[Itw] Great Mountain Fire : “on marche beaucoup à la sensation”

02/11/12 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags : ,

Ils sont cinq et malgré la photo ci-dessous, ils savent rigoler. Les fringants Bruxellois de Great Mountain Fire débarquent en France avec leur premier album, CANOPY (sorti le 22 octobre 2012 chez Sober&Gentle), un concentré de pop dynamique sur fond d’imaginaire luxuriant. Rencontre avec Alexis Den Doncker, chanteur/bassiste du groupe, quelques heures avant leur montée sur la scène du Divan du Monde…

Envrak : Raconte nous un peu l’épopée du groupe. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Alexis : Tommy, Antoine, Morgan et moi on se connaît depuis l’école. Thomas (chanteur/guitariste, ndlr) est arrivé un peu plus tard, on avait alors 17-18 ans. On a commencé à jouer ensemble, puis à tourner pas mal sur différentes scènes. Et puis, un jour, on a eu comme une envie de se poser, de construire un projet de A à Z. C’est comme ça qu’est né l’album Canopy, (sorti il y a déjà un an en Belgique). On a tourné d’abord chez nous, puis au Québec, aux Pays-Bas. Et maintenant, c’est au tour de la France de nous accueillir.

D’où vient le nom, très imagé, du groupe, Great Mountain Fire ?

A : Great Mountain Fire est en fait le titre d’une chanson qu’on a écrite en commun, car le sens du collectif est très important pour nous. Avant, le groupe s’appelait Nestor, mais on s’est rendu compte que les gens étaient perdus : ça sonnait plutôt comme un nom de groupe français festif, ce qui ne correspond pas vraiment à notre musique. Et puis lorsque nous avons écrit cette chanson, ça nous a paru évident. C’est en effet très imagé, on fonctionne beaucoup avec des métaphores visuelles. Dans ce cas là, la chanson parlait d’un pan de montagne qui prend feu, l’urgence de la faune qui cherche à survivre, d’où le titre de l’album aussi, Canopée (partie supérieure de la forêt, ndlr).. On retrouve en fait cette notion de solidarité collective face au danger. Au final, la chanson n’est même pas sur l’album, mais l’idée est restée.

Parles-nous de vos influences. Vous avez des artistes, des albums cultes ?

A : On a vraiment chacun notre univers, du coup, il y a pas mal de choses ! Tommy (claviers/chant) par exemple écoute beaucoup de hip-hop. Moi j’adore The Cure. On a beaucoup écouté de disco, du funk, du jazz mais aussi du classique. Après il y a évidemment la culture “obligatoire” comme Radiohead, Pink Floyd etc.

Canopy est un album hybride, avec des titres très joyeux, d’autres plus mélancoliques. Il y a aussi beaucoup de fantaisie, comme un parfum d’enfance (métaphores animalières, princesses de contes de fées), c’était voulu ?

A : Certainement oui. En fait on n’a pas vraiment réfléchi, on y a mis ce que l’on est. On a tous entre 26 et 28 ans, l’enfance n’est donc pas si loin de nous. On marche beaucoup à la sensation. Du coup, garder ce qu’on avait en nous lorsqu’on était enfant, nos émotions, notre sensibilité, ça paraissait important, voire complètement naturel.

On sent que vous vous êtes éclaté à explorer plein de choses sur l’album. On passe d’une ambiance très dance floor (Late lights) à des envolées instrumentales plus planantes (Canopy), on y entend des sons asiatiques, exotiques… La liberté est-il le mot d’ordre de cet album ?

A : Absolument ! Pas que dans l’album d’ailleurs. Il y a déjà tellement de barrières, on tente d’être le plus libre possible, et ce, dans la vie de tous les jours, dans nos rapports aux autres, au temps… Notre processus créatif dépend beaucoup de l’humeur du moment. C’est un travail sur l’humain, sur l’instantané. On aime beaucoup rechercher le meilleur instant pour créer une chanson. Un peu comme en photo, lorsque tu attends la bonne lumière…

Justement, comment se passe la composition ?

A: Un peu comme en jazz. Comme le collectif est très important pour nous, il n’y a pas vraiment de leader. On fonctionne en totale démocratie. Un va emmener une atmosphère, l’autre un arrangement etc. C’est un peu l’idée du chapeau avec les petits papiers dedans : tout le monde apporte son idée puis on pioche, on construit nos morceaux à partir de ça.

Qu’est-ce qui vous inspire au quotidien ?

A: ça peut être des réflexions sur la vie ou des choses plus légères. Un paysage, une situation complètement dingue qu’on a pu vivre dans une histoire d’amour. Il y a beaucoup de vécu, c’est presque nécessaire. Le point commun reste toujours la sensation du moment. Après, on a chacun notre approche. Antoine par exemple va plus s’attacher au côté visuel, graphique d’un morceau, Thomas à l’émotion, les autres vont être plus dans le dynamique…

La scène rock indé belge (Deus, Venus, Girls in Hawaii, Ghinzu etc ) a toujours eu une relation particulière avec la France. Vous ressentez cet engouement amical lorsque vous jouez en France ?

A: Oui, j’ai l’impression que ça fait quelques années qu’on bénéficie d’un capital de sympathie, ce qui permet au message musical de passer. Je ne sais pas si y a un genre belge, je ne pense pas. Mais j’ai l’impression que l’on est dans un phénomène de projection : la sympathie passe de groupe en groupe. Tant mieux ! On me disait il y a 2 jours que Bruxelles était le nouvel Eldorado, qu’un tas de français partait là bas etc. Je ne sais pas si c’est vraiment le cas, mais je trouve ça rigolo.

Le public est-il différent chez nous ?

A : il est un peu différent oui. J’ai l’impression qu’en France la musique est un peu plus intellectualisée, théorisée. On classe plus les artistes, pour les comprendre et les apprécier ; ça renvoie à l’esprit cartésien, et c’est tout à l’honneur des Français d’ailleurs. En Belgique, c’est plus brutal, peut-être un peu plus spontané, ressenti. On l’a encore plus ressenti aux Pays bas, où le public est encore plus hétéroclite, où tu vois les rockers de 60 ans danser sur notre musique en même temps que les jeunes.

Vous jouez ce soir pour le MaMa Festival, un festival un peu particulier regroupant des concerts mais aussi des rencontres pro etc. Heureux de participer à un tel événement ?

A: Oui, bien sûr. En plus, j’ai vu qu’il y avait le batteur des Pink Floyd, c’est la classe ! Après, nous on essaye de mettre tous les concerts sur le même pied d’égalité au niveau de l’exécution. C’est ça qui fait un bon concert : le faire tel qu’on est, et pas en fonction du lieu. Hier on a joué par exemple à Roubaix avec un public super chaud. Ce soir, c’est un peu la fin de cette semaine de lancement bien excitante.

Vous êtes avant tout un groupe de scène. Parmi tous vos concerts, quel est votre meilleur souvenir ?

A: Cet été, on a eu une grosse claque au Paleo Festival en Suisse. On a joué à 1h du mat après Bloc Party, il y avait même Garbage. On a eu un super accueil, le chapiteau était plein, les gens ne nous connaissaient pas du tout mais étaient hyper chaud. C’était naturel. Cette communication qui prend entre le musicien et le public, c’est comme un larsen ! Chez nous aussi, à Dour en juillet, quand on fini sous 30 cm de boue, c’était quelque chose !

Le meilleur concert auquel vous avez assisté ?

A: J’ai pris une claque immense (pas forcément musicale) quand j’ai vu The Cure en 2000 à l’Ancienne Belgique. Ce concert m’a ouvert la porte à leur musique et à leur univers surtout, qui m’a pas mal fasciné…

Ton plateau idéal : avec qui rêves-tu (où aurais-tu rêver) de jouer ?

A : Je dirais David Byrne de Talking Heads, Holger Czukay de Can. David Bowie en chef d’orchestre qui dirige tout et Mick Jagger qui crie un peu de loin :« Non non, pas comme ça je t’ai dit !» (rires). J’aimerais être entouré de grands-pères de la musique pour une question de sacralité du moment. Et puis Mc Cartney aussi. Non, lui, ça serait même trop !…

Quels sont vos projets maintenant ?

A : On a sorti une version acoustique de Canopy sur vinyle en Belgique, on finit donc notre tournée chez nous ; le point d’orgue sera la date du 21 décembre au Cirque Royal, où on va donner un concert entièrement unplugged. Ensuite, dès janvier on est de retour chez vous pour entamer notre véritable tournée française avec le festival Europavox !

Retrouvez Great Mountain Fire : le 03 novembre à Vendôme pour festival ROCKOMOTIVES, le 21 décembre à Bruxelles (Belgique) au Cirque Royal et du 16 au 27 janvier 2013 pour l’Europavox Tour (Bordeaux, Paris, Nancy, etc.)

Plus d’infos sur : http://www.greatmountainfire.com/

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