Mus’iterranée

08/11/17 par  |  publié dans : A la une, Danse, Musique, Scènes | Tags : , , , , , ,

 

La « Boite à mus’ » créée par Magali Villeret en 2008 a investi en novembre plusieurs lieux d’Aix-en-Provence, dont la verrière de la Bibliothèque Méjanes, pour son huitième festival de musiques latines : MUS’iterranée.
Pour la première fois, le travail obstiné de la « Boite à Mus ‘ » est reconnu par les instances culturelles de la Région, de la Métropole Pays d’Aix et de la Ville, qui ont apporté à divers titres leurs soutiens au Festival. A point nommé.
Entre Amérique latine, salsa cubana avec « Soneros de Caribe », choro du Brésil de « La Roda », et l’héritage des gitans venus d’Espagne, les Fernandez de Pertuis et les Santiago de Marseille, le festival a exploré nombre d’aspects de la latinité, nos racines communes.

 

 

« Hérancias gitanas », héritage gitan, est un spectacle décliné en autant de tableaux que de chants et de danses. Il retrace la vie quotidienne, ses tâches domestiques, ses repas qui réunissent la tribu, le chant et la danse qui s’ensuivent comme un rituel incontournable. Chez les gitans tout se fête, les mariages, les naissances, les baptêmes, les fêtes religieuses, les arrivées et les départs. L’âme du gitan se révèle dans l’allégresse ou la douleur, mais toujours dans la musique, la danse et le chant.

 

 

« La Paca », Francisca Benita Santiago créatrice du spectacle, enflamme la scène de sa passion. Danse de défi, de séduction, de transe, le «duende » s’empare du danseur ou de la danseuse comme le « Tarab » de l’autre côté de la Méditerranée. Elle est accompagnée au piano par « Manolo », Emmanuel Santiago, au chant par « Yeya », Roseline Santiago et « Cristo », Christian Cortes, à la guitare par « Juan », Jean Joseph Santiago et aux percussions, cajon, djembé, caisses claires et enclume, Jean-Louis Fernandez. Quand la fièvre les prend ils échangent leurs instruments et invitent sur scène les artistes cachés dans le public. Ils s’y entendent toujours pour faire de l’extraordinaire avec de l’ordinaire, il ne manque que le feu de bois et les caravanes, mais ça c’était hier, les Gitans sont devenus sédentaires. Dans l’errance, leurs cousins Roms les ont remplacés.

 

 

Ils traversent l’univers poétique de Louis Aragon, porté par la musique et la voix de Léo Ferré, celle d’Yves Montand, depuis « Mon pote le gitan est un gars curieux, une gueule toute noire, des carreaux tout bleu », jusqu’à « Il existe près des écluses un bas quartier de Bohémiens dont la belle jeunesse s’use à démêler le tien du mien ». Autant dire qu’ils peuplent autant notre imaginaire que la Provence.
Il y a quatre siècles un peuple a quitté le Rajasthan, de cet arbre ont poussé nombre de branches, les Tziganes, les Roms les Sintis les Manouches et les Gitans, nous devons au franquisme l’arrivée massive de « nos » gitans, ceux qui parlent toujours espagnol et français, mêlés parfois dans la même phrase sans qu’ils n’y tracent de frontière.
Du pire peut toujours surgir un bien.

Jean Barak

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