Jack White à l’Olympia : la leçon de rock

06/07/12 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , ,

Les places ont été vendues plus vite que l’éclair il y a plusieurs mois mais pour Envrak, on les a prises à temps ! Mardi 3 juillet au soir on était donc là, à l’Olympia, parmi les quelques 2500 spectateurs qui remplissaient la salle. Sold out. Les deux soirs de suite. Car voir Jack White sur scène, c’est une occasion qui ne se rate pas.

C’est First Aid Kit, duo de sœurs suédoises au chant folk typique de l’Amérique profonde, qui ouvre la soirée en première partie. Les harmonies vocales sont belles et on salue les compositions mélancoliques de ces jeunettes d’à peine vingt ans. Triste constat, le tout se fait totalement abattre par une prestation scénique ridicule où il se révèle impossible de détourner le regard des gesticulations capillaires des deux chanteuses : quand les longs cheveux de l’une se mélangent aux cordes de la guitare tandis que la tête de l’autre termine sur les touches du clavier, ça devient plus que too much. A croire qu’en lieu et place de la folk que le groupe devait servir, First Aid Kit se lance à chaque passage instrumental dans un comportement hardcore de mauvais goût.

Photo par Emeline Ancel-Pirouelle pour le site whitestripes.fr

Heureusement, Jack White et son groupe arrivent une vingtaine de minutes plus tard sur la scène mythique parisienne. Son groupe ? Oui mais quel groupe ? Car White a décidé pour sa tournée de s’entourer de deux formations : une composée uniquement d’hommes, l’autre de femmes (ce dernier nommé The Peacocks). Tous ont été recrutés spécialement pour la tournée de Blunderbuss, le premier album solo du maître du rock américain. Souvenez-vous, on vous a parlé à plusieurs reprises de Jack White sur Envrak. Cet hyperactif de la musique a déjà sévi avec The White Stripes, The Raconteurs, The Dead Weather, Rome, et d’innombrables autres projets et collaborations en tous genres (le dernier en date étant quand même l’accueil de Radiohead au Third Man Records, son studio de Nashville, pour l’enregistrement de plusieurs titres). Un professionnel du milieu nous avait dit « avec le groupe de gars c’est plus jazzy, avec les nanas ça envoie à fond ». Ok. Nous, nous voulons donc les filles. La veille au même endroit, Jack White avait fait un concert 100% mâles, et impossible de savoir à l’avance qui le guitariste allait choisir pour le show du soir même.

UNE CLAQUE EN BLEU CIEL

Roulements de tambours et ce sont donc The Peacocks qui sont arrivées d’un coup sur scène, le pas décidé, en même temps que le (grand !) musicien tant attendu. A l’image de la pochette du disque, ils sont tous vêtus de la tête aux pieds de bleu ciel. La scène est habillée de la même façon, du rideau en fond de scène aux éclairages. La batteuse (au niveau de jeu incroyable) donne le départ d’un show qui contiendra pas moins de 21 morceaux. Autant dire que White nous a fait rêver, incluant dans son set des titres phares de chacun de ses anciens groupes : I’m Slowly Turning Into You ou encore Seven Nation Army pour The White Stripes, Steady As She Goes et Top Yourself pour The Raconteurs, Blue Blood Blues pour The Dead Weather. Belle surprise quand il reprend aussi Two Against One du projet Rome mené par Danger Mouse.

Bien évidemment, entre tout cela, Blunderbuss s’est forgé une place, placardant Love Interruption et Sixteen Saltines, les deux tubes extraits du disque, en début de concert. De quoi mettre l’ambiance dans le public dès le départ et pour le reste du spectacle. Oui : du spectacle, car en professionnel aguerri, c’est bien plus qu’un simple concert que Jack White a offert au public de l’Olympia. Changements de fonds de scène ultra chronométrés, types de lumières actionnées selon les morceaux, les instruments et les rythmes : tout semble avoir été pensé dans le moindre détail pour nous en mettre plein les yeux et plein les oreilles. Le tout s’est terminé par une standing ovation de plusieurs minutes pour les artistes et leur show impeccable, dans un Olympia hurlant son plaisir et son admiration.

Jack White est une machine imperturbable qui nous a donné, musiciens ou non, une énorme leçon de rock ce soir là. Comme on dit aussi, “une claque”. Sa tournée française est maintenant finie alors n’oubliez pas : la prochaine fois qu’il reviendra dans l’hexagone, sautez sans réfléchir sur la billetterie.

www.jackwhiteiii.com

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