Playlist 2013 : Dave Grohl – Sound city : real to reel

01/04/13 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags : , ,

soundcity

Et si on se faisait une cure de rock’ n roll ? Du bon rock’ n roll. Une B.O de film en fait. Réalisé par Dave Grohl, ex-batteur de Nirvana et frontman du groupe Foo Fighter (entre autres) qui signe là son premier documentaire, Sound City. Et la musique qui va avec.

Hommage à un studio mythique américain

Tout commence il y a quelques années de ça, quand Nirvana existait encore et enregistrait le cultissime Nevermind, dans les studios Sound City. C’était en 1991. Lorsque ceux-ci ferment en 2011, Grohl acquiert un certain nombre d’accessoires provenant des locaux. Il décide alors de réaliser un documentaire sur l’histoire des studios mythiques.

Car si les britanniques ont Abbey Road, les américains ont Sound City. Situé à Los Angeles, ce haut lieu emblématique de la musique a vu passer des légendes du rock, allant de Metallica à Neil Young en passant par les Red Hot Chili Peppers, The Cranberries ou encore Johnny Cash.

Convoquant pour l’occasion de nombreuses personnalités qui ont enregistré dans les studios, Dave Grohl enfile la casquette de réalisateur avec aisance, menant interviews sur interviews de gars comme Tom Petty, qui se souvient de sa réaction la première fois qu’il est arrivé au studio: « Quel est cet endroit, se demandait-il à l’époque. Comment allons-nous pouvoir enregistrer un album? ». Il en enregistrera six avec ses compères les Heartbreakers.

Et comme la passion ne compte pas ses heures, Grohl et ses combattants fous ont composé dans le même temps une bande originale pour le film : Sound City : Real to Reel (sorti en même temps que le docu en DVD, le 12 mars 2013). Dans ce pur concentré de rock’n roll, on croise alors des pointures comme le fidèle complice Josh Homme (Queen of the Stone Age), Krist Novoselic (Nirvana), Taylor Hawkins, Trent Reznor ou encore Paul McCartney.

Grohl’n roll baby !

22-9dfdcc651a28ec0c273302795a696687Présenté en avant-première au Festival de Sundance le 18 janvier 2013, Sound city témoigne d’une partie importante de l’histoire musicale américaine des années 90 et 2000. L’hommage est encore plus symbolique car réalisé par un musicien. La bande-son, composée par les différents artistes qui ont participé au documentaire, est à l’image du film : tantôt sérieuse et respectueuse envers l’histoire du studio, tantôt fun et en roue libre, comme peut l’être (souvent) l’ami Grohl.

L’excellent Heaven and all (interprété par Dave Grohl, Robert Levon Been et Peter Hayes des Black Rebel Motorcycle Club) ouvre à merveille l’opus, donnant d’emblée le ton : du vrai bon rock à l’ancienne, sensuel et provoc. Retour à un son garage crade, tendu de guitares grésillées et de voix jouant aux voyous dans un beau bordel.

Comme souvent dans une bande originale de film, l’ensemble se révèle un peu inégal, avec des morceaux un peu trop faciles (Comme You can’t fix this, chantée par Stevie Nicks de Fleetwood Mac, par ailleurs seule femme présente sur l’album ). D’autres sont carrément géniaux, à l’instar de Cut me some slack avec Mc Cartney et Novoselic, concentré de grosses guitares saturées et de voix rageuses. Juste jouissif.

La galette de Grohl&friends alterne ainsi joyeusement entre différentes humeurs et influences. Le lent et sombre From Can to can’t, chanté par Corey Taylor et Dave Grohl n’a rien à envier à un slow hard rock délicieusement kitsch voué à devenir un classique. Montant en puissance jusqu’à un déferlement de riffs métal, il apporte l’intensité émotive à un album dans l’ensemble des plus énergiques.

Centipede et son jeu en arpèges entêtant continuent d’apaiser un instant les esprits. Jusqu’à ce que le morceau vrille en version grunge l’espace de quelques minutes. Idem pour la doucereuse balade If I were me, sussurée par un Dave Grohl entouré de cordes entrelacées et en plein questionnement métaphysique.

“Sound city, that’s it man”

sound-city-playersD’autres titres sont (beaucoup) plus bourrins : Your wife is calling (sur lequel Lee Ving accompagne les Foo), où l’harmonica se déchaîne au contact des riffs assommant et d’une batterie hors de contrôle, envoie sacrément du lourd. Quant à The man that never was, il sent typiquement les Foo Fighters : riffs nerveux, chant saccadé du padre Grohl et rythme rapide qui en jette. On en redemande.

Avec le passionné et très réussi Trick with no sleeve (Dave Grohl, Alain Johannes, Josh Homme), on a envie d’être libre et de rouler à fond la caisse les fenêtres grandes ouvertes en reprenant en chœur “Open heart under the deep blue moon !”. Oh Yeah.

Pour finir en beauté, le morceau Mantra (avec sa fin en crescendo et sa phrase obsédante “And all of this will never be the same again”) plane doucement au dessus des 60 minutes et quelques de gros son, comme le générique d’un film permettant au spectateur de reprendre son souffle et de se remémorer l’histoire.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les “Sound city players” sont actuellement en tournée pour jouer cet album rageur et couillu. Gageons que les chanceux qui les verront sur scène (essentiellement aux States) sortiront aussi enthousiastes que les acteurs de cette sacrée aventure.

Sound-City-300Sound city : Real to reel (2013, RCA records)

1. Heaven and all
2. Time slowing down
3. You can’t fix this
4. The man that never was
5. Your wife is calling
6. From can to can’t
7. Centipede
8. A trick with no sleeve
9. Cut me some slack
10. If I were me

En savoir plus : http://buy.soundcitymovie.com/

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