MARSATAC 2012 : Boum Boum dans nos têtes ! Part 2

17/10/12 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , ,

La 14 ème édition de Marsatac s’est achevée à grands coups de boum boum dans nos têtes. Un cocktail molotov hallucinant de rock, techno et electro pop. Autrement dit, une soirée spéciale pour les jumpers et autres amoureux de forts bpm! Les boules quiès? Le must have de la soirée si vous aviez dans l’optique de pouvoir assister aux 15 ans du festival l’an prochain, alors que Marseille sera “Capitale européenne de la Culture”…

Samedi 29 Septembre

Programmation: Kas Product, Baxter Dury, Breakbot, La Femme, Nathan Fake, James Holden, Mina May, Erevan Tusk, BRNS, Mekanik Kantatik, Juveniles, Club Cheval, Stuck in the Sound, Kap Bambini, Don Rimini, James Murphy, 2Manydjs.

KAS PRODUCT

La rockeuse quinqua à paillettes sortie tout droit des bacs des années 80 se lance à nouveau sur scène. Toujours accompagnée de son gothique de mari au synthé (on ne change pas une équipe qui gagne), elle a délivré sur scène une belle énergie malgré une salle aux 2/3 vide. La couguar, sexy en diable, à la voix éraillée, moulée dans son jean ultra slim noir a séduit les plus téméraires en osant même le bain de “foule” à la grande stupeur de ses gardes du corps… Rockn’roll baby!

Focus on:
Cet hypnotique duo lorrain est composé de Spatz (chevelure non identifiable, synthétiseurs, compositeur de bande originale) et de l’envoûtante Mona Soyoc (chant, gratounette). C’est au début des années 80 qu’un vent glacial synthétique souffla sur la toute jeune scène française (Marquis de Sade, Mathématiques Modernes, Charles de Goal, Taxi Girl pour n’en citer qu’une petite giclée) dont Kas Product fit partie. Gravitant au Palace et dans le milieu Arty-Underground parisien, le cabaret post-industriel et rock gothique pour cimetière de ce couple ténébreux refait surface trente ans après ses débuts, toujours très jeune et très froid.
(A écouter, le légendaire « So young, so cold »)

BAXTER DURY

Le monde s’agglutine dans la salle des sucres déjà bondée : ça promet ! Sur scène : une guitare, une batterie, ok. Quatre synthés et une chanteuse prête à pondre son oeuf, c’est déjà plus fun. Le sexy dandy, fraichement quarantenaire, fait alors son apparition, tempes grisonnantes et smoking cravate. Sifflets. Bouteille de ‘sky à la main , il entonne son “fucking disco”. Ambiance tamisée, alcool et cigarette, ça se bégotte dans la salle. Le chanteur n’est pas avare, il donne à son public (et fait tourner son verre de ‘sky) et celui-ci lui rend bien. La chanteuse accompagne à merveille la voix chaude de Baxter qui lui offrira plusieurs solos magiques. MERCI.

Focus on:
Dandy Briton désinvolte qui façonne une pop tordue faussement “facile” mais extrêmement recherchée et joliment troussée. Un fils de (Iaan Dury) qui a du attendre que son géniteur passe l’arme à gauche pour laisser libre court à ses mélodies éthérées. Habitué au textes sombres sur ses précédents opus, Baxter a viré son côté obscur pour relater ses frasques. Des journées entières passées à danser sur une terrasse fleurie du Portugal, et des histoires de sexe lamentables. Il qualifie son dernier disque de “musique psychédélique de bord de mer”. Super chouette moment.
“Happy Soup” (Rough Trade)

BREAKBOT

En voici un autre qui aurait mérité la grande scène. La salle est comble, chaleur, moiteur, gros smiley sur les “face”. Jésus est dans la place et la salle est aux anges.
Bouche pulpeuse, lumineuse et aguicheuse qui trône sous ses platines. Jésus n’est qu’amour ! Show vj au second plan. C’est coloré, c’est généreux, c’est frais ! Ajoutez à ceci une excellente performance live du chanteur. On hésite entre cosmos et rêveries… Mais c’est plutôt le Paradis!. Juste EXTRA.

Focus on:
Le plus funky des chevelus à barbe faiseur de son de l’écurie de Pedro Winter et de la France entière a sorti en Septembre 2012 un album plus que recommandé. Entre funk eighties et électronique vicieuse, avec son artwork “chocolaté” ce premier disque se déguste sans modération, et depuis peu, réellement consommable… Ed Banger a poussé la créativité à son paroxysme en proposant un vinyle tout en cacao ! Avis donc à tous les gourmands funky, le vinyle en version chocolat (édition limitée à seulement 120 exemplaires) est disponible chez Colette. Attention, il s’agit d’un vinyle éphémère qui peut être lu entre 3 et 5 fois (avant d’être mangé !) et contient 3 titres bonus.
Regardez la vidéo de la conception de ce vinyle ici  Miam !
“By your side” (ed banger/Because)
Lire aussi : La lessive d’Ariel – Ed Banger is yours

JUVENILES

Rockeurs français qui chantent en anglais. Ouais bof. Vous l’aurez compris, on n’adhère pas totalement ou juste d’une légère et curieuse oreille, mais en live le groupe offre de l’amour sans concession. Même si entendre des groupes français baragouiner en anglais nous fait mal aux oreilles, nous avons apprécié la bonne humeur du groupe et leur pop à synthé légèrement formaté “étiquette indé pour groupie”.

Focus on :
La dernière signature du plus hype des labels, Kitsuné, affole la blogosphère et plus. A la première écoute viennent des “mais la voix on dirait Twin Shadown”, “oh et là cette mélodie c’est du Two Door Cinema pur jus “etc…” Voui pas faux, le truc est “conçu” pour rameuter les foules et les stades (voir le pénible second album des Two Door Cinema club des mêmes Kitsuné). “Blackout” ( Kitsuné/AZ/Universal)

KAP BAMBINO

Grosse déflagration, entre esprit punk et électro tapageuse qui frappe où ça fait du bien (les tympans qui saignent, on remercie les organisateurs de nous avoir offert des boules quiès). Le duo formé par les artistes Khima France (la médéme) et Groupgris (le messieur) est un ovni qui fonce avec comme seul objectif : détruire tout sur son passage. Ça gueule, ça bouge fort des cheveux et ça sent accessoirement la beuh. La vitalité communicative de Khima qui se déchaine sur scène non-stop, telle une déesse qui livrerait une danse de saint Guy en plein sabbat, a de quoi réveiller les morts sans trop de difficulté. Le Groupgris, lui, donne des coups de têtes mécaniques derrière ses machines. Cet homme orchestre ensorcelle sans vergogne les plus réfractaires aux pogos monstre… Applause !

Focus on :
Kap Bambino, c’est cinq albums au compteur dont deux signés sur Because (Amadou et Mariam, Charlotte Gainsbourg etc…) et le reste sur leur propre label wwilko.
“Devotion”, Because.

DON RIMINI

Ce soir après avoir rencontré Jésus, nous avons fricoté avec un king. Un king ? Non. DIEU lui-même ! Perché haut dans les cieux au-dessus de deux immenses écrans projetant un show Vj “high quality”, God Rimini avait fière allure, seul, posant sa main divine sur ses platines livrant une course folle aux bpm avec peu de temps morts. Effet instantané garanti, ça pèèèète! (gargon de clubber survolté).

Focus on :
Ce garçon est allé trainer sa tenue de spartiate en rave pendant une grosse partie des années 90 et ça se sent. Entre images stroboscopiques, visions lumineuses hachurées et son déstructuré où planent dans les limbes dissonantes des voix hip-hop dopées et passées à la moulinette, le Don évite le repos du guerrier protégé des dieux. Pour la Légion de l’empire de Mars le champ de bataille sera sous le signe de la boule à facette.  Plus d’infos sur son site Internet.

2MANYDJS

Ils étaient attendus et… ils n’ont pas déçu. Sur scène, les frères Dewaele ont la frite. Normal pour des Belges nous direz-vous (hum… Une fois !). Ils se sont même octroyés le plaisir gourmand de partager leurs platines avec James Murphy (Lcd Sound system) le temps de quelques morceaux histoire de mettre la foule en délire. Résultat : un public (tout acquis) qui n’a cessé de jumper durant près de 2h de show survolté. Leur concassage des genres a fait mouche, les bras en l’air, la machine à danser bien huilée a craché ses good vibrations électro. Epuisant, mais tellement bon ! Un incontournable.

Focus on :
Ce sont les Kings du “mash-up” * et de la piste aux étoiles. Les collectionneurs de pépites à la culture impressionnante au vue de l’immensité discographique inépuisable ont un bagage qui laisse pantois. Ils ont su ingérer et intégrer les divers aspirations qui ont traversé les époques, broyant, recrachant, en une série de divers projets les 55.000 disques et plus accumulés au cours d’une carrière liée à un activisme sans borne pour le Dieu du sillon.

*Mash Up: Prendre l’a capella d’un artiste et le coller sur une musique d’un autre. En gros c’est mélanger les styles pour donner de nouvelles saveurs .

LA FEMME

On en a gouté moins de 5 minutes, alors autant vous dire que nous avons tout loupé de leur show. Difficile donc de juger, mais à en voir la clameur de la foule, ce fut un beau succès.

Focus on :
Des jeunes garnements  bien de chez nous ( Paris, Biarritz et de Bretagne) arrivent en France après une tournée marathon américaine. Derrière leur pochette (censurée) hommage à “L’origine du monde” de Gustave Courbet, se cachent (non pas que l’intimité poilue de la dite femme) des chansons qui font songer au Taxi Girl de la surf music Californienne. Un bain de jouvence bien chantmé à vivre en live, car les gamins ont de l’électricité à revendre à edf. A découvrir sur leur site web.

On les a loupés : Nathan Fake, James Holden, Mina May, Erevan Tusk, BRNS, Mekanik Kantatik, Club Cheval, James Murphy.

Rendez-vous en 2013 pour de nouvelles aventures sonores !

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