Noel Gallagher : L’artisanat anglais se porte bien

02/11/11 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags :

Le 17 octobre, Noel Gallagher sortait son premier album solo, trois ans après “Dig Out Your soul” d’Oasis, aussi psychédélique qu’homogène, qui confirmait le retour en forme du groupe de Manchester.

Les plus grands tubes d’Oasis, comme la plupart de leurs chansons, gueulés et portés par le charisme du petit frère Liam, jaillissaient de l’imagination fertile de Noel. Autant dire que l’attente autour de ce premier album solo était palpable et que cet évènement relevait du fantasme pour les fans depuis le début du phénomène Oasis. Pari réussi, “Noel Gallagher’s High Flying Birds”, est une collection de dix chansons dont la destination la plus aboutie est sans doute celle d’une pop  so british, héritage assumé des Kinks.

Ici on voyage en terres connues, l’album s’inscrit forcément dans la continuité d’Oasis, mais il est jouissif, car Noel Gallagher n’a d’autre prétention que de se présenter en artisan de la chanson qui ne souhaite ni intellectualiser ni conceptualiser sa musique.
La galette commence avec Everbody’s on the Run : l’ambiance monte tranquillement et presque solennellement, batteries chœurs violons pendant une minute, avant la lumière, la guitare acoustique s’impose et accompagne la voix du “chief”. C’est parti pour 42 minutes de voyage… Introduction réussie, c’était toujours le cas avec Oasis. Une réserve ? La production un tantinet  lourdingue, un peu Let It Be des Beatles produit par Phil Spector et “son mur du son”. Cette  légère gêne réapparaît sur quelques pistes de l’album (Record MachineStop the Clocks) qui auraient sans doute gagné en dépouillement, mais comme Noel l’affirmait dans une récente interview au journal “Le Monde”, il ne loue pas un studio pour se ramener seul avec sa guitare : plus tard peut-être.
Dream on introduit l’escale la plus réussie de l’itinéraire proposé par Noel Gallagher sur ce disque. Un véritable triptyque de pop britannique estampillée classieuse, que complètent The Death of You and Me et Soldier Boys and Jesus Freaks. Ces chansons vont droit au but, refrains mémorisables, trompettes de sortie, et transportent l’auditeur au milieu d’une fête foraine, entouré d’étranges personnages, aussi magiques qu’inquiétants. L’imagerie est d’ailleurs confirmée dans le – très réussi – livret de l’album proche de celui de “Be Here now” d’Oasis et magnifiée dans les trois vidéos accompagnants la promotion des singles ; au milieu des bêtes de foire, l’artisan Gallagher observe avec distance et peu d’émotion.

Autre réussite notoire de l’album : If I Had a gun sans véritable surprise, mais d’une maîtrise saisissante comme un état des lieux du travail de l’artisan, de l’artiste Noel Gallagher à 44 ans. La quarantaine pépère, qui n’empêche pas le “chief” de surprendre avec Aka What a life. L’album se conclut en beauté, plus par la fin en roue libre de Stop the Clocks que pour la chanson en elle-même un peu trop “spectorienne”. On termine donc le voyage conquis, avec une forte envie de repartir aux côtés de Gallagher. Rendez-vous le 6 décembre au Casino de Paris…

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire