoutante, ou encore les rappeurs A.S.M qui savent comment faire bouger la foule.
Pour le coté ‘Roots’ c’est le monstre sacré ivoirien Alpha Blondy qui assurera ce samedi soir un spectacle réjouissant et plein de vie. A bientôt 60 ans, le rastaman n’a rien perdu de l’énergie qui avait séduit les parents et continue de ravir la nouvelle génération, tous deux venus en masse saluer cet artiste hors-norme.

C’est avec le fameux Mr Oizo que ce conclura la nuit devant un parterre d’amateurs de musique électronique. Il réussira à faire clamer le refrain ‘’nous sommes des animaux” à une foule en liesse, complétement déchainée… Pour peu, on croirait bien avoir affaire à des animaux !

3° jour

Comme le veut l’adage : Jamais 2 sans 3.
Ce sera donc au tour de Mass Hysteria de mettre cette dernière claque !
Sans être surpris, on reste quand même scotché. Que ce soit dans la fosse ou sur la scène, tout le monde semble enragé.
Pour entamer cette dernière journée tournée cette fois davantage vers le coté Rock-Metal de la chose, Mass Hysteria nous met mieux dans le bain que le groupe Sepultura quelques heures plus tard, le groupe ne semblant avoir gardé de mythique que son nom.
Le départ des frères fondateurs du groupe (Max et Igor Cavalera) s’est lourdement fait ressentir.
On retiendra plus volontiers le set Live de DJ Zebra, entouré pour l’occasion d’un orchestre de six musiciens qui auront enjoué ses bootlegs improbables et plus délurés les uns que les autres.
Délurés, c’est bien le mot adéquat pour qualifier les quatre membres d’Ultra Vomit, un groupe qu’on pourrait qualifier de ‘métal décalé’ : imaginez du ‘Tirelipimpon sur le chihuahua’ sur fond de Metallica … Si,si ! Ils ont osé !
Mais ne pas s’y méprendre, sous ses airs ahuris, limite ridicules, le groupe est très pro ET technique !

L’apothéose du festival a été déclenchée par les américains De La Soul et Mos Def. Les trois parrains du Rap américain n’ont pas eu grand mal, après une intro sobre, à faire bondir et chanter les refrains désormais anthologiques de leurs nombreux tubes.
Dur de tenir la barre, qui a été portée très haut par ce trio démoniaque, mais Mos Def assurera, classe et charismatique. Son flow, tantôt déroutant, tantôt envoutant, trouve son public et finit par convaincre. Bien que l’ambiance soit un peu redescendue, elle est toujours là.
Après un détour au Petit Chapiteau pour se ressourcer et se détendre avec l’excellent Dub-electro des français Zenzile c’est le Final Round qui démarre sous le Grand Chapiteau !

Tels des vengeurs masqués, les Bloody Beetroots vont faire cracher les enceintes jusqu’à ce que les acouphènes s’en suivent ! L’Electro-punk qu’ils nous servent fait tomber les dernières barrières, pour peu qu’il en reste, tout le monde saute, hurle, boit, fume, court… C’est le festival du grand n’importe quoi, comme à chacune de leur représentations !
Le Grand Chapiteau s’est transformé en Skins Party, pour le plaisir de tous.
C’est débridé, déjanté, un bon défouloir comme (heureusement ?) on n’en verra pas tous les soirs !
Et ça finit en beauté !
LE dernier à faire son entrée sur la grande scène du Garorock, c’est DJ Pone. Il n’a plus qu’à achever un public qui a de quoi être éreinté après toutes ces festivités. Il lui faudra du temps, car jusqu’aux dernières “Bass”, des irréductibles tiendront, jouant sur les tables qui auront fini au milieu de la piste, dormant à 20 mètres des enceintes surpuissantes… Malheureusement c’est déjà l’heure de se dire ‘au revoir’ et surtout : A l’année prochaine !!!
Ça, pour sûr on reviendra !
Photos : Mr Braoudine, Vilay Sayarath.

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