Hanni El Khatib, le blues, le rock et la rage

27/06/12 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags : , ,

Amateurs de rock brut au son vintage, lisez bien : après les désormais ambassadeurs du genre The Black Keys, retenez le nom d’Hanni El Khatib. Cela fait quelques temps qu’on l’a découvert : on a eu le temps d’écouter ses titres sur Deezer, d’acheter son album Will the Guns Come Out (Innovative Leisure, 2011) et de le traquer sur Instagram (Hanni est fan de l’appli, ça tombe bien, nous aussi). On est allé le voir en concert au 106 à Rouen en février dernier pour la 7e édition des Nuits de l’Alligator (série de concerts à la teinte blues rock orchestrée partout en France par la Maroquinerie.) On avait été scotchés.

Hanni revient en France histoire d’enchaîner quelques festivals d’été (les Eurockéennes, les Nuits de Fourvières, la Route du Rock, les Plages de Rock). Cette fois-ci, on ira le voir se produire le jeudi 28 juin sur la grande scène bordant les quais rouennais pour la soirée d’ouverture des Terrasses du Jeudi édition 2012 (festival se déroulant tous les jeudis d’été dans divers lieux de la ville de Rouen).

LE MAL ET LE MÂLE

Hanni n’a sorti à ce jour qu’un seul album, mais on sait d’ores et déjà qu’on peut le classer parmi les incontournables de demain. En complet autodidacte, il a composé, enregistré et mixé son disque. Onze titres seulement figurent sur l’opus pour à peine trente minutes de son… Mais on en prend plein les oreilles. Le bel hidalgo se plaît à raconter qu’il a enregistré ça chez un copain avec le minimum de matériel, faisant quelques voix enfermé dans un placard. On fait tourner en boucle Heartbreak Hotel, You Rascal You et Come Alive. On passe un peu plus vite sur Wait Wait Wait et Garbage City. On s’imagine en chemise à fleurs dans les années soixante sur Dead Wrong. Oui, les années soixante, car Hanni a les cheveux gominés et un son aussi crade que s’il avait été capté il y a de ça 50 ans.

On sent l’américain torturé sur la plupart de ses textes. Le grand nerveux veut se battre avec des gros pistolets et réclame des comptes à l’amant de sa femme. Il aime les vieilles cylindrées, on aime ses gimmicks incisifs. Sur scène il semble tout simplement habité par sa musique, lié à sa guitare, faisant d’elle la continuité de sa rage intérieure. Tout de noir vêtu, gros bras tatoués et croix catholique autour du cou, Hanni El Khatib transpire de sex appeal autant qu’il crie dans son micro. En février il a signé un des meilleurs concerts que les amateurs de blues rock aient pu voir. Pour sa tournée, il s’entoure d’un batteur et forme ainsi avec lui un duo guitare/voix – batterie gagnant, à l’image de The White Stripes ou de The Black Keys.

Il y a quelques jours, il montrait sur Instagram des photos de lui en studio avec Dan Auerbach, leader de The Black Keys. Deux maîtres du new-blues ensemble, ça ne peut que présager du bon pour le second opus d’Hanni. Si on est chanceux, on en aura un aperçu live jeudi…

www.terrassesdujeudi.fr

http://hannielkhatib.com/

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