MARSATAC 2012 : Boum Boum dans nos têtes ! Part 1

14/10/12 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , , , ,

Cette année, la 14ème édition de Marsatac a fait des émules. Une fois n’est pas coutume, le Festival marseillais est allé faire du gringue aux Nîmois (les  20, 21, 22 septembre) avant d’investir le mythique Dock des Suds (27, 28, 29 septembre). Une programmation à l’identique qui a rassemblé près de 35 000 fêtards amoureux de Hip hop, Rock, Electro, Dubstep, Pop, Folk… Les organisateurs nous avaient prévenus : “ça va secouer !”. Ariel, l’expert musical averti et Mosa, la novice – mais non moins curieuse de ses oreilles-, se sont rendus sur place histoire de se frotter aux milliers de festivaliers venus sauter sur des tempos à fort bpm. 15 jours après, force est de constater que leurs corps en frétillent encore…

Retour sur la soirée du vendredi 28 septembre.

Pas moins de 15 concerts répartis sur 3 scènes… Musiques urbaines, drum’n bass, electro hip hop ; la programmation de ce vendredi était prometteuse en beat et flow à réveiller les morts. Entre découvertes et déceptions, retour sur cette soirée “boom boom-esque” à souhait.

 

1995

21h05 : Direction la Grande scène, en extérieur, où le concert a débuté depuis un bon quart d’heure. On y retrouve une foule de petits djeun’s en délire huant le meneur du groupe. Faut dire qu’il est très drôle le gars avec son “Y’a plus de moches que de beaux, ce soir ! C’est pas ma faute, c’est pas moi qui fait les critères de beauté !”… Ok… Le ton est donné, c’est du rap français pour gentils garçons à l’humour incertain. Ça sent la beuh, la bière et le tajine de poulet aux petits légumes. Le public est tout acquis, sauts de puce et union de transpirations, ça se marre et ça reprend en chœur tous les refrains. Ils ont sorti leurs casquettes et leurs capuches. Comme une impression d’en avoir fait le tour en quelques minutes. Il est temps de voir ce qu’il se passe ailleurs! Ici, les trentenaires dépassent trop allègrement la moyenne d’âge. “Yo”!

Focus on : Ils sont cinq MC’s, âgés de 19 à 25 ans : Areno Jaz, Nekfeu, Alpha Wann, Fonky Flav et Sneazzy West et DJ Lo. Originaires de Paris et Montrouge (Hauts-de-Seine), la story de 1995 commence en 2008. D’abord, les “open mics“, ensuite les clips réalisés à l’arrache de leurs freestyles et battles innondant Internet via YouTube et les réseaux sociaux vont accentuer le buzz grandissant. Les petits djeun’s sont membres de la clique l’Entourage.
“La Suite” e.p (Polydor/Universal)

Spoek Mathambo

21h30 : On découvre les salles intérieures à l’ambiance plus intimiste et… Spoek Mathambo ! Une claque ! Un look : casquette et chemise fleuries qui font baver envieusement notre Ariel. Un flow : qui dégomme. Un style : mix de hip-hop, rock et electro IN-CLA-SSABLE agrémenté de rythmiques africaines et voix trafiquées. Mr Spoek est un ovni qui joue avec son ordi et ses micros. La salle, à moitié pleine, bouge son boul en cadence. La simple vue du phénomène en transe nous donne la banane ! Un super moment fun et coloré, avec un trio guitare, batterie et Mr Spoek au laptop pour ouvrir un autre horizon. Il nous aura scotchés à ses baskets jusqu’à la fin de son show. Il aurait mérité la grande scène.

Focus on : Outre le fait que le monsieur soit en pleine vague hype via les mags spé (Inrocks et Tsugi en tête), Spoek n’est pas à proprement parler tombé de la besace d’un directeur artistique malin du jour au lendemain. Il est membre du groupe sud-africain « Post-Apartheid Post-Hip-Hop-Posterboy », rappeur, DJ, illustrateur, pape de la mode et surtout globe trotter. Rap, Post Punk, World électro… le bougre est un ovni impossible à cataloguer, comme sa garde robe. Un cocktail reboostant qui part dans tous les sens.
“Father Creeper” (Sub Pop)

ORELSAN

22h00 : LE concert attendu de la soirée va débuter dans 10 minutes. Direction donc la grande scène. Le pas est nonchalant, à la limite du “j’y vais à reculons”. On se retrouve sous un chapiteau bondé où le public (de fans) squatte déjà le parquet… Arrivée sur scène de la team du maître dans la pénombre et en tauge. Ça ne plombe pas l’ambiance, non non, bien au contraire, ça la dynamite ! Le king n’a plus qu’à faire son entrée pour déverser ses flows et ses idéaux. Orelsan livre un show détonnant, millimétré et revigorant avec l’énergie d’un groupe de rock et la patate de Vico. Des instrus mélodieuses de haute qualité. Il faut dire que niveau prod’, il y du lourd. Allez, on avoue, on a été embarqués. Attention, second degré de rigueur !

Focus on : Après deux albums, “Perdu d’avance ” et “Le chant des sirènes” (disque de platine), deux victoires de la musique et un procès remporté (pour son titre “Sale Pute”), c’est la consécration pour l’artiste Normand. Son dernier album, éclectique, tient bien la route sur la longueur et mérite que l’on se penche sur ses textes
“Le chant des sirènes” (3éme Bureau/Wagram)

MIX UP MAROC

23h10 : On a couru vite vite vite pour voir les 15 dernières minutes du Show de Mix Up Maroc. Ambiance hors du temps, quelque chose se passe… Une osmose avec le public qui, comme nous, découvre ce melting pot de genres musicaux. La verve urbaine du chanteur file sur un rock électronique réhaussé par la transe de chants traditionnels marocains. Fusion de modernité et de racines de la musique marocaine. Le moment est magique. Un seul regret : ne pas avoir pu en profiter davantage.

Focus on : Vous ne les connaissez pas? Ne vous sentez pas honteusement inculte ! Sous l’impulsion du festival Marsatac et de l’Institut Français du Maroc,ce crew réunit pour l’occasion les trois musiciens du groupe marseillais électro-rock Nasser, trois maîtres gnawa marocains et le rappeur marocain Komy. Histoire à suivre…

C2C

23h30 : Du monde, beaucoup de monde, TROP de monde. Le “grand” chapiteau n’aura pas suffi pour accueillir l’ensemble de la foule de clubbers qui déborde jusque sur les toits. HAL-LU-CI-NANT. La pression monte et éclate dès les premières notes. Quatre legoman, ça rassemble ! Parfois il y a des alchimies inexplicables, parfois il y en a d’autres commercialement bien calibrées. On comprend donc le succès facile et on les félicite par fairplay. 30 minutes écoulées sans trop d’étoiles dans les yeux auront eu raison de notre faim et de notre soif de découverte. Direction : GREMS !

Focus on : “Turntablism”, “scratching”, ou comment maltraiter les sillons du vinyle avec ses doigts pour en sortir des mélodies (c’est vite dit mais c’est super technique, hein !). Les platines comme instrument, c’est une légion de pousse-disques géniaux, de plus en plus en lumière, qui témoignent du succès de cette discipline Hip-Hop (Kid Koala en chef, Birdy Nam Nam à leurs débuts, Scratch Bandit Crew etc…). Le crew C2C alias COUP2CROSS est donc un quatuor de turntablists (quatre fois d’affilée champions du monde DMC, rien que ça…) qui déboule avec un premier skeud en septembre 2012, “Tetra”, après avoir écumé les festivals avec leur show blockbuster. Les Nantais en aparté de leurs aventures sonores (d’Hocus Pocus pour les uns et de Beat Torrent pour les autres) offrent un opus pas trop digeste (trop convenu commercialement entre pop-électro et rock de supérette) qui ne tournera pas trop sur la platine d’Ariel, mais qui de toute évidence va faire grimper les ventes de disques cette année.

GREMS

00h15 : LA grosse déception de la soirée… Flow TGV, rimes vulgaires (mais poilantes, selon Ariel). Cet être insaisissable était attendu de pied ferme pour sa première date Marseillaise. Entouré de son groupe PMPDJ  malgré un son pas top, Ariel était ravi de le voir gesticuler et postillonner de bon cœur. Mais ça fait mal à la tête… Grems, on le préfère au travers de ses graffs.

Focus on : Graphiste, grapheur, Mc, taulier pour sa marque de fringue, grosse tête du collectif La Fronce… cet hyper actif est un bouillon de culture à lui tout seul.
Pmpdj “Haterville” sortie le 15/10/12

Murkage

1h00 : Pouaaaaaaah. La claque ! Des ovnis venus tout droit d’Outre-Manche. Ça dépote, ça gueule, mais pour autant ça ne fait pas mal à la tête. Ces bêtes de scène à l’énergie communicative nous ont fait crier, jumper et pogoter comme si la fin des temps était proche. Un des chanteurs est en transe, l’autre arrose la foule. L’ambiance est survoltée. Relégués sur la plus petite des scènes des Docks, les Murkage ne se sont pas démontés et ont gagné pour le coup tout notre respect.

Focus on : 4 Mc’s de Manchester rageant comme un gros groupe de hardcore. Rimant et fumant les instrus matinées de Grime, Dubstep, Jungle … Explosant, érructant le Punk is not dead. Murkage est là pour lui recharger les batteries
http://www.murkage.net

Malgré toute notre bonne volonté, on les a loupés : Madeon, Foreign Beggars, Flux Pavilion, Aucan, Dilemn Live, Spank Rock, Dope D.O.D., Noisia.

Le cocktail Molotov d’Ariel :  

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