Mélanie Laurent : la fourmi à la Cigale

20/06/11 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : ,

15 juin. La Cigale. Paris. C’est la quatrième date de la tournée de Mélanie Laurent Chanteuse et on ne pouvait manquer ça. Bon, certes, on aurait pu, sauf qu’on était curieux.

« Mais tu es qui pour verser toute ta haine, qu’est ce que tu fais dans la vie ? ». On a le scandale Printemps de Bourges en tête, on se sent de trop. Curieux et mal à l’aise avec notre calepin, et si un vigile nous sortait ? A notre gauche, des spectatrices gossipent sur Marion Cotillard, sur le petit Marcel qui porte bien son nom. Ah bon ?

« J’adore ton album, tu chantes bien… pour une actrice ». Thomas Marfasi, seconde première partie, fait un sketch avant de commencer. L’auto-dérision, il n’y a pas meilleur bouclier si ce n’est l’adage « ne pas s’en prendre à plus faible que soi ». Duquel Mélanie Laurent se pare dès que s’ouvre le rideau. Déjà assise, déjà flippée, elle s’essuie les mains sur son jean, rajuste son oreillette, se plante à la première chanson (Je connais – quelle ironie). Ça ne va pas, c’est pour ça qu’elle chantait faux. De tout le concert, on ne saura à qui la faute, de la médiocrité ou l’émotion. On parie sur la deuxième parce qu’on aurait fait quoi, nous, face à une salle qui affiche complet ? Parce qu’on s’identifie à elle, la mal-à-l’aise, la mal-aimée, et qu’on ne se demandera jamais ce qu’auraient plutôt fait The Kills, à savoir assurer.

A vrai dire, elle ne s’en sort pas mal, la Mélanie. On la devine psychorigide, on se doute que demain, elle va se flageller. Mais ce soir, elle se tient là, fait retomber la pression à renfort de jingles humoristiques, s’avère touchante de maladresse, à déplacer sans cesse son tabouret, à boire entre chaque titre, à demander à ses musiciens de ne pas enchaîner si vite parce qu’elle a besoin d’une pause pour respirer. « C’est dur » nous confie t-elle, on n’en doute pas. Elle titille notre empathie, veut tellement que ça se passe bien que nous aussi. On a réécouté le disque, sur CD, pas sur Deezer, et le son y est bien meilleur. En live, ça sonne mieux, ce n’est même plus insupportable, juste un peu bancal. Sur Il fait gris, on l’a même trouvée cool. Sur Insomnie, comme à Cannes, elle ne sait pas occuper l’espace de ses allées-venues, coincée comme ses zicos. On préfère ça parce que Marion Cotillard justement, qui jouait de ses croupes au concert de Yodelice, on n’adhérait pas. Sur Papa par contre, on aurait voulu qu’elle soit Jeanne Cherhal, parce qu’elle est ridicule cette chanson et que Mélanie a beau s’assumer fifille, on voit bien que le public ne sait pas s’il doit rire ou pleurer. Sur Everything you’re not supposed to be, son accent frenchie gâche toute fluidité, néanmoins comme l’album, et Mélanie (sisi), le titre co-écrit et composé par Damien Rice dévoile son potentiel. Il y a Kiss enfin, la patte Joël Shearer que la chanteuse invite sur scène et nous demande de standing ovationner. C’est complètement fake mais il est venu de Los Angeles le mec, alors pourquoi ne pas se lever, se dégourdir les jambes de ce concert assis. Le groupe quitte la scène sur cette chanson, ce devait être un départ émouvant, on le trouve un peu plat.

Au rappel, Mélanie nous supplie d’arrêter d’acclamer, parce qu’elle pourrait pleurer. On redouble d’applaudissements pour voir si c’est vrai. C’est à cause de nous, sûrement, qu’elle a foiré Ton héritage, ou c’est le choix de cette chanson, qui ne lui allait pas. « Benjamin, ne m’en veux pas, je reprends », à Envrak on lui en veut, on ne déconne pas avec Biolay. « Mais pourtant j’avais travaillé » se justifie-t-elle. Elle doit bosser comme une dingue la fourmi, pour pallier les faiblesses de son talent. Parfois ça ne suffit pas. Alors elle se retire un moment, derrière un autre micro, s’accorde un second rôle « choriste de Thomas Marfasi » juste pour celle-ci. Le type, c’est un sous -M-, on est content qu’elle revienne pour Uncomfortable (- ironie quand tu nous tiens), première chanson écrite avec Damien, duo dont elle fera les deux voix. Elle se sent un peu seule, là. Nous on commence à s’ennuyer, on a râlé pour la forme quand elle a dit que ce serait la dernière. De toute évidence, il n’y aura pas de second rappel. Que nenni, les lumières se rallument mais la salle ne bouge pas, les techniciens circulent, rangent ou font semblant. La Cigale reste, a chanté, veut danser maintenant. On va avoir un VRAI rappel, enfin un groupe qui revient sans l’avoir prévu. Mélanie pleure, on aime bien ça. Elle chante Kiss avec Joël de nouveau. Cette fois-ci, le public reste debout de son plein gré, reprend les « houhou » avec joie. Ça c’est un départ Mel, un truc qu’on retiendra !

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