Loane, Jamais Seule

02/06/08 par  |  publié dans : Albums, Musique

Décidément, Loane sait parler à mes oreilles et à mon cœur. Débuts touchants derrière un piano, live énergique à huit mains et finalement album musicalement complet. Jusqu’ici, c’est un sans faute ! Si bien qu’en écoutant Jamais Seule, stylo en main, je me suis dit que la chanteuse ne cessera de m’étonner que lorsqu’elle arrêtera la musique. Mais ce serait encore le plus surprenant…

L’opus, signé chez Virgin Music, comporte onze titres écrits, composés et interprétés par Loane Rathier. La plupart sont accompagnés par le trio de musiciens de ses concerts : Philippe Begin aux guitares, Sébastien Buffet à la batterie et aux percussions, et Jeff Hallam à la contrebasse. S’ajoutent l’accordéon, le piano, les claviers, le glockenspiel (xylophone clair), les orgues, le trombone, la trompette, la basse, le banjo et même, sur Je m’allège, un orchestre !
Un paysage musical varié pour un CD de qualité dont on regrettera cependant le packaging trop froid. La classique pochette dure en plastique et le livret en papier glacé semblent inappropriés à l’univers de la chanteuse. On souhaiterait plus de sensations tactiles et visuelles pour accompagner l’enchantement auditif. Les musiciens pourront toutefois profiter des tablatures griffonnées sur le livret entre les paroles.

Le Petit Bonheur de Loane est de “vivre un rêve à [sa] hauteur”. Elle nous y invite avec les sons familiers de l’orgue et du carillon. Un voyage aux airs de fête foraine pour illustrer les montagnes russes d’une amitié, entre jalousie et culpabilité d’une joie non partagée. Quelques percussions plus tard et nos épaules bougent au rythme de Jamais Seule dont est extrait le titre de l’album et le premier clip de la chanteuse. On claquerait bien des doigts mais comme on ne sait pas faire – vous y arrivez vous ? – on tape des mains. Mais les bras nous en tombent le titre suivant car il est dur “de ne pas être aimée par l’aimé”. Aimé se présente comme une chanson lancinante qui résonne d’une errance amoureuse, mélancolique. Un état dont nous serons petit à petit sortis par les joyeuses notes de piano de Contre toi. Et là : un petit défaut. Le mixage du morceau est bien différent des premiers. Un coup d’œil aux crédits le confirmera, il n’a pas été réalisé dans le même studio. Si la critique blesse ma fan-attitude, elle rassure mon intégrité journalistique : l’album n’est pas parfait. Le chant plus étouffé propose une autre écoute, presque plus intimiste. L’imperfection devient alors (comme toute imperfection ?) un attrait supplémentaire.

La voix de Loane, douce sans jamais être monotone, s’orne de nuances parfois plus cristallines, plus aiguës ou au contraire plutôt graves. C’est ainsi qu’on la retrouve dans Ce que j’ai connu qui adopte un rythme beaucoup plus lent, résolument nostalgique. Comme si quelqu’un enchaine sur un ton plus léger. L’année dernière lors de son interview sur Envrak (lien en fin d’article), la chanteuse avait confié aux lecteurs : “j’ai envie de dire qu’il y a toujours une étoile au dessus de nous…”. Il semblerait qu’elle ait trouvé les mots pour nous le faire partager ! Bien qu’aussi calme que la plupart de ses collègues, le titre suivant est reçu comme un cri d’affirmation de toute Femme qui court. Et parmi les femmes les plus importantes, on trouve bien sur les mères. Pas étonnant, dès lors, de poursuivre sur Maman, dont les paroles touchent les filles célibataire du monde entier (et il y en a !). “Maman j’arrive pas à me poser… Maman je suis pas tranquille ! Mais qu’est-ce qu’on va faire de ta fille ?”. C’est bien là le problème.

Ailleurs, on parle de tromperie, de mensonges et de regrets. On s’interroge, se pose des questions jusqu’au prochain titre qui demande “Où iront-nous danser ce soir?”. Danser est le seul morceau où on retrouve Loane seule au piano et au chant. C’est ainsi que certains l’ont découverte en première partie d’Anis ou d’Aaron début 2007. Un envoûtement auquel on aurait du mal à résister et dont le refrain mêle quelques phrases anglophones, offrant de nouvelles sonorités.
Je m’allège clôture ce grand voyage avec la collaboration de l’orchestre Viking Compagnie. Nous quittons alors Loane avec beaucoup de délicatesse. Du moins jusqu’au [Repeat].

Pour conclure, la bulle de Loane est agréablement homogène tout en offrant une belle diversité musicale. L’album plein de charme, parfois teinté d’accents parisiens, plaira aux romantiques plus qu’aux amateurs de gros son. Vous aurez deviné la catégorie dans laquelle je me place. Jamais Seule se trouve être d’une excellente compagnie !
Plus d’infos sur Loane ?
– Son myspace et son site internet
– Son concert du 19 mai 2008, sur Envrak.fr
– Son interview de mai 2007, sur Envrak.fr
Photographie de Claire Price.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

3 commentaires

    Rubz  | 03/06/08 à 8 h 29 min

  • Mmmmmm dommage je suis au taff et donc pas de son !! :o( mais l’article m’a donné l’eau aux oreilles ! Vite a ce soir ! ;o)

  • la blonde  | 04/06/08 à 15 h 17 min

  • j’avais eu la chance de la voir en première partie de AaRon….j’avais craqué.. ce qui signifie little buddha que tu avs très vite devoir me preter ce CD.

    :)

  • Engy  | 12/06/08 à 0 h 19 min

  • Pour cette chronique, j’ai écouté sérieusement cet album en boucle, les sourcils froncés et les oreilles sensibles. Au sein de ce papier, j’ai osé sortir le quasi-pléonasme d'”intégrité journalistique”. Dans les commentaires, une lectrice et accessoirement amie m’appelle Little Buddha. Car c’est bien à votre respectable rédactrice que ce surnom fait référence… La blonde, pour mon anniv, tu m’offres une nouvelle dignité?

Laisser un commentaire