Robin Gibb (1949-2012)

21/05/12 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags :

Donna se meurt et Robin gît. Après ce nouveau jeu de mots foireux, revenons quelques instants à nos larmes de crocodile et à nos pattes d’éléphant, pour déplorer de concert le décès d’une icône du disco – oui, encore une : Robin Gibb.

Après la reine Donna, le prince Robin s’en va donc chanter avec les anges. Mais qu’est ce que c’est que cette hécatombe ? Pourquoi le sort s’acharne t-il ainsi sur les stars à facettes et les boules chevelues (ou l’inverse) ?  Pour se différencier de ses deux frères, Robin avait en effet son signe distinctif : les cheveux. Longs, sans concession, sans barbe ni moustache en dessous. Si bien qu’il était le seul que l’on pouvait aisément identifier au sein de la fratrie Gibb, autrement connue sous le nom de Bee Gees. Exemple : “Maurice, c’est lequel ? – Le barbu. Et Barry, c’est lequel ? – Heu… l’autre barbu. Et Robin ? – Bah c’est l’imberbe“. Démonstration sans appel.

Et pourtant, le groupe comptait en son sein une paire de jumeaux, dont, contre toute attente, Robin faisait partie. Ce qui ne l’a pas empêché de vouloir se démarquer de ses deux frères (en se rasant, donc), quitte à donner différemment de la voix, préférant chanter dans la sphère “classique” du vibrato là où les deux autres effleuraient les cimes. La fameuse marque de fabrique des Bee Gees – ces voix très haut perchées crissant sur les tympans comme des marques de freins sur le bitume coloré des glorieuses seventies, on ne la doit pas forcément à Robin, qui restait souvent dans les limites du raisonnable, mélodiquement parlant. Et c’était très bien comme ça.

Si on aime regarder La Fièvre du Samedi Soir 34 années après sa sortie, c’est surtout pour sa bande originale, à jamais marquée par les hits des frères Gibb (Staying Alive, How Deep is Your Love, More Than a Woman… que du culte) Mais outre les boites de nuit qu’ils hantent pour les quatorze prochaines générations, les trois chanteurs anglais n’ont pas  su faire oublier que le disco n’était pas leur première tasse de thé. C’est ainsi que nous, à Envrak, on préfère se souvenir de Robin, le Gibb première époque, celui de I Started a Joke, celui qui n’envisageait pas encore le disco comme une incontournable reconversion, histoire de lui rendre un hommage sincère et à la hauteur de son talent discret mais réel.

Robin Gibb, avant de mourir à l’âge de 62 ans – et de rejoindre ainsi son frère Maurice, disparu en 2003 – a su accomplir de grandes et belles choses : il a fait partie du groupe ayant vendu 220 millions de disques (un record). Il s’est fait couper les cheveux. Il a tenté une carrière solo. Il est entré dans la légende. Mais rester vivant (Staying Alive), ça, il n’a pas su faire…

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1 commentaire

    NEMPOWER  | 21/05/12 à 17 h 40 min

  • Eh oui l’hécatombe…Dieu prenez Christophe Mae

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