Printemps de Bourges 2015 : jour 1/2

02/05/15 par  |  publié dans : Concerts, Musique | Tags : , ,

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C’est un rituel : le Printemps de Bourges ouvre le bal des grands festivals de musique de l’année, avant la déferlante des événements de l’été. Cette 39e édition de 6 jours a encore une fois fait la part belle aux découvertes. Car Bourges, c’est un peu comme la Bourse. C’est dans cette petite ville de la région Centre-Val de Loire que se font repérer ceux qui seront demain sur les lèvres de tout le monde : programmateurs, tourneurs, médias, labels… et bien sûr spectateurs. Pendant toute une semaine, Bourges devient l’épicentre de la profession. C’est aussi l’occasion de revoir des découvertes (estampillées “Inouïs du Printemps de Bourges”) des années précédentes qui ont grimpé depuis (Christine & The Queens, Chinese Man, Fauve, Jeanne Cherhal, Zebda…) et de se faire vraiment plaisir avec de grosses têtes d’affiche venues présenter leurs tous derniers projets.

On est resté sur place 2 jours, les samedi et dimanche. Tour d’horizon de ce qui nous a le plus marqué.

 

SAMEDI 25 AVRIL : JOUR 1, EN ROUTE POUR LES INOUÏS

On a fait le plein de bouffe, le plein de CD et le plein tout court. C’est parti mon kiki pour 5 heures de route sous un cagnard qui frôle l’indécence en plein mois d’avril. Tiens, ça nous donne envie d’écouter un bon disque d’americana et de revivre le concert de Moriarty et King Biscuit de la veille (qui était très bien, au passage) où on était allé se mettre en condition pour le festival. Un rapide coucou à notre famille Airbnb, un détour par l’espace pro pour récupérer nos pass et voilà qu’on s’engouffre dans la salle noire et parquetée du 22, doublée le temps du Printemps pour y faire deux espaces distincts mais accolés : le “22 Est” et le “22 Ouest”. Pendant 5 jours, ce sera le théâtre des opérations des Inouïs : là où la scène française émergente fera ses preuves devant un public de 300 professionnels et un jury présidé cette année par Mathias Malzieu (Dionysos). Aujourd’hui au programme des Inouïs : les musiques électroniques.

On arrive pour Cotton Claw, vainqueur du Prix Chorus quelques semaines plus tôt lors du festival de la Défense. Quatre beatmakers alignés face à la foule avec leurs MPCs : on sent l’influence évidente de C2C et Birdy Nam Nam. Le live est rôdé et on sent la troupe prendre plaisir à jouer. La demi-heure de set se déroule sans accroc mais sans pour autant faire preuve de nouveauté, tant sur les compositions que sur la scénographie, laissée complètement de côté. On aurait aimé davantage de surprise de la part de cet espoir de la musique hexagonale. Où est l’identité du groupe ?

Vient ensuite Jumo dans le 22 Ouest, projet de Clément Leveau qui présente à lui seul un set électro bien plus séduisant que le précédent. Machines inclinées vers le public et projections en fond de scène : on est captivé d’emblée. Voilà un projet empreint d’un univers qui lui est propre. L’artistique semble prédominer sur la séduction de foule et on aime ça.

Changement de set, changement de salle. Retour au 22 Est pour N U I T, dont on vous a déjà parlé ici pour leur premier EP et là pour leur live du Winter Camp Festival. Il y a du monde et le public répond. On ne peut que conseiller aux parisiens d’aller les voir à la Flèche d’Or le 11 mai et aux bordelais de se rendre au festival Vie Sauvage le 13 juin. Ce beau mélange de trip hop – électro rock continue de faire mouche autant que le travail de mise en lumière qui habille l’ensemble.

ROCK’N’BEAT ET COLONIE DE VACANCES

L’électro est aussi le thème prédominant de la programmation principale avec pas moins de 13 noms à l’affiche du W, plus grande scène du festival érigée sous chapiteau géant. De 20h à 5h a lieu la traditionnelle “Rock’n’Beat Party”, défouloir annuel et point culminant du festival. On passe y faire un tour pour vérifier qu’on aime toujours autant la pop tribale d’Hyphen Hyphen, découvert quelques années plus tôt lors du festival Ouest Park. L’énergie du jeune groupe n’a pas été entamée mais on déplore l’acoustique exécrable du W qui nous fera galoper loin de là.

Le temps de manger un wrap dégoulinant et on revient jeter un oeil à Fakear, révélation électro des Inouïs 2014 qui commence à se faire une belle place sur le terrain de ses semblables. Il va d’ailleurs enchaîner les festivals cet été. Avec une formation machines – batterie – violoncelle – basse sur scène, les sets sont enrichis. Par l’orientation des machines on peut voir les samples lancés en direct par Fakear, ce qui complète la prestation live. Il est temps de nous échapper du chapiteau pour courir au Nadir, excentré du site du festival.

Une bonne trotte plus tard (comment ça on s’est perdu ?) et nous voilà en train de négocier avec le contrôleur pour rentrer (comment ça il fallait une invitation ?). Les yeux du chat potté fonctionnent et on s’engouffre in extremis avec le tout dernier carton valide dans la salle où la Colonie de Vacances joue déjà. Hop là la bouffée de chaleur. On oublie d’un coup d’un seul nos errances nocturnes dans les rues berruyères : onze musiciens, 4 groupes, 4 scènes de chaque côté de la salle, et le public au milieu de tout ça. On se croirait dans une arène… inversée. Le punk rock vole de toute part, on ne sait plus où donner des yeux et des oreilles. C’est du live complètement foufou à 360 degrés. Les riffs, les voix et les rythmiques s’interpellent, se répondent, s’assemblent. On passe notre temps à tourner dans tous les sens pour essayer de capturer le maximum de la performance, car tout est millimétré pour que ça fonctionne. L’ambiance dans le public est survoltée : tout le monde danse, crie, bouge dans une cacophonie gestuelle grisante parce que les sensations que nous provoquent Pneu, Papier Tigre, Marvin et Electric Electric sont simplement irrésistibles. Et là honnêtement, qu’on aime le punk ou pas, c’est vraiment une expérience unique à tester. Sur les 2 jours, ce sera notre moment zinzin du festival.

Il n’y a ni photo ni vidéo de la Colonie de Vacances à Bourges donc on vous met une vidéo sortie des fagots d’Internet pour quand même voir à quoi ça ressemble.

On refait un petit passage express au W pour Rone, parce qu’on est curieux. Malheureusement, on sera plus conquis par l’énorme structure scénique sur laquelle le musicien joue en hauteur que par la musique en elle-même. Il est temps de rentrer : bonne nuit et à demain.

 

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Site officiel : www.printemps-bourges.com

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