Notorious B.I.G : déjà 10 ans

01/03/07 par  |  publié dans : Artistes, Musique

Christopher Wallace, plus connu sous le pseudonyme de “Biggie Smalls” ou “Notorious B.I.G”. (Business Instead of Game) fut un rappeur new-yorkais révélé par Puff Daddy. Disparu à l’âge de 25 ans, sa mort resterait aujourd’hui encore une énigme pour la justice américaine, qui préfère reléguer ce crime dans la rubrique des non-élucidés plutôt que de revoir la guerre des deux côtes éclater de nouveau.

Puff Daddy, le dénicheur de talents

Qu’on aime ou non le rap, on s’accorde à dire que le talent musical de Puff Daddy, autant au poste de chanteur que de producteur, n’est plus à prouver. La preuve : avant d’être considéré comme un des meilleurs rappeurs d’Amérique, le petit “Sean” de son vrai prénom, commença sa carrière en tant que producteur. Une de ses meilleures trouvailles fut celle de Notorious B.I.G.
A l’époque, Christopher Wallace se produit dans des petits clubs ou tout simplement dans la rue sous le pseudonyme de “Biggie Smalls”, en référence à son fort poids. La rue et ses dangers n’ont pas de secrets pour ce jeune garçon de 17 ans, qui, pour vivre une existence dorée, vend du crack. C’est à sa sortie de prison en 1992, après une peine de neuf mois, qu’il décide d’enregistrer une démo, se retrouvant à la rédaction d’un magazine en vogue, The source. Mis au courant, Puff Daddy ne tarda pas à reconnaître son fort potentiel et sa voix caractéristique. En effet, Notorious B.I.G est surtout connu pour sa voix particulière : forte et rockeuse.

En 1993, Puff Daddy le prend sous son aile et lui demande de changer de nom et de cesser toutes ses activités en rapport avec la drogue. “Biggie Smalls” devient donc Notorious B.I.G. Il rentre en studio la même année, on l’entend sur le remix de Mary J Blige, Real Love, puis il sort enfin son premier single, Party and bullshit. Le succès arrive un an plus tard avec la sortie de son premier album, Ready to die. Disque d’or et de platine pour ces deux premiers singles, son troisième, du même nom que l’album, égala le succès de Mickael Jackson pour le plus fort démarrage d’un single. Tout va bien pour Notorious B.I.G qui devient le premier rappeur de la côte Est à se démarquer après la forte domination de Dr Dre et compagnie sur l’autre côte.

West Coast / East Coast : un combat de trop

Dr Dre et sa bande (2 PAC, Snoop Dogg, Warren G, etc.) voient d’un mauvais œil l’émergence du rap New Yorkais : leur monopole ne cesse de diminuer. Dr Dre fait également parti du mouvement “Gangsta Rap”. C’est un style de musique, créé vers la fin des années 80 sur la côte Ouest des Etats-Unis par des artistes comme NWA, Too Short ou Ice T. Le Gangsta Rap tourne autour de quelques thèmes qui reviennent sans cesse : l’argent et la réussite essentiellement financière, les femmes, la drogue et son commerce, les meurtres et autres activités illégales, tout ce qui est donc “gangsta” (argot anglophone pour gangster). Le Gangsta Rap est une vraie philosophie pour ces rappeurs qui n’hésitent pas à appliquer dans la vie ce qu’ils revendiquent en chanson. Cette philosophie va à l’encontre de la pensée de la côte Ouest et donc de Puff Daddy et Notorious B.I.G. même si, aujourd’hui, le Gangsta Rap se trouve un peu partout en Amérique.

Durant la période de fort succès de Notorious B.I.G, de violentes déclarations par médias interposés opposèrent Dr Dre à Puff Daddy. En novembre 1994, 2 PAC se fait tirer dessus à cinq reprises dans le hall d’immeuble d’un studio d’enregistrement à New York. Il réchappe à cette tentative de meurtre et tient personnellement pour responsable Puff Daddy et Biggie qui ont toujours clamé leur innocence dans cette affaire. La paranoïa, la haine, l’insolence et le talent de 2 PAC sont les ingrédients de Hit ’em Up, à ce jour l’une des chansons les plus haineuses et vindicatives du rap où il extermine vocalement, en association avec les Outlawz, tout ce qui touche de près ou de loin à “Bad Boy Entertainment” (Label de Puff Daddy) et à leur descendance. Une vendetta lyrique qui ne fait que commencer.
Biggie, quant à lui, essaie de se tenir loin de ces conflits et se concentre sur ses nombreux projets musicaux. En 1995, il est au sommet de sa carrière et des charts américains. Malheureusement, on l’accuse de plusieurs agressions et son cas ne s’arrange pas quand en 1996, on retrouve des armes chez lui ainsi que de la marijuana. Il continue malgré tout sa carrière et sa participation à l’album de sa compagne du moment, Lil’ Kim.

Ce qui devait arriver arriva…

Le 7 septembre 1996, après avoir assisté à un combat de boxe entre Mike Tyson et Bruce Seldon au casino MGM Grand de Las Vegas, 2 PAC, qui se trouve alors du côté passager d’une Mercedes noire conduite par Suge Knight, est victime d’une fusillade. Il se fait tirer quatre balles dans la poitrine et une dans le bras. Il est transporté à l’hôpital et meurt le vendredi 13 septembre 1996 après un coma de 7 jours. La guerre entre les deux rappeurs se réveille et la vengeance promet d’être sanglante. Les rumeurs de la participation possible de Biggie dans le meurtre se sont immédiatement propagées. Six mois plus tard, le 9 mars 1997, Biggie est assassiné à Los Angeles où il assistait aux onzièmes “Annual Soul Train Music Awards”, vraisemblablement en réponse au meurtre de 2 PAC. Aucun des deux meurtres n’a été résolu complètement et les preuves pour envisager une participation des deux clans sont insuffisantes. Ces deux rappeurs seront partis au jeune âge de 25 ans. Les tensions semblent se calmer après la disparition de Biggie.

Le deuxième album de Biggie Life After Death, sorti à titre posthume en 1997, se hissa au sommet des ventes grâce aux titres More Money More Problems , Sky Is The Limit et Hypnotize. L’album s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires et le fait qu’il soit sorti deux semaines après son assassinat a probablement joué en sa faveur. A la fin de l’année, Puff Daddy sortit son premier album No Way Out, où on peut entendre Biggie sur certaines chansons et qui comporte le single phare I’ll Be Missing You, une chanson poignante en hommage à Biggie où sa veuve, Faith Evans, chante.

Le troisième album de Biggie, le deuxième posthume, sorti en 1999 chez Bad Boy, s’intitule Born Again et inclue notamment le tube N.O.T.O.R.I.O.U.S.. 2005 est l’année de sortie de son dernier opus, Duets – The Final Chapter, qui comprend uniquement des duos et featurings dont le tube Nasty Girl, longtemps resté en tête des charts britanniques.

Le 9 mars 2007, cela fera dix ans que le rappeur New Yorkais a quitté sa côte ; certes, sa vie n’aura pas été toujours sainte mais malgré tout, son talent reste, lui, inchangé.
http://www.myspace.com/notoriousbig
http://www.notoriousonline.com

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9 commentaires

    Sawa  | 03/03/07 à 0 h 56 min

  • (De toute façon, sur la west coast sont tous bidons, tous des cakes!)

  • Marie  | 06/03/07 à 17 h 48 min

  • Ton article m’a appris plein de choses, je ne suis pas fâchée d’avoir été obligée de le lire. :P

  • Claire  | 08/03/07 à 10 h 58 min

  • Moi anti rap j’ai découvert un monde dont j’ignorais les mécanismes merci !!!

  • abdelhakkourtiche@yahoo  | 25/12/07 à 17 h 13 min

  • l’autre vie de 2pac

  • one sneky  | 24/01/08 à 21 h 14 min

  • Sawa mesure tes propos…Dans le hip hop westcoast il y a des legendes qui valent bien les mobb deep, nas et biggie du eastside.

  • negro  | 06/02/08 à 22 h 44 min

  • fuck rap for money……….hhhhh

  • Massilia  | 03/11/08 à 22 h 40 min

  • Tout a fait “sneky” la West Coast est bien plus mythique niveau rap que la East coast !

  • massioux  | 13/02/09 à 21 h 51 min

  • Ok, je trouve cela très triste d’avoir perdu des talents bruts comme Biggie et 2pac. Mais il faut reconnaître qu’il en reste quelques uns du côté du WU-Tang Clan comme GZA, RZA…Ce sont les meilleurs

  • karlkaz  | 21/06/09 à 16 h 35 min

  • vivre et mourir big etais mon fere mes tkt la vie et la

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