The Bilbocks

01/12/07 par  |  publié dans : Artistes, Musique | Tags :

C’est dans un café parisien autour de trois bières brunes et d’une blanche que j’ai rencontré une partie des Bilbocks : Sébastien le guitariste, Edouard l’ingé son et Ronan le bassiste. Avec leur batteuse Emilie et leur chanteur Timothée, ils viennent de sortir un EP, Go Shopping, l’occasion pour nous d’en apprendre un peu plus.

Sur votre six titres, on lit que vous avez enregistré dans le grenier de Sébastien : info ou intox ?

Sébastien : C’est vrai. Au début du groupe on voulait juste faire de bonnes démos, avec Tim on se croisait de temps en temps pour enregistrer et au fil du temps on a acquit du matériel, surtout informatique. Du coup, cet été on s’est enfermé à quatre dans le grenier pendant une semaine. La batterie a été faite à part dans l’appartement d’un copain.

En vous écoutant, on vous imagine plutôt répéter dans la cave des parents.

Ronan : Ils ont fait mieux : le local à poubelle.
Edouard : Ronan n’était pas là. À l’époque on avait un autre bassiste qui nous a planté juste avant un concert, du coup on avait appelé Ronan qui cuvait encore sa soirée de la veille mais qui a pris le train en vitesse et a fait le concert, les partitions collées par terre.
Séb : Pour en revenir au local à poubelle, on jouait dans le grenier mais c’était trop bruyant pour ma sœur qui révisait et pour les voisins. Dans l’immeuble de Tim, y’avait un grand local à poubelle.
Ed : On avait un accord avec le syndic : si on nettoyait le local, on avait le droit d’y jouer. On a répété un peu partout, dans des apparts, parfois dans des studios à Paris. Maintenant la mairie nous prête un vestiaire de foot.

Et vous n’aviez pas d’ambitions concert dans les premiers temps ?

Séb : Non, c’est venu après, fin 2005, début 2006. Avant, on n’avait pas de batteur, on a fait des auditions en vain et au final on a demandé à ma sœur d’apprendre la batterie de nos morceaux. Elle a réussi très rapidement et elle qui ne connaissait pas du tout l’instrument, se débrouille très bien aujourd’hui. Puis en 2006 Ronan nous a rejoint. Le groupe étant au complet, on a pu faire des concerts.

Au final qu’est-ce que vous préférez : concerts ou enregistrements ?

Séb : L’enregistrement c’est très sympa les deux premiers jours mais très saoulant au bout du 15e mixage du même morceau…
Ronan : Ce qui est chouette dans l’enregistrement c’est surtout le côté artistique, et puis on est tous ensemble !
Ed : Au début, on était très démo. D’ailleurs, on y était meilleur qu’en concert ce qui nous a mis dans des situations délicates. On nous sélectionnait pour des scènes grâce à notre démo mais on avait peu d’expérience, c’est comme ça qu’on s’est retrouvé à faire notre 6e concert au pavillon Baltard… Puis on a rencontré des pros dans les festivals qui ont pointé nos défauts, on a travaillé et depuis on a assuré des premières parties d’Indochine ou Air en arrivant à tenir la foule. Ajoute à ça les soirées étudiantes et notre tournée un peu spéciale en Angleterre, six jours en camping car…
Ronan : On y a joué dans un club de strip tease par exemple, on a connu tout un panel de situation, ça forme !
Ed : Maintenant on est difficilement déstabilisable, on maitrise les aléas des concerts, on improvise.
Séb : On peut dire que depuis environ 6 mois on gère bien le public, on est capable de faire une vraie prestation scénique, un spectacle, on est rodé.

Vos prochains projets concerts alors ?

Séb : Le 14 décembre on fait une soirée étudiante à Lille, en janvier et en mars on sera aussi là bas. Début 2008, on espère jouer à Paris.

Vous savez qu’on a des lecteurs dans toute la France, vous saurez contenter tout le monde ?

Ed : On essaie plutôt de fidéliser notre public, d’abord dans le Nord, après on verra. C’est assez dur de trouver des salles. On essaye d’avoir notre petite notoriété dans notre région, on a pour but de faire venir le public à nous plutôt que d’aller le chercher.

Je vais me faire l’avocate du diable, vous ne pensez pas que vos chansons se ressemblent toutes un peu ?

Séb : Même si on a une griffe, un style – nécessaire à la cohérence – les gens font la différence puisqu’ils viennent nous voir pour nous parler de chansons précises qu’ils ont bien aimé ou moins.
Ed : On essaye de colorer nos chansons différemment pour faire tout l’arc-en-ciel mais on a besoin de cohésion. Peut-être que c’est un effet de la démo. On a des ballades, des morceaux plus énergiques… Ça se sent mieux en live, venez nous voir en concert vous verrez !

Et qu’elles ressemblent à ce qui se fait en général dans le pop rock ?

Ed : C’est pas faux. On regarde ce qui se fait pour aller de l’avant, on a donc nos inspirations.
Ronan : On aime un style, on aime un son, on fait ce qu’on aime.
Séb : On n’a pas la volonté de se démarquer. Certes ça sent le « … » mais on ne peut pas dire qu’on fait du cliché ou du déjà vu.
Ed : D’autant que chacun, que ce soit Tim, Séb ou Ronan, compose de son côté et a ses propres goûts variés. On est attaché aux années soixante et à comment ils s’appellent déjà ces 4 gars… Les Beatles ! En concert, on est plus Franz Ferdinand et les compositions ont un côté U2 mais ce ne sont que des influences.

Pourquoi chanter en anglais et pas en français – ou en Chti ?!

Ed : Pour pas que nos grands-mères comprennent !
Séb : Parce qu’on écoute principalement de l’anglophone et l’avantage de cette langue est qu’on peut sous mixer la voix. On est pas un groupe à textes, on n’a pas de messages à faire passer si ce n’est qu’on a envie de faire de la musique.
Ronan : Personnellement, je trouve que le Français n’est pas une langue très musicale.
Ed : En fait, on préfère que les gens retiennent nos airs plutôt que nos paroles.
Séb : Ce qui est dommage c’est que pendant un temps tu n’étais pas reconnu en France si tu ne chantais pas en Français (Phoenix par exemple). Mais ça change, du coup ça fait plaisir.

Qui écrit ces chansons sans messages ?

Ronan : 90% des paroles sont de Tim. En fait Tim ou Séb apportent une idée de départ qu’on travaille chacun de notre coté.
Ed : Tim est une mine à idées. On les canalise et les amène jusqu’au bout. On les filtre aussi parce que si on les faisait toutes, on aurait un répertoire plus grand que celui d’Universal…
Séb : On n’hésite pas à jeter nos chansons ou à s’en servir pour en faire d’autre plus poussées.

Une de vos chansons s’appelle Axelle vs the Bilbocks, qui est-elle ?

Ed : C’est une fille qui a une patience inouïe et qui mérite des trophées. Sa gentillesse…
Séb : Et son coté à l’Ouest…
Ed : Sont complètement merveilleux.
Séb : C’est une copine de ma sœur avec qui on a passé une semaine au ski – où on a écrit la chanson – et elle nous a supporté envers et contre tout ! Malgré notre côté bien lourd et déconneur.

Un coté déconne qu’on voit bien sur votre site web !

Ed : Oui, on ne cherche pas à avoir la grosse tête !
Ronan : Tim avait presque honte de faire de la musique…
Séb : C’est surtout qu’il avait la hantise d’être prétencieux. On se fait juste plaisir, on prend ce qui vient et on est content.
Ed : On essaie d’aller au plus loin dans notre aventure.

Pas d’ambition pro alors ?

Séb : On est des grands gamins aux yeux qui brillent et pour l’instant on finance notre loisir avec notre métier. On a tous des boulots confortables et on n’est pas vraiment tenté par la musique galère.
Ed : On est passionné par ce qu’on fait, voyons où ça nous mène. Ce qui est bien c’est qu’on n’est pas en stress de devoir se trouver un concert ce soir pour pouvoir vivre.
Ronan : Et du coup on est tellement dedans quand on s’y met, tellement impatient qu’on garde une certaine fraicheur !

Allez, le mot de la fin pour Ronan, qui s’exprime assez peu, quelque chose à dire aux lecteurs ?

Ronan : Oula c’est dur… Je vais rougir… Alors en résumé, venez nous voir en concert : le leitmotiv de notre groupe c’est faire des rencontres, partager et faire de la musique pour s’amuser !

Et c’est ainsi que se finit l’interview… ou presque puisque les verres n’étant pas vides, les Bilbocks en ont profité pour rajouter qu’ils travaillaient beaucoup par courriel et qu’ils voulaient remercier Sophie, leur manager. Ils ont également souligné l’importance de leur base indispensable, leur touche féminine, leur batteuse Emilie et Edouard de rajouter qu’elle a mangé un métronome quand elle était petite (à vérifier), à Sébastien de conclure qu’en plus elle est jolie mais qu’attention : c’est sa sœur ! Finalement la seconde phrase de fin revient encore à Ronan : « les Bilbocks c’est avant tout de la complémentarité, et de l’alchimie ». Et oui !

Leur page Myspace : http://www.myspace.com/bilbocks
Leur site web : http://bilbocks.free.fr

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