Playlist 2013 : The Lumineers – The Lumineers

21/03/13 par  |  publié dans : Albums, Musique | Tags : , , ,

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Notre playlist printemps 2013 commence avec un peu de lumière et un premier album frais et optimiste. Un de ceux qui donne envie d’aller au boulot la fleur au dent, de sauter à pieds joints dans le printemps revigoré et plein de désirs. Et les Lumineers ont de l’énergie à revendre.

Ho Hey, le’ts go !

Existant depuis les années 2000, le groupe a sorti deux EP depuis 2009. Depuis leur single Ho Hey ! (qui a accompagné une pub, le trailer du nouveau Clint Eastwood et est devenu disque de platine en quelques semaines), le trio américain (deux gars, une fille) a le vent en poupe outre-Atlantique. Leur premier album éponyme (vendu à 300 000 exemplaires là-bas, autant dire un carton) a débarqué tout naturellement le 11 février chez nous. Si le côté mainstream d’un tel succès peut faire peur, l’engouement est justifié. A la fois nerveux et lyrique, l’opus résolument « americana » charme par une simplicité et une spontanéité des plus jouissives ; un hymne à l’éveil des sens qui tombe à pic à l’arrivée des beaux jours.

De galères en lumières

Avant The Lumineers il y a eu Wesley Jeremiah, duo formé par deux potes du New Jersey (Wesley Schultz et Jeremiah Fraites) qui a connu des temps de galère à vouloir percer dans la Grosse Pomme. Un déménagement dans le Colorado (à Denver dans la maison d’un ami qui avait un grand garage pour stocker tous les instruments), une erreur d’annonce (un organisateur de concert embrouillé leur attribue le nom de The Lumineers ; ils décident de le garder) et une nouvelle recrue (la violoncelliste classique Neyla Pekarek) changent leur destin. La lumière pointe enfin le bout de son nez.

A la Conquête de l’Ouest

C’est avec un enthousiasme non feint que l’on accueille donc le premier essai des Lumineers. Le même enthousiasme qu’ils mettent dans leur musique. L’énergique morceau d’ouverture (Flowers in your hair) découvre des arpèges en cascade et une candeur simpliste mais rafraîchissante (« Be in my house, be in my heart ! ») donnant le ton a un ensemble très spontané. Si les titres paraissent un peu rustres ou mal dégrossis et la production un peu pauvre, cela ajoute néanmoins à l’authenticité. Le charme opère grâce à un enthousiasme et une ferveur communicative qu’on ne retrouve en général qu’en live. Le chant généreux et exalté, les chœurs partant dans tous les sens et les clappements de mains (rappelant la bonne humeur fraternelle du groupe I am from Barcelona) y sont sans nul doute pour quelque chose. On les sent nourris aux Cold War Kids, Arcade Fire ou encore Mumford and sons, leurs cousins artistiques. Mais surtout à l’héritage folk de la musique nord-américaine et à un certain Springsteen aussi.

Parfois, c’est comme si on atterrissait dans un pub irlandais rempli d’autochtones poussant la chansonnette entre deux pintes. Le single Hey Ho, ritournelle folk franche du collier (mais d’une simplicité extrême) donne envie de chevaucher au loin et le nez au vent. Son rythme puissant sonne comme une fête perpétuelle, dans laquelle semblent naviguer en permanence les trois compères. Condensé d’énergie contagieuse, le disque est surtout un grand bol d’air. Qui sent les voyages, l’envie des grands espaces et la chaleur des amis. Un disque navigant entre folk acoustique et bluegrass, où les fleurs dans les cheveux et les amours légères côtoient des nuances pop (Flapper girl, au son très sixties, Submarines), country (Classy girls) voire gospel (Big parade).

Et puis il y a d’autres morceaux, plus lents et alanguis comme le final Morning song au tempo sensuel et sa fin rock’n roll qui insuffle un seul et délicieux moment d’électricité. A contre pied du reste de l’album, le très réussi Dead Sea (à l’ascension simple mais spectaculaire) et la ballade intimiste douce-amère Let it down apportent de la profondeur et du relief à l’ensemble.

L’album The Lumineers ne révolutionnera sans doute pas le monde artistique mais a été écrit, comme le dit le groupe lui-même, « pour regonfler les cœurs ». Une musique humble et des artistes conquérants qui croient en elle ; voici la recette Lumineers : « La règle, c’est faire une musique simple, qu’on puisse jouer sur scène ».
En plein air, dans un pub, dans la voiture ou dans un stade, qu’importe, pourvu qu’on ait l’ivresse !

lumineers-albumThe Lumineers- The Lumineers (2013, AZ – Universal)

1. Flowers in your hair
2. Classy girls
3. Submarines
4. Dead sea
5. Ho Hey
6. Slow it down
7. Stubborn love
8. Big parade
9. Charlie Boy
10. Flapper girl
11. Morning song

En savoir plus : http://thelumineers.com/

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