Métal symphonique

01/06/07 par  |  publié dans : Musique

Quel est le point commun entre l’Opéra et le métal ? Vous ne voyez pas ? Alors découvrez le métal symphonique, ou l’art de la contradiction…
Dans l’immensité de l’univers musical, il existe des planètes bien identifiées, délimitées et comprises, des astres bien connus. Puis il y a les nébuleuses, ces objets célestes d’aspect diffus. Voilà ce qu’est le métal aux yeux de bien des néophytes et mêmes de quelques amateurs, tant la définition du genre est difficile.
Le métal, genre musical majeur de ces quinze dernières années, comporte plus de sous-genres qu’il ne faut de secondes pour lire cette phrase : death metal, doom metal, métal industriel, métal gothique, etc. Le métal symphonique est l’une de ces sous-catégories de métal. À travers quelques exemples, nous essayerons de faire de cette nébuleuse un astre lumineux.

Sous-genre du métal, le métal symphonique est, comme son nom l’indique, la combinaison entre une orchestration « métalleuse » et une orchestration symphonique. Pour être plus clair, il faut imaginer des guitares lourdes, une batterie déchaînée, une basse très… basse, mélangés à un piano très envolé, à des violons rapides, à tout un orchestre parfois. Cette combinaison entre le lourd et le léger, entre la puissance et la mélodie est tout ce qui fait le charme de ce sous-genre musical. Pourtant, cette définition est sommaire et tout à fait générale : chaque groupe développe un style tellement personnel ce qui crée une infinité de variantes.

La Belle et la Bête
Non, il ne s’agit pas ici du célèbre conte repris par Walt Disney, mais d’un terme désignant un style de métal symphonique. « La belle et la bête » désigne des formations de métal ayant une chanteuse principale, accompagnée bien souvent au chant par la voix d’un homme utilisant la technique du « Grunt », c’est-à-dire une façon de placer sa voix très basse afin de lui conférer un timbre guttural. De nombreuses formations utilisent cette combinaison, parmi lesquelles nous pouvons citer Within Temptation, After Forever, Epica, Nightwish et Tristania dans un genre plus gothique. L’écoute d’une chanson comme Candles (1998) de Within Temptation permet tout de suite de comprendre la dualité du métal symphonique et plus précisément de ce sous-genre appelé communément la « Belle et la Bête ».
Tous ces groupes, issus d’Europe du Nord, mélangent également dans leurs compositions des sonorités appartenant au métal et à la musique symphonique, voire classique. L’un des groupes les plus emblématiques de ce sous-genre du métal symphonique est Nightwish, formation finlandaise existant depuis 1996. La première chanteuse du groupe (1996-2006), Tarja Turunen est issue d’une formation lyrique et se destinait à devenir interprète d’opéra. Les compositions du groupe associent donc l’univers de l’opéra (The Passion and the Opera, 1998, The Phantom of the Opera, 2002) à celui du métal.

Nightwish

L’Heroic Fantasy
Les sources d’inspiration du métal sont multiples et si fortes qu’elles peuvent créer des sous-catégories. Les groupes influencés par l’heroic fantasy sont nombreux dans le heavy métal ou le métal. Le métal symphonique est majoritairement inspiré des contes, des légendes, de la féérie et l’origine nordique, surtout scandinave, des groupes n’y est sûrement pas étrangère. Pourtant, c’est en Italie que l’on rencontre le groupe le plus inspiré d’heroic fantasy. Créé en 1993 autour de Lucca Turilli, Rhapsody conçoit ses albums comme des récits, chaque album racontant une histoire, en chansons, où chacune d’entre elles est liée à la précédente par son thème. Cela pourrait donner l’impression d’une monotonie. Rien n’est plus éloigné de Rhapsody. Les influences du groupe sont sans limite. Racontant des faits imaginaires – le combat des chevaliers contre les dragons par exemple – Rhapsody s’octroie la possibilité de multiplier les univers : médiéval (Guardians of Destiny, 2004), baroque (The Tower of Abyss, 1999), épique (In Tenebris, 2002), etc. Ils collaborent souvent avec des orchestres symphoniques prestigieux et des chanteurs d’opéra, tel que l’ex-Dracula Christopher Lee. Les refrains de leurs chansons s’agrémentent aussi régulièrement de la présence de chœurs, ce qui accentue le côté épique.

Enregistrement d’un morceau de Rhapsody

De l’épique au gothique
La magnificence des thèmes proposés par certains groupes directement influencés par diverses mythologies, fait de leur musique la manifestation de récits épiques et grandiloquents. La musique s’en ressent et s’orne d’effets évoquant l’ambiance de ces mythologies. Cette base thématique est également celle du groupe suédois Therion, fondé en 1987. Pratiquement toutes leurs chansons sont chantées par une chorale. Le Métal y est moins lourd, les influences de l’opéra encore très grandes, mais on s’oriente avec Therion vers des chants s’apparentant à des chants religieux (les guitares en plus). On s’imagine aisément à l’écoute de chansons telles que Dark Venus of Persephon (2004), The Invincible dans une église, un château aux allures… gothiques.
Le gothique, genre musical dissocié du métal, trouve, tout de même, des ramifications dans le métal symphonique. A la différence de groupes purement métalleux, les gothiques introduisent des sonorités électroniques. La musique y est plus lente, les thèmes moins aventureux, plus mélancoliques. Le métal gothique est la symbiose entre les deux univers. Le groupe norvégien Tristania permet de bien comprendre ce sous-genre (encore un) : les compositions sont encore majoritairement électriques, moins puissantes que le métal, plus lentes parfois, les chants se font surtout à l’aide du Grunt, on y mélange des voix féminines, le tout se révèle plus lent, plus sombre, on est plus sur une ambiance soir de pluie dans un cimetière que dans une vaste plaine où combattent des ogres.

Le métal est un genre musical difficile. Il peut être exactement le contraire du easy listening ou de la pop, caractérisant des musiques à « l’écoute facile », ou la sonorité peut vous trotter toute la journée dans la tête en ne l’ayant écouté qu’une fois. Le métal symphonique ne s’aborde pas si facilement, il faut plusieurs écoutes, même à des initiés, pour retenir les mélodies richement composées, variées, travaillées, de chansons de plus de cinq minutes en moyenne et pouvant atteindre une vingtaine de minutes. Les univers abordés sont également complexes, parfois répétitifs. Si peu de non-initiés viennent vers le métal par curiosité afin de découvrir ce monde qui, quoi qu’on en dise, est très riche, peu de métalleux font la démarche inverse de faire comprendre leur musique et de sortir de leur microcosme. Que la fête de la musique en soit le prétexte !

Pour la suite de la visite :
http://www.nightwish.com
http://www.rhapsodyoffire.com
http://france.megatherion.com
http://www.tristania.com
http://www.metalsymphonique.com

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3 commentaires

    gerrard  | 04/06/07 à 22 h 03 min

  • Bonne définition à mon avis ^^ Tout à fait d’accord aussi pour dire que le métal symphonique est très dur d’approche (voir Therion par exemple)

    Sauf que Therion a été créé en 89 et Rhapso en 95 (quoi moi tatillon? jamais!!!!!)

  • marlène  | 06/06/07 à 12 h 31 min

  • mea culpa, c’est vrai…moi et les chiffres :-D

  • amy  | 24/12/09 à 19 h 33 min

  • il y a aussi WITHIN TEMPTATION, EPICA,SYMPHONY X,et pleins d’autre truc

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