LØVE : Julien Doré dépose les larmes

12/11/13 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

 

Love Julien DoréLØVE, le troisième album studio de Julien Doré, est sorti le 28 octobre. Ce nouvel opus s’inscrit dans la continuité de Bichon. Des textes parfois sombres sur des mélodies pop-légères, très bien amenées.

 

Le hasard ne fait bien les choses que si on les attrape au vol : c’est lors d’un voyage à Viborg que le mot løve marque la rétine de Julien Doré, il apprend ensuite que dans la langue de Lars Von Trier (qu’il admire), ø veut dire île, et que løve signifie lion. D’un coup, tout fait sens : chaque chanson devient un îlot d’amour dont l’album est l’archipel. Et sur la pochette, le lion regarde løve, donc il se regarde, logique.

 

Ruptures et abandons

 

Pour la première fois, Julien Doré se livre par ses textes. Cette fois, il a osé, dans un élan, écrire la quasi totalité de ses chansons, poussé par Arman Méliès, qui lui avait écrit la premier, mais qui, occupé par son propre album, l’encourage à assumer son écriture.

 

Julien Doré est épaulé pour la composition par « ses gars » (comme il les appelle) : Baptiste Homo (batteur de son premier groupe Dig Up Elvis et son coloc aujourd’hui) et Clément Agapitos, Darko Fitzgerald et Julien Noël (son pianiste depuis le premier album).

 

Le ø, pour en revenir au début, pourrait aussi figurer le cœur brisé de Julien Doré. Dans cet album où les textes sont ruptures et abandons, Julien Doré a versé ses larmes et sa mélancolie, lui qui vit les affres de la séparation dans la vie au même moment : « oui, ce sont des amours rompues mais je n’ai voulu en garder que ce qu’il restait de beau, les plus belles images, les levers de soleil, même s’il finit par se coucher. Dans ce disque, le groove vient essuyer les larmes ».

 

Il commence d’abord par les faire couler, dans Viborg qui ouvre l’album : « et à la fin crevons / crevons d’être trop riches, crevons d’être trop gras, crevons d’être trop cons / Pour que Viborg nous dise / Nous dise d’être émus / Nous dise qu’on existe / Mais qu’on ne s’aimera plus ». C’est devenu une habitude pour Julien Doré, de situer ses chansons. Il nous emmène pour commencer au Danemark (le pays qui raye les o).

Mais on s’envolera avec lui aussi aux Seychelles, en Espagne et en Colombie, à Tokyo et à St Hilaire, à Angoulême, Rome, Londres et Praslin, à Cherbourg, Séville et bien sûr à Paris. Les endroits sont toujours ceux où les amarres ont été véritablement larguées, jamais inventés pour la rime ou l’exotisme.

 

Entre new wave et chanson française

 

L’écriture est une poésie articulée, avec des ellipses ou des détails qui plantent le décor et disent l’absence : ici un cheveu laissé sur un lit où là une robe Chanel désincarnée dans un dressing. Des mots simples qui se tiennent pour dire des promesses non tenues : « On s’était dit des choses que l’on ne tiendra pas », dans Paris-Seychelles ou encore « On attendra l’hiver / pour s’écrire qu’on se manque / que c’était long hier / que c’est long de s’attendre » dans On attendra l’hiver.

 

Et que dire de Platini, déclaration d’amour culottée au géant du football où Julien chante une ode au ballon rond sur une mélodie crève-cœur. Au point que lorsqu’on se demande s’il l’a faite écouter à l’intéressé, la réponse est sensée : « Déjà, je lui fais une déclaration d’amour, je ne vais pas en plus prendre le risque de me prendre un râteau ! », évidemment !

 

Des mélodies crève cœur, il y en a à la pelle, il les a toutes écrites au clavier, pas à la guitare : « les solos de claviers, le moog monophonique, ça me fait du bien. On est sur la corde du ringard, le côté 90’s, j’ai tenu à les jouer moi-même. Darko et Omoh en contraste, ont plus de profondeur, leurs musiques sont plus atmosphériques ».

 

Difficile de classer Julien Doré, entre new wave et chanson française. Au fil des douze morceaux se dessine une chronique douce amère, au spleen lancinant où le vague à l’âme de l’artiste se mêle aux rythmes synthétiques, parfois jazzy. Un album qui tire des larmes et des sourires, qui fait bouger les pieds en rythme, et le cœur, aussi.

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