Gilles, épisode 2: I’ve been to Hollywood

02/03/09 par  |  publié dans : Carnets, Musique | Tags :

Lorsque Gilles a rencontré Neil Young, il a eu l’impression que sa vie s’écrivait devant lui. Sans rien lui demander. A croire que le grand Neil l’avait choisi entre tous !

Ça ressemblera à ça, jeune homme, lui disait la chanson : tu auras envie de chercher, tu fonceras souvent dans le mur, tu essaieras de ne pas te prendre au sérieux, mais ce sera parfois plus fort que toi… tiens, comme maintenant ! Tu te dis que tu vis une expérience unique, n’est-ce pas ? Pourtant, tu es loin d’être le premier… si tu savais le nombre de filles et de garçons que j’ai sortis de leur propre corps avant toi, qui ne savaient plus comment pleurer en m’écoutant.

Ce jour-là, Gilles était allongé sur une place, quelque part en Italie. Il ne se rappelle plus si c’était le matin. Un soleil d’hiver. Il portait un pantalon en velours. Dans le mp3 de Quentin, Peter Gabriel avait précédé Neil Young. Heart of Gold avait pris Gilles par surprise.

Au bout des trois minutes, il s’était senti à bout de forces. La chanson avait mobilisé toute son énergie, et dans la douleur des larmes avaient coulé. Il resta couché, les muscles encore tendus, les dents et les poings serrés par l’effort et l’émotion contenue. En y repensant, ça ressemblait bien à du bonheur – pour une fois, ce mot n’était pas grotesque.

Brutalement, le titre suivant (The Doors, mais elles se ressemblent toutes) l’avait ramené sur terre. Comme il se sentait con de s’être autant dévoilé. Où as-tu mis ta pudeur, enfin ?

Encore essoufflé, il s’était relevé, un peu vite. Un ridicule amer s’immisça lentement entre la chanson et lui.

« Une expérience de plus à ajouter à la liste de celles que tout le monde fait en croyant que c’est exceptionnel », pensait-il, en gros.

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