La Fiesta des Suds 2018 est de retour au j4

30/10/18 par  |  publié dans : A la une, Concerts, Musique, Scènes | Tags : , , , , , , ,

Camille

Le nerf de la guerre

On le sait, quelques semaines avant Babel Med la Région a amputé le crédit alloué à cette manifestation marseillaise de prestige de 80%. Ça n’a pas la netteté d’une suppression, c’est juste une mise à mort discrète. Parfois décriée, Babel Med n’en était pas moins un formidable succès de fréquentation et un tremplin  exceptionnel pour nombre d’artistes dont l’excellence eut pu rester longtemps dans l’ombre. Ça ne fait pas tout, mais ça aide.

Jeanne Added

Reste la Fiesta des Suds, pourvu que ça dure. Partout l’Etat et les Régions converties au libéralisme sauvage invitent les agents culturels à traverser la rue. Et si ce n’était qu’eux! Dans tous les domaines, les plus beaux discours s’étalent comme de la confiture, quand “en même temps”, l’Etat et ses laquais (pardon, ses grands serviteurs) détruisent méthodiquement le tissus social et culturel. Avec une conviction et des discours généreux à faire pleurer les pierres, il est urgent de relire 1984 d’Orwell. Moins il y a de mots, mieux on pense, moins il y a de culture vivante, mieux on se soumet.

Pour cause de travaux proliférant comme un cancer urbanistique, le Dock des Suds n’étant plus vraiment accessible, La Fiesta retourne à ses sources: l’esplanade du J4. Depuis, des bâtiments ont disparu, le MUCEM a surgi du quai, le paysage a été profondément modifié. Marseille s’urbanise et se modernise.

Beau temps au Sud

Le temps a été clément, il a fait beau, le mistral dormait paisiblement, le pari risqué des scènes extérieures a été gagné. Trois jours intenses plus la Fiesta des minots, une belle programmation, éclectique comme il se doit, et le public toujours fidèle au rendez-vous. Le plein air a des inconvénients: on a pu regretter les trois lieux des Dock des Suds où les spectacles s’enchaînent de quart d’heure en quart d’heure, obligeant à des choix difficiles, dans la fièvre et l’urgence. Un grand brassages de public s’y croisait à flot continu, jusqu’à l’étouffement. A attendre la fin d’un spectacle pour en découvrir un autre, l’attente a pu être parfois longue, mais ce sont des problèmes de luxe.

Oumou Sangare

Balofi

Santé Publique

Comme il se doit à la Fiesta mais pas que, le niveau du son est une atteinte majeure à la Santé publique. Bonne nouvelle, un stand de prévention des risques offrait des bouchons d’oreille, on voyait ici ou là des enfants casqués, au moins ceux là ne seront pas sourds profonds avant l’âge. Quand le concert de Balofi fait saigner les oreilles malgré les bouchons, il y a un soucis. Ce n’est pourtant pas une fatalité: la sonorisation du concert de Camille était parfaite, qu’on se trouve au fond de l’agora ou au plus près de baffles, avec un mur de son pourtant impressionnant. Un exploit. Ajoutez une originalité rare, un engagement sur scène qui emporte tout, des danseurs qui franchissent les barrières à son invitation pour danser le quadrille ou accompagner les chœurs, c’est à n’en pas douter un des événements majeurs de la manifestation. Le lendemain de Jeanne Added, autre figure majeure du renouveau de la chanson actuelle, c’est du caviar à la louche.

Fidèles

On y aura retrouvé des fidèles, les Massilia Sound System, recyclés en musique du monde de Moussu T et lei jovents, la gouaille de l’opérette Marseillaise, découvert des nouveaux comme Oumou Sangaré la malienne endiablée, déjà célèbre en Afrique, les jumelles géniales Ibeyi, et bien d’autres.

Moussu T Lei Jovens

Trois nuits de fièvre au pied du MUCEM qui paraissait tout petit derrière la grande scène.

A suivre en 2019, si la macronite ne l’a pas tuée.

Jean Barak

Les tambours de Camille

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