[Itw vidéo] Collateral – Dark Desire EP

27/11/12 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags :

Et en portrait ?

Ça finit par une colle, cinq minutes un peu gênantes pendant lesquelles Collateral réfléchit à notre question bonus. Pendant lesquelles le groupe tente de la détourner, d’y échapper, de trouver un truc qui tue, en vain. Cinq minutes de dialogues, de brainstorming, de private joke, d’idées avortées, de “je me rallume une clope pour m’aider à réfléchir”, d’”on pourrait essayer ça mais on n’est pas vraiment à l’aise devant la camera”. Cinq minutes de regards dans le vide et de réponses à trouver dans les yeux (ou les sourires) des autres complices. On les savoure parce qu’elles témoignent à leur façon de la dynamique de Collateral.

Il s’agissait de choisir un passage de l’une de leurs chansons – une phrase par exemple – et de le refaire devant l’objectif. La phrase était un mauvais exemple : leurs textes circulent de mains en mains, mais ils n’y mettent pas l’accent. L’important, c’est plutôt la ligne de chant, celle de Sarah, que Julien a eu la bonne idée de faire chanter une fois, et que les deux garçons ont adoptée : « Avec Olivier, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ce que sa voix nous inspirait, qui correspondait à notre envie de travailler avec des sons synthétiques ». Ils sont donc trois, quatre avec Rolande, leur boîte à rythme qu’ils se refusent à remplacer par un batteur mais qui est amenée à évoluer : « Rolande va peut-être étoffer son jeu, être moins minimale ».

C’est ainsi qu’est née la New Wave, à la fin des années 70 : synthétiseurs et boîtes à rythme. Et c’est ainsi que Collateral entend jouer, en accord avec les influences de chacun. Julien précise : « Avec Olivier, nous avions un projet qui allait chercher vers le post-punk, et au fond dans l’écriture nous ne sommes pas très loin de ça, ce sont plutôt les sonorités qui diffèrent. Nos morceaux sont pour la plupart sans guitares, le synthétiseur est l’instrument majeur, mais ce sont des morceaux rocks : ils ont été écrit comme ça ». Une écriture qui exprime une certaine noirceur, une certaine violence textuelle et musicale comme le souligne Olivier (à deux reprises). Avec un imaginaire visuel fort, qu’ils répercutent dans leurs clips – dont celui de CTRL 3 (ci-dessus), qui a été censuré. « La meilleure illustration de ce prolongement visuel facile est l’utilisation du single de notre premier maxi dans le nouveau film de Sophie Letourneur, Les Coquillettes » [ndlr : au cinéma le 20 mars 2013]. Les trois membres de Collateral sont cinéphiles, les deux garçons travaillent dans le milieu du cinéma. On a demandé : ils aimeraient bien que John Carpenter intègre un de leur titre à l’un de ses films. Lui, ou Judd Apatow, suggère Sarah : « mais ça ne marcherait jamais avec son univers… ou alors pourquoi pas, une fête de zombies, ou un halloween dans un de ses teen movies. »

Leur travail sur les clips, mais aussi les remixs, est une façon pour les membres de Collateral d’asseoir leur identité visuelle. Ni geeks, ni poseurs, comme on a eu le malheur de le suggérer, ils recherchent avant tout la cohérence de leur projet. On croyait leur cover d’Aaliyah (ci-dessous) être un pamphlet du web 2.0, ils le présentent comme une mini-étude sociologique pour laquelle il n’ont qu’affection. Le groupe semble sans cesse en réflexion, et toujours prêt pour de nouvelles expériences : « les remixs que nous avons fait ont permis d’expérimenter des choses, des moyens de production. Nous avons pu tester des nouveaux synthés, exprimer d’autres idées. C’est un chouette laboratoire, et au final nos morceaux en sortent affectés. »

Aujourd’hui, ils en sont à leur douzième titre, CTRL 12 (contraction de Collateral, pas un truc de geek donc – bien qu’Olivier suggère d’essayer le raccourci sur vos claviers). Le groupe a hâte d’en être à CTRL 147, rêve de jouer plus souvent à 5h du matin, de faire une tournée en Europe de l’Est. Envrak leur souhaite : on les a sentis – peut-être à tort – sur la défensive, mais on a apprécié leur pertinence. On les a également vus évoluer d’un concert à l’autre. Vivement le prochain.

COLLATERAL – Dark Desire EP (Novembre 2012 / Desire Records)

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Et en concert ce mardi 27 novembre à partir de 21h au GLASS (Pigalle/Paris)

Photographie de UNE © Julien WEBER

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