Le dernier air de flûte de Dominique Bouzon

05/03/12 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags : ,

Du Canada à l’Italie, du Japon au Brésil, Dominique Bouzon a poursuivi une carrière internationale, multipliant les tournées dans l’ombre de chanteurs dont la voix ne savait se passer de ses talents. Médaillée d’or de jazz du conservatoire de Marseille, où elle vivait, Dominique Bouzon était reconnue comme une flûtiste virtuose, célèbre dans le milieu du jazz local. Passionnée par la traditionnelle flûte traversière, la musicienne s’est aussi laissée tenter, avec succès, par d’autres instruments très peu joués dans le monde, comme le flutiau. Elle fut l’une des rares artistes à intégrer la flûte octobasse dans ses partitions. A l’origine d’albums composés avec Nadine Estève ou encore Paul Pioli (dont La Traversée, Flute Cake), Dominique Bouzon était particulièrement fière du travail accompli aux côtés d’Alain Gerber, pilier historique du jazz à Radio France. Elle a également collaboré avec la chanteuse brésilienne Bia, et avec Pierre Barouh, célèbre pour sa participation sur le film Un Homme et une Femme, de Claude Lelouch.

Dominique Bouzon est décédée le 3 mars, à la Maison de soins palliatifs de Gardanne, à l’âge de 50 ans. Elle avait en cours, un projet d’album avec le contrebassiste Jean-Yves Abecassis, pour lequel elle avait enfin décidé de donner de la voix… Et quelle voix ! Suave, profonde, délicieusement “jazzy” : “s’autoriser à chanter était une vieille question non résolue pour elle. Dominique chantait dans sa flûte depuis longtemps, mais là, elle voulait simplement chanter avec sa voix seule“, témoigne Jean-Yves Abecassis, “elle voulait que ce duo fasse beaucoup de place à la contrebasse, et sans perdre de son exubérance, elle raccourcissait ses chorus de flûte. Faire de la place aux autres, au souffle, au silence, pour qu’on entende la musique, c’était son projet”. Le duo, baptisé “Moleskine” du nom de ces petits carnets dans lesquels la flûtiste aimait coucher ses textes et ses partitions, avait déjà enregistré quatre morceaux – dont un formidable Lulu’s Back in Town convoquant par moment les rythmiques entraînantes du mythique Fever de Peggy Lee.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

3 commentaires

    BERTRAND Muriel  | 09/03/12 à 13 h 22 min

  • Je garde de Dominique le souvenir d’une très gentille personne que j’aurais aimé faire mon amie. La vie de m’en a pas donné le temps.

  • GIRARD Sabine  | 30/05/12 à 18 h 09 min

  • J’ai été l’élève de Dominique, j’avais 6 ans quand elle m’a appris la flûte à bec à l’école de musique de Laudun. Il y a plus de 30 ans. Je pense encore à elle. J’aurai aimé la revoir adulte pour lui dire ma reconnaissance. Lui dire qu’elle bonne influence elle a eu sur mon éducation. Elle était belle, douce, calme, passionnée par la musique, attentionnée et elle aimait les gens. J’espère que sa vie à été remplie de joie, qu’elle a pu se réaliser pleinement à travers son art et qu’elle a profité de la vie. Un jour elle m’avait dit qu’elle prenait du plaisir à jouer. Et j’ai compris seulement des années plus tard ce qu’elle voulait dire… Jouer d’un instrument c’est une source de bonheur sans limite! Je penserai toujours à elle. Je viens d’apprendre son décès à ma mère qui a été très émue elle aussi. Une belle personne qui était dans la vie. Ou que tu soi, tu auras ete une fée pour une petite fille de 6 ans …

  • Michel Melchionne  | 26/10/13 à 6 h 32 min

  • Bonjour,

    merci pour cet hommage à Dominique Bouzon.
    Je l’ai connue en 1998 et j’ai été tout de suite séduit et emporté par la virtuosité de sa flûte “enchantée”! Elle m’a fait l’honneur de venir enregistrer l’une de mes chansons Jeune Public : Les beaux jardins*, au studio IMFP de Salon, et j’en garde un délicieux souvenir.(*où elle joue un très beau solo)
    Elle a sa place au Panthéon des artistes marseillais comme Claude Jaoui, avec qui elle adorait faire des “bœufs”;
    J’avais appris sa maladie et savais son désarroi et sa tristesse!
    Je la garde dans mon cœur! Michel Melchionne

Laisser un commentaire